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UN COMPLOT CONTRE QUÉBEC EN 1618 QUÉBEC fut bien près de sa perte en 1618 ! Deux Français, qui avaient eu un différend avec les Algonquins, avaient été assassinés par ces Sauvages. Une fois le coup porté les Algonquins commencèrent à redouter les représailles des Français. Dans leur logique d'enfants des bois, ils se dirent que le meilleur moyen d'éviter la vengeance des Français était d'exterminer tous les étrangers qui se trouvaient dans le pays. C'est un peu dans ce dessein que les différentes tribus se réunirent aux Trois-Rivières en 1618. Plus de huit cents Sauvages se rencontrèrent dans ce poste. On devait commencer le massacre par Québec. La chose était d'autant plus facile que les habitants de Québec vivaient dans une sécurité parfaite. Ils négligeaient les précautions les plus élémentaires, assurés que les Sauvages, qu'ils traitaient si bien, n'avaient aucun intérêt à les attaquer. Le Frère Récollet Pacifique Duplessis vivait aux Trois-Rivières depuis 1617. Il avait quelques notions de médecine et était en excellents termes avec les Sauvages qui l'aimaient, à cause de son caractère sympathique et des services qu'il rendait à leurs malades. Le Chef Esrouachit, surnommé Laforière par les Français, était peut-être le principal instigateur du complot. Il était habile et rusé, mais le Frère Pacifique Duplessis, très insinuant, réussit à lui faire dire tout ce qu'il voulait savoir. Aussitôt le religieux informa la petite colonie de Québec du danger imminent qui la menaçait. Il travailla ensuite à ramener Esrouachit à de meilleurs senti-ments. Celui-ci qui, depuis deux ans, voulait se rapprocher des Français, comprit qu'il avait un excellent moyen de s'attirer leur reconnaissance. Il se rendit à Québec, parla avec grand mystère des deux meurtres commis par les siens, et obtint la promesse qu'il n'y aurait pas de représailles si on livrait les assassins. L'astucieux Algonquin revint ensuite aux Trois-Rivières, et n'eut pas de misère à persuader aux Sauvages de rester en paix. Le Frère Pacifique Duplessis avait donc sauvé la colonie de la ruine car l'habitation de Québec, avec ses quelques hommes et ses pauvres moyens de défense, n'aurait pas résisté longtemps à une attaque combinée des Sauvages. Le Frère Pacifique Duplessis rendit bien d'autres services à la colonie de la Nouvelle-France. En cette même année 1618, il fut délégué en France avec le Père Huet pour formuler les griefs et plaider les intérêts de la colonie auprès de la Compagnie des Mar-chands qui ne songeait qu'à son avantage et laissait les colons dans la misère. Les deux Récollets n'obtinrent pas tout de suite les réformes qu'ils demandaient, mais leur voyage fit connaître, en France, la triste situation de la colonie, et aida les autorités à y apporter remède un peu plus tard. Le Frère Pacifique Duplessis décéda à Québec en juin 1619, peu après son retour de la France. M. de Champlain qui estimait beaucoup l'humble religieux lui fit faire des obsèques solennelles. L'artillerie tonna sur la tombe du Frère Récollet comme s'il avait été un personnage important. Il méritait ce suprême hommage plus que bien d'autres. Comme le dit son biographe anonyme, " il est juste que celui qui s'est oublié lui-même pendant sa vie reçoive des honneurs après sa mort." Le Frère Pacifique Duplessis fut le premier Récollet qui décéda dans la Nouvelle-France. Source: Revue Canadienne, vol XI (1874), |
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