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LA BATAILLE DE SAINTE-FOY Murray sortit de la ville, le 28 avril 1760 au matin, à la tête de la garnison. . . " Lévis, qui était allé reconnaître la position des Anglais sur les Buttes à Neveu, n'eut pas plutôt aperçu ce mouvement qu'il envoya l'ordre au gros de ses troupes de se rendre en toute hâte sur les Plaines d'Abraham. Le général anglais, ne voyant encore que la tête de l'armée française d'arrivée, voulut attaquer cette armée sans délai pendant qu'elle était dans le désordre de la marche. .. Murray rangea ses troupes en bataille en avant des Buttes à Neveu; sa droite appuyée au coteau Sainte-Geneviève, et sa gauche, à la falaise qui borde le fleuve Saint-Laurent ... " L'avant-garde française, composée de dix compagnies de grenadiers, s'était mise en bataille, partie à la droite, dans une redoute élevée par les Anglais l'année précédente, au levant de la côte du Foulon, partie à la gauche, dans le moulin de Dumont, la maison, la tannerie et les autres bâtiments qui l'environnaient sur le chemin de Sainte-Foy. Le reste de l'armée avait précipité le pas en se resserrant à mesure qu'il avançait; les trois brigades de droite étaient à peine formées quand les Anglais commencèrent l'attaque. " Le général Murray sentit l'importance de s'emparer du moulin de Dumont, qui couvrait le chemin par où débouchaient les troupes françaises, et il le fit attaquer par des forces supérieures... " Lévis, pour prévenir son dessein, fit retirer un moment sa droite à l'entrée du bois qui était derrière elle, et abandonner le moulin de Dumont par les grenadiers. Ses dernières brigades étaient près d'arriver, et ce mouvement en arrière leur abrégea la distance. Ce fut alors que Bourlamaque tomba grièvement blessé par un coup de canon, qui tua son cheval sous lui. Ses soldats, restés sans recevoir d'ordre, voyant que les grenadiers étaient engagés dans un combat furieux et inégal, prirent d'eux-mêmes le parti d'aller les soutenir. .. Le moulin fut emporté et repris plusieurs fois à l'arme blanche. " Pendant cette action, le général Lévis lançait une partie de sa droite contre la petite redoute qu'elle avait abandonnée pour se replier. Les Canadiens, qui l'avaient d'abord occupée, la reprirent, ainsi que le bois sur le bord du cap. Alors ils chargèrent à leur tour, appuyés par M. de Saint-Luc et quelques sauvages. Le combat devint aussi violent dans cette partie de la ligne qu'à la gauche. Toutes les troupes étaient arrivées sur le champ de bataille, et le feu était des plus vifs. On voyait les miliciens se coucher par terre pour charger leurs armes, se relever après les décharges de l'artillerie, se précipiter en avant et fusiller les canonniers sur leurs pièces. Ceux de Montréal, placés au centre de la ligne, combattirent avec un courage admirable, surtout le bataillon commandé par le brave colonel Rhéaume, qui fut tué. .. " L'attaque qui avait rendu les Anglais maîtres un moment des positions occupées par l'avant-garde des Français au commencement de la bataille, avait été repoussée, et ces derniers avaient partout regagné leur terrain. Ainsi le mouvement offensif du général Murray sur le chemin de Sainte-Foy avait échoué, et cet échec allait permettre aux Français de l'assaillir à leur tour. " Lévis, ayant observé que les Anglais avaient affaibli leur gauche pour porter de plus grandes forces sur leur droite, résolut d'en profiter. Il ordonna d'attaquer l'aile gauche des ennemis à la baïonnette, et de la rejeter du chemin de Saint-Louis sur celui de Sainte-Foy. Il comptait prendre ensuite toute l'armée anglaise en flanc, la culbuter du haut du coteau Sainte-Geneviève dans la vallée de la rivière Saint-Charles, et lui couper la retraite sur la ville. Le colonel Poulariez avec une brigade fond sur les Anglais, les traverse de part en part et les met en fuite. Dans le même temps leurs troupes légères lâchent pied. Les fuyards se jettent en avant et en arrière du centre de leur armée, et interrompent son feu. Lévis profite de ce désordre pour faire changer sa gauche; elle enfonce la droite de l'ennemi et la pousse de front devant elle. La déroute des Anglais est complète." Source: F.-X. Garneau, Histoire du Canada. |
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