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LE PREMIER FORT SAINT-LOUIS C'EST en 1620 que Champlain commença l'érection de la petite forteresse qu'il appela plus tard le fort Saint-Louis. Le fondateur de Québec attachait beaucoup d'importance à ce fort. Dans le récit de ce qui se passa à Québec en cette année 1620, Champlain, après avoir parlé des réparations exécutées à l'Habitation de Québec, dit: "Toutes choses furent si bien ménagées que tout fut en peu de temps en état de nous loger, pour le peu d'ouvriers qu'il y avait, partie desquels commencèrent un fort pour éviter aux dangers qui peuvent advenir, vu que sans cela il n'y a nulle sûreté en un pays éloigné presque de tout secours. J'établis cette demeure en une situation très bonne, sur une montagne qui commandait le travers du fleuve Saint-Laurent et qui est un des lieux les plus étroits de la rivière." En 1621, Champlain jugea prudent de placer un officier, M. Du Mai, et quelques hommes dans le fort. ''Je me délibérai, dit-il, de mettre le dit Du Mai en un petit fort déjà commencé, avec mon beau-frère Boullé et huit hommes, et quatre de ceux des Pères Récollets, qu'ils me donnèrent, et quatre autres hommes de l'ancienne société, faisant porter quelques vivres, armes, poudre, plomb et autres choses nécessaires, au mieux qu'il me fut possible pour la défense de la place; en cette façon, nous pouvions parler à cheval, faisant toujours continuer le travail du fort, pour le mieux mettre en défense." En 1622,1623 et 1624, Champlain fit continuer les travaux du fort. Le 20 avril 1624, un coup de vent enleva la couverture du bâtiment du fort Saint-Louis plus de trente pas par dessus le rempart, "parce qu'elle était trop haute élevée." Au mois d'août 1624, Champlain passait en France, îl recom-manda à son monde de continuer les travaux du fort. A son retour, en 1626, Champlain trouva le fort dans le même état qu'il l'avait laissé, c'est-à-dire très peu avancé. C'est alors qu'il décida de le recommencer pour le faire plus vaste. "Je considérai d'autre part, écrit-il, que le fort que j'avais fait faire était bien petit pour retirer, à une nécessité, les habitants du pays, avec les soldats qui un jour y pourraient être pour la défense d'icelui, quand il plairait au Roi les envoyer, et il fallait qu'il eût de l'étendue pour y bâtir, celui qui y était avait été assez bon pour peu de personnes, selon l'oiseau il fallait la cage, et que l'agrandissant il se rendrait plus commode, qui me fit résoudre de l'abattre et de l'agrandir, ce que je fis jusqu'au pied, pour suivre mieux le dessein que j'avais, auquel j'employai quelques hommes qui y mirent toute sorte de soin pour y travailler, afin qu'au printemps il pût être en défense. Cela s'exécuta. Sa figure est selon l'assiette du lieu que je ménageai avec deux petits demi-bastions bien flanqués, et le reste est la montagne, n'y ayant que cette avenue du côté de la terre qui est difficile à approcher, avec le canon qu'il faut monter 18 à 20 toises, et hors de mine, à cause de la dureté du rocher, ne pouvant y faire de fosse qu'avec une extrême peine. La ruine du petit fort servit en partie à refaire le plus grand qui était édifié de fascines, terres, gazons et bois, ainsi qu'autrefois j'avais vu pratiquer, qui étaient de très bonnes forteresses, attendant un jour qu'on la fit revêtir de pierres à chaux et à sable qui n'y manquent point, commandant sur l'Habitation et sur le travers de la rivière." Le petit fort commencé par Champlain en 1620 fut donc rasé jusqu'au pied en 1626, et recommencé la même année, mais dans des proportions beaucoup plus considérables. Champlain habita ce fort quelque temps avant la prise de Québec par les Kirke, en 1629, puisa son retour de France en 1633. C'est de sa résidence du fort Saint-Louis, dit M. Ernest Gagnon, que le fondateur de Québec contemplait, dans les derniers jours de son existence, l'admirable campagne que sa pensée couvrait de villages et de moissons et d'où son génie voulait faire sur-gir une France Nouvelle. Source: Ernest Gagnon, Le fort et le château Saint-Louis. |
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