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QUÉBEC REMIS AUX FRANÇAIS M de Champlain avait remis Québec aux frères Kirke le 20 juillet 1629. La paix avait été conclue entre les couronnes de France et d'Angleterre presque trois mois auparavant, le 24 avril 1629. Les Anglais auraient donc dû restituer Québec à la France dès l'arrivée de M. de Champlain en Angleterre. Comment expliquer que les années 1630, 1631 et une partie de 1632 s'écoulèrent avant que les frères Kirke reçussent ordre d'abandonner leur conquête? Le 17 octobre 1629, Champlain écrivant de Douvres à M. de Lauzon, qui s'intéressait déjà aux affaires canadiennes, lui racontait ce qui s'était passé depuis le mois de juillet et lui parlait de l'embarras dans lequel la prise de Québec, faite après la signature de la paix. avait mis les Anglais. Lors de son départ d'Angleterre pour la France, M. de Champlain, que la prise de Québec avait fort affecté, s'était remis un peu de ses inquiétudes, puisque l'ambassadeur de Louis XIII auprès de la cour du roi d'Angleterre M. de Châteauneuf, avait obtenu la promesse que le fort et l'habitation de Québec seraient restitués tout de suite à leurs légitimes propriétaires. Mais peu après M. de Fontenay-Mareuil succédait à M. de Châteauneuf comme ambassadeur, et toutes les négociations furent à recommencer. Au cours de l'hiver de 1629-1630, le docteur André Daniel s'était rendu à Londres dans le but d'aider l'ambassadeur français à obtenir la reddition du Canada et pour faire l'échange de lord Stuart, seigneur écossais, qui avait été fait prisonnier au Cap-Breton, par son frère, le capitaine Charles Daniel. Mais voici qu'une autre affaire absolument étrangère au Canada compliqua toutes les négociations en marche. Louis XIII, roi de France, avait donné, en 1625, la main de sa sœur, Henriette-Marie, à Charles Ier, roi d'Angleterre. Le roi de France s'était engagé à donner une dot vraiment royale à sa sœur. Il ne s'était exécuté que pour une partie, les guerres continuelles de son règne ayant fortement obéré son trésor. Charles Ier, s'avisa de refuser de remettre le Canada à la France tant que la dot entière de sa femme ne lui aurait pas été remise. Le procédé était peut-être injustifiable, mais que pouvaient faire Champlain et ses amis intéressés à la remise du Canada dans un pareil imbroglio ? Les pourparlers traînèrent donc jusqu'aux premiers mois de l'année 1632. Enfin, le 29 mars 1632, le traité de Saint-Germam-en-Laye fit cesser toutes les difficultés entre les deux couronnes, et le roi d'Angleterre se décida à remettre pour tout de bon la colonie du Canada au roi de France. Le Père Le Jeune raconte ainsi, dans la Relation des Jésuites, le retour des Français à Québec en 1632: " Le 5 de juillet, qui était un lundi, deux mois et dix-huit jours depuis le 18 avril que nous partîmes, nous arrivâmes au port tant désiré. . .Nous vîmes au bas du fort, la pauvre habitation de Kébec toute brûlée. Le lendemain, on envoya sommer le capitaine Thomas Ker (Kirke). M. Emery de Caen avait déjà envoyé de Tadoussac une chaloupe avec un extrait des commissions et lettres patentes des rois de France et d'Angleterre, par lesquelles il était commandé au capitaine anglais de rendre le fort dans huit jours. Les lettres vues, il fit réponse qu'il obéirait quand il aurait vu l'original. On lui porta donc le lendemain de notre arrivée. Cependant nous allâmes célébrer la sainte messe en la maison la plus ancienne de ce pays-ci. C'est la maison de madame Hébert, qui s'est habituée auprès du fort du vivant de son mari. .. L'Anglais ayant vu les patentes signées de la main de son roi, promit qu'il sortirait dans la huitaine; et de fait il commença à s'y disposer, quoique avec regret. Le mardi suivant, 13 de juillet, ils remirent le fort entre les mains de M. Emery de Caen et de M. Du Plessis Bochart, son lieutenant. Et le même jour, firent voile dans deux navires qu'ils avaient à l'ancré." M de Champlain, absent de Québec depuis trois ans, ne put cependant revenir dans la Nouvelle-France que l'année suivante, 1633. |
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