
( Tragopogon porrifolius et Scorzonera hispanica )
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Le salsifis vrai ( Tragopogon porrifolius ) est beaucoup plus
rarement consommé que la scorsonère ( Scorzonera hispanica
), appelée souvent salsifis noir en raison de la teinte de
la peau qui recouvre sa racine, la partie comestible. Le salsifis vrai
apparaît en effet de couleur jaune ivoire, alors que la scorsonère
est recouverte d'une couche brun-noir. La scorsonère est aussi moins
fibreuse, plus charnue, et d'un meilleur rendement.
Aujourd'hui ce que l’on appelle salsifis est en fait de la scorsonère,
une racine noire, comme l’indique l’étymologie de son nom : scorza
nera (écorce noire).
Le salsifis de forme allongée ressemble au panais, sauf
qu'il est formé de plusieurs racines. La chair blanchâtre
est recouverte d'une mince peau couleur brun crème et garnie de
radicelles. Il peut atteindre 30 cm
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de long et 5 cm de diamètre.
Il a des fleurs d'un beau violet. Ses longues feuilles étroites,
lisses et pointues sont comestibles, les jeunes pousses, délicieuses,
ont une saveur qui rappelle l'endive.
La scorsonère, nommé salsifis noir, de forme cylindrique,
ressemble à une carotte mince sans ramification, mais sa chair est
crème et sa peau brun foncé. Elle a des feuilles ovales et
légèrement ondulées et des fleurs jaunes. Elle est
moins difficile à peler que le salsifis, moins fibreuse et plus
savoureuse.
Ces deux plantes, composées de la famille des Astéracées,
sont souvent confondues. Elles ont le même aspect, le même
usage et la même culture. Elles possèdent toutes deux une
racine allongée, charnue, comestible mais se différencient
par la couleur de leur peau. Le salsifis a peau jaune a pratiquement disparu.
Le salsifis a de nombreux synonymes : Cercifix, salsifix blanc,
barberon.
La culture des scorsonères s’effectue dans les terrains sableux
ou sablo-limoneux des régions Nord Picardie et du Loiret, en culture
irriguée. Les scorsonères sont semées au printemps,
de mi-avril à mai. Les racines sont récoltées l’hiver
suivant.
Un délai de 5 à 6 ans est nécessaire entre deux
cultures sur la même parcelle.
Les racines sont très rustiques en hiver, la plante se développe
si la température moyenne est supérieure à 7°C.
Elles aiment les sols profonds, un peu frais et riches en humus. En terre
caillouteuse, les racines deviennent fourchues.
Des arracheuses tractées récoltent un ou deux rangs à
la fois. La racine est d’abord décolletée, puis elle est
soulevée et arrachée.
Une grande part de notre faible consommation vient de Belgique.
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Scorsonère signifie " vipère noire ", car sa racine était
connue comme l'antidote le plus connu contre la morsure de l'escorsu,
serpent commun en Catalogne, encore plus venimeux que la vipère.
On rapporte qu'il suffisait de l'asperger du suc de la plante pour la plonger
dans une profonde torpeur, puis de lui en enfourner dans la gueule pour
le faire mourir. Aux dires de Mathiole, rapportés par Leclerc, les
vertus de la scorsonère auraient été révélés
aux Espagnols par un esclave venu d'Afrique, " car, comme il voyoit plusieurs
moissonneurs parmy les champs mordus des vipères en extrême
danger de leur vie, se souvenant de l'herbe qu'il avait veue en Afrique,
ensemble du remède, l'ayant trouvée, il leur donnoit en breuvage
le jus de la racine de cette herbe et les guérissoit tous, ne voulant
enseigner cette recepte à personne de peur de perdre telle
practique. "
Cette plante fut introduite en Amérique du Nord par les premiers
colons, mais encore de nos jours reste un légume méconnu.
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Avec un apport de 30 calories aux 100 g, le salsifis se situe parmi
les légumes frais moyennement caloriques.
Les fibres sont abondantes (4 g aux 100 g), et constituées en
partie par de la cellulose et des hémicelluloses, et en partie par
des pectines qui donnent au salsifis sa consistance moelleuse après
cuisson.
