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MONTCALM ET WOLFE UNIS DANS LA MORT La confusion était telle à Québec dans la journée du 14 septembre 1759 qu'il fut impossible de trouver un menuisier pour faire le cercueil de l'illustre Montcalm. "Voyant cet embarras, dit l'annaliste des Ursulines, notre contremaître, vieux Français du Dauphiné, connu dans nos traditions sous le nom de Bonhomme Michel, ramassa à la hâte quelques planches et parvint à confectionner, en versant des larmes abondantes, une boîte informe, peu en rapport avec la précieuse dépouille qu'elle devait renfermer." Une fois terminée, cette modeste bière fut transportée à la maison où Montcalm était décédé. Le corps du brave soldat y fut déposé. L'abbé Casgrain raconte ainsi les funérailles de Montcalm: "A neuf heures du soir, le cortège funèbre se mit en marche vers l'église des Ursulines, traversant des rues jonchées de débris et de pans de murs renversés. Derrière le cercueil, marchaient, mornes et silencieux, le commandant de la garnison avec ses officiers, suivis de plusieurs citoyens, auxquels se joignirent, à mesure qu'ils avançaient des gens du peuple, des femmes et des enfants. Aucun son de cloches, aucune salve d'artillerie n'annonçaient les funérailles d'un général. Les rares coups de canons qui éclataient lançaient des projectiles. La foule emplit l'église, dont les ténèbres n'étaient éclairées que par les cierges rangés autour des tréteaux sur lesquels la bière fut déposée. A droite, tout près de la grille de la chapelle conventuelle, une bombe avait défoncé le plancher et fait une excavation dans le sol: la cavité avait été agrandie et creusée en fosse. "L'abbé Resche, assisté de deux chanoines de la cathédrale, entonna le chant du Libéra auquel répondirent les assistants et le chœur des huit religieuses restées à la garde du monastère. Puis le cercueil fut descendu dans la fosse. Alors, dit la chronique du couvent, éclatèrent les pleurs et les sanglots, il semblait que la Nouvelle-France descendît dans la tombe avec la dépouille du général." Voyons maintenant ce qu'on fit de la dépouille mortelle du rival et vainqueur de Montcalm. Dans l'après-midi même du 13 septembre 1759, elle fut transportée à Saint-Joseph de la Pointe- Lévy. Là, elle fut déposée dans l'église paroissiale, transformée en hôpital, et les chirurgiens militaires l'embaumèrent avec soin. Puis, le lendemain, 14 septembre, on mit le corps de Wolfe à bord du Stirling Castle, d'où, en octobre 1759, il fut déposé dans le Royal-William qui le transporta à Portsmouth. Pendant la traversée, Wolfe fut sous la garde du sergent Donald MacLeod, du 42e Régiment. Le Royal-William arriva à Portsmouth le 18 novembre 1759. Deux jours plus tard, le 20 novembre, les restes de Wolfe étaient déposés sous les dalles de la petite église de Greenwich, où reposaient déjà son père et d'autres membres de sa famille. Dès le lendemain de l'inhumation de Wolfe, le 21 novembre, la Chambre des Communes adoptait unanimement la résolution suivante : " L'honorable Chambre des Communes a résolu qu'une humble adresse soit présentée à Sa Majesté, et très humblement demande qu'il lui plaise de donner ordre qu'un monument soit érigé dans l'église collégiale de Saint-Pierre, Westminster, à la mémoire du toujours regretté commandant en chef des forces de terre de Sa Majesté, dans une expédition à Québec, le major général James Wolfe qui, surmontant tous les obstacles de l'art et de la nature, fut tué au moment où il tenait la victoire à la tête de ses troupes victorieuses dans la bataille ardue et décisive contre l'armée française près de Québec, défendant la capitale du Canada, en l'année 1759, et pour aider à Sa Majesté cette Chambre paiera les dépenses de l'érection du dit monument." Le monument à la mémoire de Wolfe, dans l'abbaye de Westminster, exécuté par Wilton, ne fut terminé qu'en 1772. Il fut dévoilé le 4 octobre 1773. Source: l'abbé H.-R. Casgrain, Montcalm et Lévis; Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXIV (1928). |
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