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L'ARRIVÉE DES URSULINES ET DES HOSPITALIÈRES Le 1er août 1639, à sept heures du matin, le canon du fort Saint-Louis annonça au petit poste de Québec, dont la population ne dépassait pas deux cent cinquante âmes, l'arrivée des premières femmes consacrées à Dieu qui soient venues en Canada: c'était la Mère Marie Guyart de l'Incarnation, la Mère Marie de Savonnières de Saint-Joseph, Marie Cécile de Sainte- Croix, Ursulines, avec leur dévouée fondatrice, Madeleine de Chauvigny ou Chavigny de la Peltrie ; puis la Mère Marie Guenet de Saint-Ignace, la Mère Anne Le Cointre de Saint-Bernard et la Mère Marie Forestier de Saint-Bonaventure, Hospitalières, envoyées par la duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, pour fonder dans la Nouvelle-France un Hôtel-Dieu dédié au Précieux Sang du Rédempteur. " Elles étaient accompagnées de trois missionnaires jésuites: les Pères Vimont, Poucet et Chaumonot. " Ce fut un événement considérable que l'arrivée de ces " filles de la prière " dans le pays alors presque entièrement sauvage du Canada. Il causa une grande joie parmi les colons français groupés autour du fort Saint-Louis ou dispersés le long des rives du Saint-Laurent, et fit naître des espérances que deux siècles et demi d'un dévouement admirable ont amplement justifiées. "M. de Montmagny se rendit à la rencontre des nobles femmes, ui se prosternèrent en mettant le pied sur le rivage et baisèrent avec respect le sol de leur nouvelle patrie, puis, suivi de toute la population de Québec, il les conduisit à Notre-Dame de Recouvrance, où un Te Deum fut chanté, " entonné par le Père "Le Jeune, poursuivi par toutes les voix de la foule, tandis que "le canon du fort annonçait au loin le joyeux événement." " La petite société de Québec offrait, sous M. de Montmagny, un spectacle original et charmant. On y retrouvait l'image de la vieille société française, avec quelques traits particuliers que faisaient naître les exigences du climat, la lutte pour l'existence dans des conditions inconnues en Europe, et le contact avec les aborigènes. " Le gouverneur voulut recevoir les Hospitalières et les Ursulines au fort Saint-Louis. Le jour même de leur arrivée, il les con- via à sa table, ainsi que les missionnaires jésuites, les officiers et les principaux " habitants " de la colonie. " Puis les humbles servantes de Dieu, se séparèrent, les deux petites communautés allant s'installer dans leurs pauvres demeures respectives." " Une des fondatrices de l'Hôtel-Dieu a laissé la note suivante sur la journée du 1er août 1639 à Québec: " Aussitôt que nous eûmes touché la terre de Québec, nous la baisâmes dans un transport de reconnaissance et avec respect, en disant le verset: Voluntarie sacrificabo tibi et confitebor nomini tuo Domine quoniam bonum est, pour remercier Dieu de ses conduites amoureuses sur nous, et pour nous offrir à souffrir volontairement toutes les croix qu'il lui plairait nous envoyer, ensuite nous répondîmes aux honnêtetés de Monsieur de Montmagny, qui avait pris la peine de venir lui-même sur le bord de l'eau, accompagné des principaux du pays et de tout le peuple, qui, par des grandes acclamations, marquait une réjouissance publique. Monsieur le gouverneur nous reçut avec toutes les démonstrations de la bienveillance possible; il nous témoigna combien il nous avait souhaitées, le plaisir qu'il avait de nous voir, et le soin qu'il voulait prendre de nous prouver par les effets la sincérité de son estime et de son affection pour nous; il fit faire plusieurs décharges de canon pour nous faire honneur, et nous mena à l'église des Pères Jésuites, qui servait de paroisse, et qui était fort jolie, la voûte et le baîustre lui donnaient un air de propreté qui la rendait fort gaie, le Père Le Jeune entonna le Te Deum, qui fut poursuivi par tout ce monde qui nous avait suivies." Sources: Ernest Gagnon, Le fort et le château Saint-Louis; Histoire de l'Hôtel- Dieu de Québec. |
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