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QUI MONTRA L'ANSE DU FOULON À WOLFE ? IL est impossible de croire que Wolfe ait pu découvrir seul le sentier de la falaise qui lui permit d'atteindre, le 13 septembre 1759, les Plaines d'Abraham, où il devait trouver, quelques heures plus tard, un trépas qui l'a immortalisé. Qui donc a renseigné le général anglais ? Qui fut le traître le 13 septembre 1759 ? James Thompson, décédé à Québec le 25 août 1830, à l'âge de 98 ans, et qui avait été soldat dans l'armée de Wolfe lors du siège de 1759, écrivait dans son Journal, quelques années après la bataille des Plaines d'Abraham : "Monsieur Cugnet was thé person who, at thé Island of Orléans, gave général Wolfe thé information where would be thé best place to get up thé bank above thé town and Davis who had been taken prisoner by thé French some years before, had given some other information." Cugnet, croyons-nous, fut le véritable traître, au mois de septembre 1759. Cugnet, comme la plupart des traîtres, se trahit lui-même, puisqu'il retomba aux mains des Français. En effet, le gouverneur de Vaudreuil écrivait de Montréal, le 11 mai 1760, au chevalier de Lévis, alors aux environs de Québec: <( II est indispensable que, sans tarder un instant, vous fassiez le procès du sieur Cugnet, militaire. Si, par les preuves, il est convaincu d'avoir trahi, donné à l'ennemi des avis ou éveils contraires aux intérêts de la patrie, je vous prie, Monsieur, de lui faire casser la tête sur-le-champ. Si, au contraire, il était prouvé que le sieur Cugnet s'était restreint et n'avait pas mésusé de l'ordre que le général Murray lui donna en le chargeant de la police des Français il ne pourrait être puni, parce que la création et l'établissement de cet emploi étaient nécessaires et fondés sur le droit du vainqueur. Mais, en ce cas, vous voudrez bien le faire garder toujours à bord d'une des frégates, parce qu'après votre expédition, Monsieur l'intendant fera de plus amples informations, cette affaire étant de la plus grande conséquence." On peut supposer que le sieur Cugnet fut remis en liberté par les autorités françaises ou qu'il réussit à s'échapper de sa prison, puisque nous le voyons à Québec dans les premières années du régime anglais. Dans un petit cahier de notes manuscrites qui semble avoir servi à un personnage des commencements du régime anglais, ayant apparemment la disposition d'un fonds secret, on voit figurer, en 1765, le nom de Nicolas Cugnet, messager du Conseil, comme l'un de ceux qui retirent une pension du gouvernement <( for services." M. Philéas Gagnon, qui a eu ce cahier en sa possession, a écrit que ce Cugnet n'appartenait pas à la famille bien connue des Cugnet. Nous croyons, au contraire, que le traître Cugnet était le frère du fameux jurisconsulte Étienne-François Cugnet, du chanoine Gilles-Louis Cugnet, et du conseiller au Conseil Supérieur, Thomas-Marie Cugnet. Une lettre du gouverneur de Vaudreuil au chevalier de Lé vis du 4 mai 1760, ne laisse aucun doute sur ce point. Ce jour-là, le gouverneur recommandait, à M. de Lévis, Thomas-Marie Cugnet qui s'en allait " près de Québec où il pourrait être nécessaire aux intérêts de son frère." Le traître Jean-Baptiste alias Thomas Cugnet s'éteignit dans l'obscurité,—on ne sait pas même la date ni l'endroit de sa mort, pendant que son frère aîné, le jurisconsulte Étienne-François Cugnet, devenait l'une des plus belles figures de notre histoire, en défendant ses compatriotes contre les projets si dangereux du procureur général Masères. Source: Pierre-Georges Roy, Les Petites Choses de notre histoire, troisième série. |
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