Le salsifis noir, comme la plupart des légumes racines (carotte,
betterave, navet), est riche en glucides, accumulés durant toute
la croissance de la plante : il en renferme environ 15 g aux 100 g. Mais
une fraction importante de ces glucides est constituée par de l'inuline,
un polymère du fructose, qui ne peut être hydrolysé
et absorbé dans l'intestin grêle, comme c'est le cas pour
les autres glucides : il est simplement dégradé en partie
dans le côlon. La valeur énergétique de l'inuline est
donc très faible, voire nulle, c'est pourquoi ce glucide n'est pas
pris en compte dans le total calorique du salsifis. Comme le salsifis ne
contient pas d'amidon, mais de l'inuline on peut la recommander aux
diabétiques comme légume nourrissant, car il n'a pas d'effet
sur le taux de glucose sanguin.
L'inuline provoque des gaz chez plusieurs personnes. Les personnes
fragiles qui en mangent pour la première fois devraient en prendre
une petite portion.
Les protéines (1,4 g aux 100 g) et les lipides (0,4 g) fournissent
le reste du total énergétique.
Le salsifis renferme de nombreux minéraux et oligo-éléments.
La teneur en potassium est élevée (320 mg aux 100 g), comme
c'est le cas dans la plupart des végétaux. Mais il faut noter
ses apports intéressants en calcium (plus de 50 mg, ce qui est une
teneur appréciable pour un légume frais), en magnésium
(23 mg) et en fer (1,2 mg), et la présence de manganèse (0,4
mg), de cuivre (0,30 mg) et de zinc (0,22 mg) en quantités non négligeables.
Il est aussi largement pourvu en vitamines bien diversifiées,
notamment en vitamine E (3 mg aux 100 g, ce qui constitue un taux élevé),
et en vitamines du groupe B (la vitamine B3 atteint 0,35 mg, la B6 : 0,14
mg, et la B1 : 0,11 mg). Sa teneur en vitamine C reste modeste, comme c'est
habituellement le cas pour les légumes racines (4 mg aux 100 g,
et 3 mg après cuisson). Quant à la provitamine A (ou carotène),
elle n'existe qu'à l'état de trace, ce qui est logique pour
un végétal non coloré.
On dit ces légumes draineurs sanguins et décongestionnant
du foie et des reins.
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Achat
Choisissez des légumes sans partie détrempée,
fermes et pas trop gros pour qu'ils soient moins fibreux.
On trouve plus facilement ces légumes en conserves ou en surgelé
sous le nom de salsifis qu'à l'état frais.
Leur saveur douce et sucrée est souvent comparée à
celle de l'huître, ce qui explique qu'on nomme ces légumes
oyster plant en anglais.
Tout dans ces plantes est comestible. Les bourgeons charnus, récoltés
au printemps avant la floraison se mangent en crudités. Les
feuilles dont le goût ressemble à l'endive et la chicorée
font des salades. Enfin, les racines, au goût de noisette et d'amandes
fraîches, se prêtent à de nombreuses préparations
culinaires.
Préparation
Lorsqu'on les pèle et qu'on les coupe, ils noircissent au contact
de l'air, c'est pourquoi il faut les placer dans une eau vinaigrée
ou citronnée pour éviter l'oxydation. Pour les préparer,
il est préférable de porter des gants, car la racine exsude
du latex qui tache la peau.
Le salsifis ne fait pas partie des menus courants, sans doute en raison
des difficultés de nettoyage, alors que les petites racines sont
les plus goûteuses. Pour pallier ce défaut, les producteurs
vendent des salsifis tous prêts.
Conservation
Plus vite ils sont consommés, meilleurs ils sont. On peut les
garder plusieurs jours dans le bac à légumes du réfrigérateur
dans un sac perforé pour éviter la condensation et le pourrissement.
Cuisson
Elle doit être brève. 10 minutes à la vapeur. 8
à 12 minutes pour une cuisson à l'eau bouillante.
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Ces légumes seront délicieux coupés en rondelles,
froids avec une mayonnaise ou une vinaigrette. Fondants et onctueux, ils
sont très bons dans les soupes ou les ragoûts, ou gratinés,
recouverts de béchamel ou de sauce au fromage. Ils sont excellents
en beignets.
Cuisinez-les en garniture de viande, braisés avec du veau, de
la volaille ou du poisson. Vous pouvez aussi les glacer comme les carottes.
Ils se marient bien avec la pomme de terre, l'épinard, le poireau,
le céleri, l'oignon....
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