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UN TRAITÉ DE PAIX À QUÉBEC EN 1653 La surprise fut grande aux Trois-Rivières, dans les premiers jours de septembre 1653, quand un capitaine iroquois, nommé Andioura, annonça qu'il descendait à Québec avec cinq compagnons pour porter des présents à Onnontio, et l'assurer que tous les Iroquois voulaient conclure une vraie paix. Aussitôt rendu à Québec, Andioura fut reçu au château Saint-Louis par M. de Lauzon. Il offrit huit présents au gouver- neur. Le premier était pour éclaircir le soleil obscurci par les nuages et par les troubles de tant de guerres. Le second était un mets qu'il présentait au gouverneur afin qu'il eût plus de patience pour écouter les paroles de paix, puisque les longs discours ne sont pas agréables à ceux qui sont à jeun. Le troisième devait servir de cure-œil afin que les harangues sur un sujet si aimable entrassent plus nettement dans son esprit. Le quatrième se donnait pour dresser une habitation française dans leurs terres et pour y former, avec le temps, une belle colonie. Le cinquième, pour faire qu'un même cœur et un même esprit animassent, dorénavant, tous ceux qui seraient compris dans ce traité de paix. Le sixième était un canot ou un bateau pour porter Onnontio en leur pays, quand il voudrait faire visite à ses alliés. Le septième était une prière de les laisser retourner en paix dans leur pays, quand ils viendraient visiter leurs amis français, algonquins et hurons. Le huitième demandait que la chasse fût commune entre toutes les nations confédérées, et qu'on ne fît plus la guerre qu'aux élans, aux castors, aux ours et aux cerfs, pour goûter tous ensemble les friands mets qu'on tire de ces bons animaux. Le gouverneur Lauzon, à son tour, offrit des présents à Andioura qu'il fit expliquer comme suit par son interprète: Le premier pour redresser l'esprit d'Andioura, qui venait d'exposer ses présents. Si ton esprit est encore tortu, lui dit le truchement, voici de quoi le redresser afin que tes pensées soient droites. Le second était pour assurer Andioura que nous n'avions plus qu'un cœur avec lui et avec tous ceux de sa nation. Le troisième était pour concourir avec eux à dresser et aplanir les chemins d'un pays à l'autre, afin de se visiter les uns les autres avec plus de facilité. Le quatrième était pour étendre un tapis ou une nappe aux Trois-Rivières, où se tiendraient les conseils et les assemblées de toutes les nations. Le cinquième était pour disposer un lieu dans leur pays où seraient exposés les présents d'Onnontio. Le sixième était pour rompre les liens qui tenaient captif en leur pays le Père Joseph Poncet, que tous les Français honoraient et qu'ils demandaient avec instance. Le septième était pour le relever de la place où il était couché, lié et garotté. Le huitième était pour lui ouvrir la porte de la cabane où il était logé. Le neuvième était pour adoucir les fatigues qu'il devait souffrir en son chemin, à son retour. Le dixième et dernier présent était de six ou casaques, de six tapabors et de deux grands colliers de porcelaine, qui furent offerts aux six ambassadeurs pour les défendre contre les injures du temps, dans leur voyage de retour. Après la distribution de ces présents il y eut harangues par Noël Tekouerimat, algonquin, un capitaine huron et M. de Lauzon. Celui-ci, par son interprète, avertit les Iroquois que s'ils ne faisaient pas la paix avec sincérité, ils éprouveraient la colère des Français. " Enfin, nous avons la paix," dit la Relation de 1652-1653. Combien de temps devait-elle durer ? Source: Relation des Jésuites, année 1652-1653. |
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