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L'HÔTEL-DIEU DE QUÉBEC



Dans les Relations des Jésuites, le Père Le Jeune avait à différentes reprises, représenté la nécessité d'un hôpital à Québec où les Français et les Sauvages auraient été secourus dans leurs maladies. La duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, était une lectrice assidue des Relations. Elle voulut établir cet hôpital, et passa le contrat de fondation avec les Augustines Hospitalières de Dieppe, dès le 16 août 1637, moyennant vingt mille francs de capital.

En cette même année 1637, la duchesse d'Aiguillon envoya des ouvriers à Québec, pour y défricher le vaste terrain qu'elle avait acquis en faveur des Hospitalières, dans la banlieue, en même temps qu'un autre terrain situé dans la ville, à l'endroit où se trouve, aujourd'hui, î'Hôtel-Dieu. Le 12 août 1638, on jetait, à Québec, les fondements du premier hôpital canadien.

A leur arrivée à Québec, les Hospitalières se logèrent dans une maison appartenant à la Compagnie des Cent Associés. Elles y reçurent bientôt bon nombre de Sauvages atteints de la petite vérole. En 1640, les travaux de construction du monastère ayant été discontinués, les Hospitalières décidèrent d'aller s'établira Sillery, à la demande même des Sauvages. La duchesse d'Aiguillon fut si heureuse de cette décision que, de concert avec son oncle, le cardinal de Richelieu, elle porta les deniers de sa fondation à la somme de quarante mille cinq cents livres.

Quatre ans plus tard, en 1644, le gouverneur de Montmagny, incapable de défendre à la fois Sillery et Québec contre les Iroquois, engagea fortement les Hospitalières à revenir dans la capitale.

Le 29 mai 1644, elles s'installaient dans une pauvre maison de la basse ville en attendant que leur maison, commencée en 1638, fût terminée. Elles entrèrent dans leur monastère, quelques mois plus tard.

Le 15 octobre 1654, on posa la première pierre d'un nouveau bâtiment, joint au monastère, et, le 15 août 1658, on y installa les malades.

L'intendant Talon, qui était un grand ami de l'Hôtel-Dieu, fit bâtir, en 1672, à l'endroit du chœur actuel des religieuses, une nouvelle salle destinée aux hommes malades.

En 1696, on commença le bâtiment du monastère actuel qui fut terminé en 1698.

Le 7 juin 1755, un incendie détruisit l'Hôtel-Dieu. Les Hospitalières allèrent loger chez les Ursulines. Trois semaines plus tard, elles se transportèrent au collège des Jésuites où on leur avait cédé certaines salles. Elles y reçurent les malades, du 16 juillet 1755 au1er août 1757.

Les Hospitalières réintégrèrent ensuite leur monastère, bâti à neuf. La pauvreté les empêcha de réédifier l'hôpital. Elles donnèrent une partie du rez-de-chaussée de leur propre demeure, pour recevoir les malades. Il en fut ainsi jusqu'au 8 novembre 1825.

En 1759, pendant le siège de Québec, les Hospitalières durent évacuer leur monastère et fermer leur hôpital. Le 13 juillet, elles se réfugiaient chez leurs sœurs de l'Hôpital général, d'où elles ne revinrent qu'après la capitulation de Québec.

De 1760 à 1785, toute l'aile orientale du monastère actuel, y compris les salles des pauvres, fut occupée par les malades des troupes anglaises. Le 22 mai 1800, on commença la construction de la chapelle, du chœur des religieuses et de la sacristie qui furent terminés en 1803. Le 8 novembre 1825, on transporta les malades dans le grand hôpital,—aujourd'hui l'ancien,—qui avait été commencé en 1816.

En 1890, on jetait les fondements de l'hôpital nouveau qui futinauguré le 12 décembre 1892. Enfin, le 3 octobre 1907, on faisait l'inauguration du pavillon des enfants malades, dû à la munificence de l'honorable John Sharples.

Ces simples dates, croyons-nous, disent plus éloquemment que de longues phrases tout ce que la population de Québec doit à son Hôtel-Dieu.

Sources: Mère Juchereau de Saint-Ignace, Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec; l'abbé H.-R. Casgrain, Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec.