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LA REDDITION DE QUÉBEC AUX FRÈRES KIRKE Dans la matinée du 19 juillet 1629, un Sauvage de Tadoussac arrivait à Québec et informait les Jésuites que trois navires anglais s'approchaient de l'île d'Orléans. Champlain était seul au Fort, ses compagnons étant à la pêche ou à la recherche de racines. Peu après, le serviteur de Champlain venait lui dire qu'il avait vu les vaisseaux anglais derrière la Pointe de Lévy. Les Jésuites, les Récollets et les gens de Champlain se réunirent tout de suite au Fort pour délibérer ensemble sur le parti à prendre. Il ne pouvait être question de se défendre. On avait de quoi tirer deux ou trois volées de canon et peut-être huit ou neuf cents coups de mousquet. De plus, on était réduit à la famine. Il fut donc arrêté unanimement qu'on chercherait à obtenir les meilleures conditions possibles. Le même jour, un officier anglais vint remettre à Champlain une lettre de Lewis et Thomas Kirke. Le chef de l'expédition, David Kirke, était resté à Tadoussac. Les frères Kirke déclaraient à Champlain qu'ils avaient appris que la famine régnait dans la place et lui offraient une capitulation "honnête et raisonnable." Champlain décida alors d'envoyer le Père Récollet Joseph de la Roche en qualité de parlementaire auprès des frères Kirke. Le Père demanda aux Anglais pourquoi ils attaquaient Québec puisque la France et l'Angleterre étaient en paix. Pour toute réponse, les Kirke exigèrent la reddition immédiate de la ville. Tout ce que le Récollet put gagner fut que Champlain se rendrait sur l'heure mais aurait le privilège de dresser lui-même la capitulation. Champlain et Pontgravé en préparèrent les articles mais les Kirke ne les acceptèrent pas tous. Les chefs de l'habitation devaient sortir avec armes, habits et pelleteries leur appartenant; les autres ne pouvaient emporter que leurs habits et une robe de castor chacun. Les Jésuites et les Récollets devaient se contenter d'emporter leurs livres et leurs soutanes. Les Kirke s'engageaient à transporter tous les Français en Angleterre pour les faire passer ensuite en France. Le lendemain, vendredi, 20 juillet 1629, les articles de la capitulation furent signés de part et d'autre. Peu après les Anglais mettaient pied à terre à Québec. Lewis Kirke, à la demande de Champlain, avait mis des sentinelles auprès de l'église, du couvent des Récollets, de la maison des Jésuites, de la maison de la veuve Hébert et de son gendre, Guillaume Couillard. Malgré ces précautions, les Jésuites furent pillés. On s'imaginait que leur maison regorgeait de pelleteries. Le dimanche, 22 juillet, Champlain obtint la permission de faire célébrer la messe, à laquelle tous les Français assistèrent. Puis Champlain, les Jésuites et un certain nombre de Français furent conduits à Tadoussac. Quant aux Récollets, ils restèrent à Notre-Dame des Anges jusqu'au 9 septembre. " Le neuvième jour de septembre 1629, dit Sagard, les Anglais firent partir le petit navire, pour la dernière fois, dans lequel s'embarqua le sieur du Pont, le reste des Français (qui devaient s'en retourner), et tous nos pauvres religieux qui se rendirent à Tadoussac." La flotte anglaise mit à la voile de Tadoussac à la mi-septembre. Elle arriva à Plymouth le 18 octobre, puis à Douvres et de là à Calais le 29 octobre. Champlain apprit en arrivant en France que la paix avait été conclue entre les deux couronnes le 24 avril 1629, soit près de trois mois avant la prise de Québec. |
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