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FIEF ET SEIGNEURIE SAULT-AU-MATELOT À QUÉBEC Louis Hébert, premier défricheur canadien," dit M. l'abbé Couillard-Després, "est encore le premier seigneur. Pour lui fut inauguré le système féodal qui a rendu de grands services dans la colonisation de notre pays." Louis Hébert, avant de quitter la France, s'était fait donner un terrain d'environ dix arpents en superficie à Québec. Afin de ne pas être dépossédé par les associés de la Compagnie des Marchands qui montraient beaucoup de mauvaise volonté, il s'adressa au duc de Montmorency pour obtenir des lettres patentes lui garantissant la possession de son terrain. En arrivant à Québec, en 1617, Louis Hébert avait" bâti et construit un logement pour lui, sa famille et son bestail," dans l'enceinte d'un clos, à la haute ville, qu'il avait défriché, assisté de ses serviteurs domestiques. Le 4 février 1623, le duc de Montmorency, vice-roi de la Nouvelle-France, avait expédié à Hébert des lettres de concession, lui octroyant à perpétuité les terres, logements et enclos qu'il occupait. Après la mort du duc de Montmorency, Louis Hébert envoya une supplique au duc de Ventadour pour obtenir la confirmation de sa concession. Il rappelait dans sa demande les services qu'il avait rendus à la Nouvelle-France. Le duc de Ventadour, le dernier jour de février 1626, ratifia la concession accordée à Hébert et lui permit d'en jouir en fief noble ainsi que ses descendants. "Nous, "disaient les lettres patentes, "pour les considérations sus-alléguées, et pour encourager ceux qui décideront cy-après peupler et habiter le dit pays de Canada, avons donné, ratiffié et confirmé, donnons, ratifiions, et confirmons au susdit Louis Hébert et ses successeurs et héritiers, et suivant le pouvoir à nous octroyé par Sa Majesté, toutes les susdites terres labourables défrichées et comprises dans l'enclos du dit Hébert ensemble la maison et bâti- ments ainsi que le tout s'étend et comporte au dit lieu de Québec sur la grande rivière ou fleuve de Saint-Laurent pour en jouir en fief noble par lui, ses héritiers et ayant cause à l'avenir comme de son propre et loyal acquêt et en disposer pleinement et paisible-ment comme il verra bon être, le tout relevant du fort et château de Québec..." Le 15 septembre 1634, le partage du fief du Sault-au-Matelot avait lieu entre les héritiers de Louis Hébert qui étaient Guillaume Couillard et Guillemette Hébert, sa femme (fille de Louis Hébert), Guillaume Hubou et Marie Rollet et Guillaume Hébert. On voit par l'acte de partage qu'il se trouvait alors sur le fief du Sault-au-Matelot deux maisons dont l'une de trois logements, un moulin, une brasserie, une fontaine, et divers sentiers pour la commodité des premiers colons de Québec. Le 10 avril 1666, Guillemette Hébert, veuve de Guillaume Couillard, vendait la seigneurie du Sault-au-Matelot à M de Laval, évêque de Pétrée. L'acte de vente reçu par le notaire Romain Becquet la décrit ainsi: " fief noble et enclos de terre en la haute ville de Québec sur lequel il y a maisons et étables, jardins et terres labourables, borné d'un côté aux terres de l'église qui les séparent par la clôture qui est entre les deux, d'autre côté le long de la grande rivière St-Laurent et de celle de St-Charles, d'un bout aux terres du sieur d'Auteuil et d'autre bout au clos des R. M.Hospitalières, et aux autres terres appartenantes à la dite dame Couillard qui les séparent par un petit ruisseau qui descend dans le clos des dites R. M. Hospitalières, et généralement tout ce qui est contenu dans le dit enclos de terre qu'elle a dit lui compéter et appartenir à cause de la succession du feu sieur Louis Hébert, son père." Le 8 avril 1680, par acte de MM. Carnot et de Troyes, notaires au Châtelet de Paris, M de Lavai donnait la seigneurie du Sault-au-Matelot au séminaire de Québec. Il y a donc près de deux siècles et demi que le séminaire de Québec est en possession de la seigneurie du Sault-au-Matelot. |
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