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LOUIS HÉBERT, PREMIER COLON DE QUÉBEC



Louis Hébert exerçait depuis longtemps la profession d'apothicaire, que son père avait lui-même pratiquée dans la maison royale, sous la reine Catherine de Médicis.

II fit un premier voyage avec M. de Monts en Acadie où ils arrivèrent en mai 1604. Cette première exploration dura jusqu'en 1607. Louis Hébert retourna en Acadie en 1610, et y demeura jusqu'en 1613. Lui et Champlain se connaissaient déjà. Rien d'étonnant dès lors que le fondateur de Québec fut heureux de trouver dans Louis Hébert un ferme appui pour sa colonie.

" Au printemps de 1617, on se mit en devoir de repasser l'océan. Le navire commandé par le capitaine Morel, dieppois, leva l'ancré le 11 avril 1617.

" Louis Hébert, venu avec les siens pour s'établir au Canada en qualité de colon, fut le premier à répondre au désir de Champlain et des Récollets. Hébert se fit bâtir une maison sur l'emplacement de la haute ville de Québec. En même temps, il se mit à l'oeuvre pour commencer le défrichement des terres autour de son modeste logis.

Louis Hébert demeura fidèle jusqu'à la mort à sa nouvelle patrie. Il en soutint les intérêts avec zèle et désintéressement. Il devint une providence pour les Français et les Sauvages. Aussi sa mort " fut autant regrettée des Sauvages que des Français mêmes, car ils perdaient en lui un vrai père nourricier, un bon ami et un homme très zélé à leur conversion, comme il a toujours témoigné par effet jusqu'à sa mort, qui lui fut aussi heureuse comme sa vie avait pieusement correspondu à celle d'un vrai chrétien sans fard ni artifice."

Ainsi parle le Récollet Sagard qui fait un grand éloge de Louis Hébert et raconte ses derniers moments:
Dieu, voulant retirer à soi ce bon personnage et le récompenser des travaux qu'il avait soufferts pour Jésus-Christ, lui envoya une maladie de laquelle il mourut; mais auparavant que de rendre son âme entre les mains de son Créateur, il se mit en l'état qu'il devait mourir, tous ses sacrements de notre Père Joseph Le Caron, et disposa de ses affaires au grand contentement de tous les siens.

" Après quoi il fit approcher de son lit sa femme et ses enfants, auxquels il fit une briève exhortation de la vanité de cette vie, des trésors du ciel et du mérite que l'on acquiert devant Dieu en tra-vaillant pour le salut du prochain. Je meurs content, leur disait-il, puisqu'il a plu à Notre Seigneur me faire la de voir mourir devant moi des Sauvages convertis. J'ai passé les mers pour les venir secourir, plutôt que pour aucun intérêt particulier, et mourrais volontiers pour leur conversion, si tel était, le bon plaisir de Dieu. Je vous supplie de les aimer comme je les ai aimés et de les assister selon votre pouvoir. Dieu vous en saura gré et vous en récompensera en paradis; ils sont créatures raisonnables comme nous et peuvent aimer un même Dieu que nous s'ils en avaient îa connaissance, à laquelle je vous supplie de leur aider par vos bons exemples et vos prières."

" Je vous exhorte aussi à la paix et à l'amour maternel et filial que vous devez respectivement les uns aux autres, car en cela vous accomplirez la loi de Dieu, fondée en charité; cette vie est de peu de durée et celle à venir est pour l'éternité; je suis près d'aller devant Dieu qui est mon juge, auquel il faut que je rende compte de toute ma vie passée; priez-le pour moi, afin que je puisse trouver grâce devant sa face et que je sois un jour du nombre de ses élus. Puis, levant sa main, il leur donna à tous sa bénédiction et rendit son âme entre les bras de son créateur le 25e jour de janvier 1627, jour de la conversion de saint Paul, et fut enterré au cimetière de notre couvent, au pied de la grande croix, comme il avait demandé étant nous, deux ou trois jours avant que tomber malade, comme si Dieu lui eût donné quelque sentiment de sa fin prochaine."

Sources: R. P. Odoric-Marie Jouve, Les Franciscains et le Canada; l'abbé Couiliard-Després, Louis Hébert.