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QUÉBEC EN 1749 On ne se lasse pas de citer Péter Kalm. Observateur averti, il voit des choses que les autres voyageurs ne distinguent même pas. Écoutez-le nous décrire la ville de Québec telle qu'il la vit dans l'été de 1749: "Une seule rue, dit-il, mène à la haute ville, et elle a été pratiquée en faisant sauter une partie de la montagne; elle est très raide malgré ses sinuosités. Cependant on y monte ou descend la côte en voitures et en wagons. Tous les autres chemins sont tellement escarpés qu'il est très difficile de gravir le rocher. La plupart des marchands habitent la basse ville, dont les maisons sont ser- rées les unes contre les autres. Les rues sont étroites, raboteuses et presque toujours humides. Il y a dans cette partie de la cité une église et un petit marché. "La haute ville est habitée par les gens de qualité, fonction- naires, négociants ou autres. Elle renferme les principaux édifices de la cité." Ici Kalm mentionne particulièrement le château Saint- Louis, la cathédrale, le collège, l'église des Jésuites, l'église des Récollets, le monastère et l'église des Ursulines, l'évêché, le séminaire, le Palais de l'intendance, etc. "La plupart des maisons de Québec, dit Kalm, sont bâties en pierre, et dans la haute ville elles n'ont généralement qu'un étage, les édifices publics exceptés. J'ai vu quelques maisons en bois dans la ville, mais il ne sera pas permis de les rebâtir lorsqu'elles viendront à tomber en ruine. La brique n'est pas employée dans la construction des maisons ou des églises dans la cité ; on se sert d'un schiste calcaire noir extrait de la montagne même sur laquelle Québec est assis. Cette sorte d'ardoise semble très compacte au sortir de la carrière et ne paraît pas être composée de fragments ou lamellœ, mais lorsqu'elle a été exposée à l'air quelque temps, elle se divise en feuillets minces. Elle est molle et se taille aisément. Les murs de la ville et ceux des jardins en sont construits presque entièrement. Les toits des édifices publics sont couverts en ardoise commune que l'on fait venir de France, parce qu'il n'y en a pas en Canada. "L'ardoise des toits posée depuis plusieurs années ne paraît pas avoir souffert par suite des variations de l'air et du temps. Les demeures des particuliers sont couvertes en planches ajustées parallèlement aux chevrons ou aux bords des toits et quelquefois obliquement. Les coins des maisons et les cintres des croisées sont faits d'une pierre calcaire grise à petits grains, qui jette une odeur forte pareille à celle de la pierre puante, plus utile dans ce pays que l'ardoise, qui est sujette à se fendre sous l'action de l'air. L'intérieur des maisons est généralement blanchi. Les fenêtres sont placées en dedans des murs, les doubles châssis étant en usage à Québec. Le milieu du toit repose sur deux ou tout au plus trois chevrons, couverts en planches seulement. " On chauffe les chambres en hiver avec de petits poêles en fer qu'on enlève l'été." Kalm, apparemment, n'aimait pas les mes de Québec. Il en parle à deux ou trois reprises. Ici, il écrit : " Les rues de la haute ville, taillées dans le roc vif, ont une largeur suffisante, mais elles sont très raboteuses et aussi incommodes pour les piétons que pour les voitures, parce que l'ardoise du pavé se fendille en fragments aigus qui mettent les chaussures en pièces. Toutes ces voies se coupent les unes les autres aux angles, mais elles sont très tortueuses." Kalm termine sa description de Québec en disant un mot de l'évêque de Québec dont le diocèse s'étend jusqu'à la Louisiane, sur le golfe du Mexique, au midi, et dans les mers du sud au couchant. "Aucun évêque, le pape excepté,- dit-il, n'a jamais eu un diocèse plus étendu. Mais son troupeau spirituel est très peu con- sidérable à quelque distance de Québec et ses ouailles sont souvent éloignées les unes des autres de plusieurs centaines de milles." Source: Péter Kalm, Voyage dans l'Amérique Septentrionale. |
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