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LE CABARET DU SIEUR BOISDON A QUÉBEC, EN 1648 Le 9 septembre 1648, le Conseil de la Nouvelle-France adop- tait la délibération suivante: < Sur la requeste présentée au Conseil par M. Jacques Boisdon tendant à ce qu'à l'exclusion de tout autre, il lui fût permis de tenir boutique de pâtisserie à Québec et hostellerie pour tout allans et venans, le Conseil inclinant à la susdite requête l'a accordée et entérinée aux conditions suivantes: " 1° Qu'il ferait sa demeure à la place publique, non loin de l'église, pour y avoir commodité entre autres de s'aller chauffer en lui payant ce que de raison. " 2° Qu'il ne souffrirait aucun scandale ni yvrognerie, blasphèmes, jurements ni jeux de hasard en sa maison. " 3° Que les dimanches et les fêtes, pendant les grandes messes, vespres, sermons et catéchisme, sa maison serait vidée de personnes étrangères et fermée. (< 4° Qu'il serait soigneux de garder les ordres et règlemens qui seront établis pour le trafic et le commerce. " Le Conseil de sa part lui accorde la susdite exclusion de tout autre en cet office pour six ans. Et qu'il luy soit passé huit tonneaux gratis en une ou plusieurs années et qu'il se serve pour trois ans de la brasserie appartenant à la communauté." Cette délibération est signée par le gouverneur d'Ailleboust, le Père Lalemant et les conseillers Giffard, de Chavigny etGodefroy. Nous croyons que c'est là la première licence accordée à un cabaretier dans la Nouvelle-France. Les cabaretiers ou aubergistes de France avaient alors le privilège de pendre des enseignes sur la façade de leurs établissements. Il n'apparaît pas que Jacques Boisdon se soit prévalu de ce privilège. Il jugeait sans doute que, ayant le droit exclusif de tenir cabaret à Québec, il pouvait se passer d'enseigne. M. Philéas Gagnon nous fait connaître quelques-unes des enseignes qu'on voyait à Québec un peu après l'époque où on accordait une licence à Jacques Boisdon. Dans un acte de Becquet du 20 octobre 1668. on lit: "en la maison de Jean Maheust où pend pour enseigne la Ville de Larochelle. En 1677, Laurent Normandin, aubergiste, rue Saint-Pierre, avait pour enseigne le Signe de la Croix. La même année, Charles Pouliot tient au Cul-de-Sac l'auberge Aux Trois Pignons. En 1751, Pierre Chupin dit Lajoie tient un cabaret, rue Saint-Jean, qu'on désigne sous le nom de Lion d'or. La même année, Charles Pouliot tient un cabaret, rue Mont-Carmel, qui a pour enseigne Le roi David. Source: Bulletin des Recherches Historiques, vol. XVIII (1912). |
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