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LA CONSTRUCTION DU CHÂTEAU SAINT-LOUIS M de Montmagny que les Sauvages appelaient Ononthio {Mons Magnus, Grande Montagne), fit tracer les rues de Québec et reconstruire en pierre le fort Saint-Louis, édifié primitivement de "fascines, gazons et bois." Dès 1636, il s'occupa de cette reconstruction et mit les ouvriers à l'œuvre. Dix ans plus tard, les tailleurs de pierre et les corroyeurs avaient tant à faire à Québec, que, dans un contrat" faict et passé au fort Saint-Louis de Québec l'an 1646, le 17e jour d'octobre apres-midy," entre Jean Bourdon, ingénieur et arpenteur, représentant " Messieurs les habitans de la Nouvelle-France," et Louis Robineau dit Breton, Toussaint Tireau dit Lagrange, tailleurs de pierre, et Denis Chenillart dit Argencourt, corroyeur, pour faire " revestir de murailles un bastion qui est au bas de l'allée Montcalvaire, dépendant du fort Saint-Louis de Québecq," il est dit que les ouvriers ne pourront "entreprendre aucun (autre) ouvrage sans la volonté et consentement du dict sieur Bourdon sy ce n'est toutefois après le bastion faict." " L'année 1647, une des années fécondes de nos annales historiques, vit commencer les travaux de la "grande église" qui, plus tard, porta le nom de cathédrale de Québec. " En même temps on travaillait à un bâtiment pour les Pères Jésuites et l'on jetait les fondements du "corps de logis" auquel on donna bientôt le nom de château Saint-Louis. " On sait que la pierre trouvée au mois de septembre 1784, en nivelant le terrain, non loin de la façade intérieure du château Saint-Louis, porte une croix de chevalier de Malte avec le millésime 1647. Cette pierre, qui, à l'origine, était sans doute placée au-dessus de la porte d'entrée ou dans un autre endroit bien en vue du premier château Saint-Louis, gisait vraisemblablement où on l'a trouvée, depuis quatre-vingt-dix ans, c'est-à-dire depuis la démolition de 1694. " On lit dans le Journal des Jésuites de 1648: "Nos gens, au nombre de dix ou douze, travaillèrent tout l'hiver au bois jusques à Pasques pour la charpente de la grande maison (des Jésuites)... En même temps on bâtissait un corps de logis au Fort et une église pour la paroisse" " II est certain que l'appellation " château Saint-Louis," pour désigner la résidence même du gouverneur, est immédiatement postérieure à la date de la construction de ce "corps de logis " du fort Saint-Louis dont parle le Journal des Jésuites,—lequel ne fut terminé que sous M. Louis d'Ailleboust, qui succéda à M. de Montmagny, en 1648. " Le nom de " corps de logis " est aussi donné au château Saint-Louis par Denon ville et Frontenac dans leur correspondance officielle. " Le premier château Saint-Louis n'avait qu'un seul étage, d'après l'ancienne manière de s'exprimer, c'est-à-dire un simple rez-de-chaussée avec mansarde. " A l'intérieur du fort construit par Montmagny se trouvaient le château et quelques petits bâtiments dont l'un, au moins, devait servir de prison. " La Mère Marie de l'Incarnation écrivait, en 1659: " Notre gouverneur (M. d'Argenson) est en campagne; ce qui l'a fait sortir est que les Iroquois qu'il tenait prisonniers entre de bons murs, fermés de portes de fer, ayant appris que leur nation avait rompu la paix, et croyant qu'on ne manquerait pas de les brûler tout vifs, ont forcé cette nuit leur prison et sauté les murail- les du Fort. La sentinelle, les voyant, a fait le signal pour avertir, et aussitôt l'on a couru après eux; je ne sais pas encore si on les a pris, car ces gens-là courent comme cerfs. ' ' Source: Ernest Gagnon, Le fort et le château Saint-Louis. |
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