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LA BATAILLE DES PLAINES D'ABRAHAM Vers six heures et demie, le matin du 13 septembre, Montcalm apprit par un billet de M. de Bernetz que les Anglais avaient réussi à monter sur les Plaines d'Abraham. Après une courte entrevue avec le gouverneur de Vaudreuil, il fit donner ordre aux troupes, campées à Beauport, de courir à la rencontre de l'ennemi, puis, sautant à cheval, il galopa dans la direction de la rue Saint-Louis. En arrivant sur les Plaines, Montcalm constata que l'armée anglaise était déjà en position. Les régiments d'Otway, les grenadiers de Louisbourg, les régiments de Bragg, de Kennedy, de Lascelles, les Highianders, le régiment d'Anstmther avec les deux bataillons du Royal-Américain s'étaient formés en deux lignes imposantes qui s'étendaient du point où ils avaient monté sur l'escarpement, dans la direction du chemin Sainte-Foy. Le régiment de Webb formait la réserve sous les ordres du colonel Burton. Monckton commandait la droite, Murray, le centre et Townshend la gauche. Montcalm, en quittant le camp de Beauport, avait donné instruction de faire diriger sur les Plaines toutes les troupes disponibles, moins 200 hommes, pour garder le camp. Par un fatal malentendu 2000 hommes restèrent en arrière. A neuf heures et demie, Montcalm avait sous ses ordres à peu près 4000 hommes dont 2000 réguliers seulement. L'armée de Wolfe comptait 4,800 soldats, tous réguliers. Encore par un autre malentendu inexplicable, les Français n'avaient pu amener que trois pièces de campagne sur les Plaines. Les Anglais avaient réussi à hisser deux petits canons par le sentier où ils avaient grimpé sur les hauteurs. Le gouverneur de Vaudreuil, par un billet envoyé à Montcalm peu après son départ, l'avait prié de retarder l'attaque jusqu'au moment où toutes les troupes seraient réunies. On espérait aussi que M. de Bougainville qui était au Cap-Rouge avec neuf cents hommes de troupes, arriverait en temps pour prendre part à l'action. Mais Montcalm, constatant que les Anglais avaient commencé à se retrancher et que chaque heure de retard augmentait leur supériorité, décida de brusquer l'attaque. L'armée française, rangée en bataille en avant des Buttes à Neveu, comprenait les bataillons de La Sarre, Languedoc, Béarn, Guyenne, Royal-Roussiiïon, les troupes de la colonie, les milices et un certain nombre de Sauvages. Montcalm était au centre avec M. de Montreuiï comme chef d'état-major. M. de Senezergues, lieutenant-colonel de La Sarre, commandait la droite, et M. de Fontbonne, lieutenant-colonel de Guyenne, avait le commandement de la gauche. Vers dix heures, Montcalm monté sur son cheval noir, parcourut le front de son armée, puis il leva son épée. C'était le signal de l'attaque. Aussitôt, l'armée s'ébranla, les bataillons réguliers au centre, les Canadiens et les Sauvages aux extrémités. Les soldats se mirent à tirer en avançant, ce qui causa tout de suite un flottement dans la ligne. Lorsque l'armée de Montcalm fut à quarante verges des régiments anglais, un éclair jaillit sur toute la ligne de bataille. Les Anglais venaient de tirer tous ensemble. A une si courte distance, ' presque chaque balle avait porté. Cette décharge eut un effet terrible. Des centaines de cadavres Jonchèrent le sol en quelques minutes. Les lignes de l'armée française se rompirent du coup. La bataille était déjà perdue. A ce moment, Wolfe, voyant les Français céder, ordonna de charger à la baïonnette. Ce fut dès lors la déroute. Les efforts de Montcalm et de ses officiers supérieurs ne pouvaient plus rien pour rallier les troupes. " L'armée, dit, M. Chapais, qui avait remporté tant de victoires, les soldats de Chouaguen, du fort George, de Carillon et de Montmorency, avaient senti passer sur eux le souffle glacé de la défaite. Dans les desseins providentiels, l'heure avait sonné qui devait transformer l'orientation de la Nouvelle-France. En quinze minutes la bataille des Plaines d'Abraham fut livrée et perdue." Source: Thomas Chapais, Le Marquis de Montcalm. |
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