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FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL La maison de Montmorency, dit M. de la Colombière, est plus ancienne dans la monarchie que la religion chrétienne. Ce nom était connu, il était même familier dans les Gaules avant qu'on y prêchât Jésus-Christ, peut-être même avant qu'il vînt au monde. Cette maison est grande par tant d'endroits et brille depuis si longtemps que ce ne serait pas un médiocre embar- ras que de vouloir mesurer sa grandeur. Le connétable Mathieu de Montmorency, qui vivait au treizième siècle, épousa Emma de Lavai, qui, elle-même, était de très vieille noblesse. Guy de Montmorency, issu de ce mariage, fut la souche de la branche cadette des Montmorency. Son frère, issu d'un premier mariage, continua à porter le nom de Montmorency. Guy prit le nom de Lavai, celui de sa mère. La branche cadette des Montmorency se divisa en plusieurs rameaux. M^ de Lavai appartenait à la branche des Lavai de Montigny qui, elle-même, descendait de celle des Lavai de Tartigny. François de Montmorency-Laval de Montigny naquit à Montigny-sur-Avre, diocèse de Chartres, le 30 avril 1622, de Hugues de Lavai, seigneur de Montigny, Montbaudry, Aîaincourt et Revercourt, et de Michelle de Péricard. A neuf ans, François de Montmorency-Laval fut mis au collège de La Flèche. On le destinait à l'état ecclésiastique puisqu'il reçut la tonsure cléricale avant l'âge de dix ans. En 1637, François de Péricard, évêque d'Évreux, cousin du jeune de Montmorency-Laval, le créait chanoine de sa cathédrale. Les évêques d-'aîors, forts de l'appui du roi de France, ne se gênaient pas pour enfreindre les prescriptions du concile de Trente, pourtant si formelles, sur l'âge requis pour les dignités ecclésiastiques. En 1641, le jeune chanoine se rendit à Paris pour y étudier la philosophie et la théologie au célèbre collège de Clermont. La mort de ses deux frères aînés fit bientôt du jeune de Montmorency-Laval le chef de sa famille. Sa mère voulut le faire renoncer à l'état ecclésiastique, mais il signa en faveur de son frère ca- det, Jean-Louis de Lavai, une renonciation entière de ses droits d'aînesse et de ses titres, et poursuivit ses études théologiques. Ordonné prêtre le 23 septembre 1647, à l'âge de vingt-cinq ans, François de Montmorency-Laval, — connu dès lors sous le nom d'abbé de Montigny,— prit sa licence en droit canon à l'université de Paris, puis commença à exercer ses fonctions d'archidiacre de l'église d'Évreux que son cousin de Péricard lui avait donnée, peu avant sa mort. Vers 1652, le Père de Rhodes fit consentir l'abbé de Montigny à accepter un vicariat apostolique au Tonkin ou en Cochinchine. Il se rendit même à Rome où il vit Sa Sainteté Alexandre VII, mais l'affaire traîna en longueur et le Saint-Siège, par suite de l'opposition de la cour du Portugal, renonça à son projet. Pendant son séjour à Rome, l'abbé de Montigny avait résigné l'archidiaconé d'Évreux en faveur de son ami Henri Boudon. A son retour en France, il se retira à l'Ermitage de Caen, auprès de M. de Bernières. En 1657, probablement sur la suggestion des Pères Jésuites qui l'avaient eu pour élève et qui connaissaient ses mérites, l'abbé de Montigny était agréé comme premier vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Préconisé au mois de mai 1658, il reçut d'Alexandre VII les bulles qui le faisaient évêque de Pétrée et vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Enfin, le 8 décembre 1658, il fut sacré évêque dans l'église abbatiale des Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. Msr de Laval s'embarqua pour sa nouvelle patrie, le jour de Pâques, 1659, en compagnie des abbés Ango des Maizerets, de Torcapel, Pellerin, de Bernières, et du Père Jérôme Lalemant, Jésuite. Source: L'abbé Auguste Gosselin, Vie de Msr de Laval. |
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