Retour à
la liste






LES FRANÇAIS RESTÉS À QUÉBEC EN 1629



Quelques familles restèrent à Québec, en 1629, après le départ de M. de Champlain. Ce fut un bonheur. La France aurait-elle revendiqué la restitution du Canada avec autant d'énergie si elle n'eût eu d'autre intérêt à sauvegarder que celui du commerce ? Ces habitants étaient bien courageux car rien ne leur laissait prévoir que le drapeau de la France flotterait de nouveau sur Québec. De plus, ils restaient ici pauvres, presque sans provisions et surtout sans prêtres. Ce dernier sacrifice dut être le plus cruel pour ces familles.

La liste des Français restés à Québec en 1629 a été dressée par M N -E Dionne. Nous la reproduisons ici.
  • Guillaume Couillard, Guillemette Hébert, sa femme, et leurs trois enfants Louise Couillard, Marguerite Couillard et Louis Couillard.
  • Nicolas Pivert, Marguerite Lesage, sa femme, et leur mere
  • Pierre Desportes, Françoise Langlois, sa femme, et Hélène Desportes, leur nièce.
  • Abraham Martin, Marguerite Langlois, sa femme, et leurs trois enfants, Anne Martin, Marguerite Martin et Hélène Martin.
  • Guillaume Hubou.
  • Marie Rollet, veuve de Louis Hébert.
  • Guillaume Hébert.
  • Le chirurgien Adrien Duchesne et sa femme.


Ces quelques familles formaient un contingent de vingt et une personnes. C'était peu et beaucoup tout à la fois puisque ce noyau représentait la France sur la terre d'Amérique.

D'après les calculs de M. Dionne, trente-quatre personnes d'origine française demeurèrent au pays, après le départ de Champlain et des missionnaires, en 1629. Outre les vingt et une personnes que nous venons de nommer, huit interprètes, Etienne Brûle, Nicolas Marsollet, Thomas Godefroy, Jean Godefroy, François Marguerie. Jacques Hertel, Gros-Jean et Jean Nicolet restèrent ici. II faut ajouter à ces huit personnes le sieur Le Baillif, Pierre Raye, Froidemouche, Lecoq et un engagé de Pivert dont nous n'avons pas le nom.

Le Baillif était un triste personnage, et Champlain, à plusieurs reprises, parle de sa conduite déplorable.

Pierre Raye ne valait guère mieux que Le Baillif. Champlain dit de lui: " l'un des plus perfides traîtres et méchants qui fût

Nicolas Marsollet s'était aussi délibérément livré aux Anglais afin de pouvoir rester au pays et avoir pleine liberté d'aller dans les bois

Quelques jours après la capitulation de Québec, Champlain rencontra, à Tadoussac, Brûlé et Marsollet et leur reprocha leur trahison.- Nous avons été pris de force, dirent-ils, nous savons très bien que si l'on nous tenait en France qu'on nous pendrait, nous sommes bien fâchés de cela, mais la chose est faite, il faut boire le calice puisque nous y sommes, et nous résoudre de jamais ne retourner en France. Champlain leur répondit— "Si on vous attrape, vous qui êtes sujets à voyager, vous courez le risque d être pris et châtiés." . , ,

Brûlé retourna chez les Hurons où il fut assassine quelques années plus tard. Quant à Nicolas Marsollet, il s'amenda, devint un excellent citoyen et mourut à Québec, en 1677, peut-être pas très riche, mais chargé d'années et de bénédictions. Source: Bulletin des Recherches Historiques, vol. IX (1903), article de N.-E. Dionne.