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L'ORIGINE DU NOM QUÉBEC



Le premier qui fasse mention du nom Québec est Champlain dans son ouvrage Des Sauvages ou Voyage de Samuel Champlain, de Brouage fait en la France Nouvelle l'an mil six cent trois:

" Nous vinsmes mouiller l'ancré à Québec, qui est un détroit de la dite rivière de Canada, qui a quelques trois cents pas de large."

L'origine du mot Québec a exercé l'ingénuité des historiens et des linguistes.

Hawkins, dans son Picturesque Québec, reproduit du Edmond-Stone's Heraldry, le sceau de Walter de la Pôle, en date de 1420, dans lequel on voit que le comte de la Pôle était comte de Québec. Le sceau en question, croyons-nous, a été imparfaitement reproduit. Walter de la Pôle était comte de Briquebec et non de Québec.

Le sieur de la Potherie, dans son Histoire de l'Amérique septentrionale écrit:

"Nous n'avons point de connaissance de l'étymologie de Québec. Les sauvages qui y habitaient lorsque les Français vinrent s'y établir, l'appelaient Stadaka. On tient que les Normands qui étaient avec Jacques Cartier à sa première découverte de la Nouvelle-France apercevant au bout de l'île d'Orléans, dans le sud-ouest, un cap fort élevé qui avançait dans le fleuve s'écrièrent: "Quel bec, et qu'à la suite du temps le nom de Québec lui est resté."

M. l'abbé Laverdière fait les réflexions suivantes sur le passage de Champlain cité plus haut: "Nous vinsmes mouiller l'ancré à Québec.. ..."

"C'est ici la première fois que l'on rencontre le nom de Quebec pour désigner ce que Jacques Cartier appelle tantôt Stadaconé, tantôt Canada. Tous ces noms, sans se contredire ou s'exclure, expriment, suivant la langue et le génie des Sauvages, comme une nuance particulière du tableau pittoresque que présente le site de Québec. Stadaconé était bâti sur l'aile que forme la pointe du Capau Diamant; or, suivant Mgr Laflèche, "Stadaconé" dans le dialecte cris ou algonquin, veut dire aile, quoique d'autres linguistes prétendent reconnaître dans ce mot une origine huronne. Le mot Canada, dont Cartier nous donne lui-même la signification ("ils appellent une ville Canada") semble avoir désigné l'importance relative que devait avoir Stadaconé par l'avantage même de sa position. Enfin, il est naturel de supposer que les Sauvages, après la disparition ou le déplacement de Stadaconé, n'aient pas trouvé, pour désigner le même lieu, d'expression plus juste que celle de Kébec ou Québec, qui veut dire, comme le remarque ici Champlain, détroit, rétrécissement, et même quelque chose de plus expressif, c'est bouché. Ce passage resserré entre deux côtes escarpées, est peut-être ce qui frappe davantage le voyageur qui remonte le Saint-Laurent, jusque là si large et si majestueux. Or les Sauvages du bas du fleuve, et les Micmacs en particulier, se servent encore actuellement du même mot Kébec pour signifier un lieu où l'eau se rétrécit ou se referme. Inutile de réfuter ici les opinions plus ou moins ingénieuses qui veulent trouver l'origine du nom de Québec dans l'exclamation d'un matelot normand, quel bec! c'est-à-dire quel cap! ou dans les armes de certain comte ou seigneur de Normandie. En face de toutes ces suppositions, il y a toujours les témoignages imposants de Champlain et de Lescarbot, qui affirment que ce mot est sauvage."

Ailleurs, l'abbé Laverdière dit encore:
"Par ces mots "ainsi appelé des Sauvages," l'auteur (Champlain) veut dire, suivant nous, que le mot Québec est sauvage, et c'est ainsi que Lescarbot l'a compris. Dans les différents dialectes de la langue algonquine, le mot Kébec ou Kepac signifie rétrécissement. Cette pointe de Québec où est maintenant l'église de la basse ville, n'est presque plus reconnaissable par suite de la disparition du Cul-de-Sac, à la place duquel on a fait le marché Champlain."

Sources: Œuvres de Champlain publiées par l'abbé Laverdière; Bulletin des Recherches Historiques, vol. XIX (1913).