
(Rheum rhabarbarum ou rheum ondulatum; Angl : rhubarb; All : rhabarber;
Esp et Port : ruibarbo; Ital : rabarbaro)
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Manifestement la rhubarbe n'est pas un fruit même si on l'utilise
surtout comme cela.
Provenant de Mongolie, cultivée en Chine et au Tibet depuis
des lustres, cette grande herbe vivace au gros rhizome légèrement
ramifié de la famille des Polygonacées est une plante rustique
et vivace, odorante, qui reste à la même place pendant plusieurs
saisons. Assez imposante, elle peut atteindre jusqu'à 3 mètres
de haut et ses feuilles larges, lobées, dentées, ondulées
75 centimètres de large. Majestueuse, décorative, elle peut
être cultivée comme plante ornementale. Ses grandes feuilles
peuvent servir de cachette à de petits animaux.
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Elle a l'avantage de se récolter tôt, bien avant les fruits.
Les hampes florales doivent être éliminées avant leur
épanouissement, les pétioles ne doivent pas être coupés
mais arrachés proprement en les tordant vers l'extérieur.
Les feuilles très riches en acide oxalique sont toxiques. Seuls
les longs pétioles et les hampes florales non ouvertes sont comestibles.
Aujourd'hui on ne consomme plus les fleurs, mais seulement les pétioles,
les tiges. Mais, très acides, ils sont immangeables crus et doivent
être cuits avec du sucre.
Les Britanniques qui apprécient beaucoup la rhubarbe en cultivent
différentes variétés. Il y a deux récoltes
l'une entre mai et juillet, l'autre entre septembre et novembre selon la
variété. La Timperley Early est une précoce
aux pétioles fins et la meilleure à forcer. La Queen Victoria,
tardive, vigoureuse produit jusqu'en été. La Glaskin's
Perpetual peut être mangée en fin d'été,
elle contient peu d'acide oxalique.
La rhubarbe commerciale est souvent cultivée sous châssis
dans l'obscurité à partir de pieds venus à l'air libre.
Toutefois elle peut être cultivée en serre comme une plante
de bordure ou forcée sous cloche avec un paillage précoce.
Les rhizomes de rhubarbe protégeraient les pe-tsai, les
choux de Chine des hernies et des mouches des racines.
En France, l'Alsace est la première région productrice.
La rhubarbe recouverte de film plastique y est récoltée dès
la fin mars, pendant trois ou quatre semaines. Le plastique réchauffe
le sol et accélère le mûrissement. Les parcelles non
recouvertes de plastique donnent un mois plus tard. On trouve la rhubarbe
de début avril à la mi-juin chez les commerçants.
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Les Chinois connaissaient déjà la rhubarbe trois mille
ans avant notre ère et utilisaient les racines dans leur pharmacopée.
Elle fait également partie de la pharmacopée ayurvédique.
Son nom viendrait du préfixe rha qui en grec désigne
la Volga et du latin barbarum qui désigne les barbares.
Les premières racines de rhubarbe parvinrent en Europe par la
Sibérie orientale, mais à partir du 10e siècle
elles étaient l'objet d'un commerce important vers l'Europe aux
mains des Arabes. Elles étaient alors considérées
comme des plantes médicinales aux vertus miraculeuses, mais on ne
les prenait pas pour le plaisir et on ignorait tout de la plante
qui produisait ses précieuses racines. La rhubarbe, de l'Antiquité
jusqu'au 18e siècle, resta une drogue d'importation rare
et coûteuse. Les Mongols en faisaient grand usage. Marco Polo mentionne
la rhubarbe dans ses écrits de même que les missionnaires
du 17e siècle en poste en Chine. Elle ne commença
à être acclimatée dans les jardins d'Europe et les
potagers qu'il y a à peu près 250 ans et dès qu'elle
devînt plus accessible, perdit alors beaucoup de son aura et de son
prestige. Autrefois on utilisait comme succédané dans les
couvents la rhubarbe des moines ( Rumex alpinus) de la même
famille des Polygonacées qui pousse dans les lieux alpestres pour
remplacer la vraie rhubarbe dont elle possède quelques unes des
qualités mais en moins prononcées.
Autrefois on disait de la rhubarbe qu'elle chassait la colère
" qui est de même couleur ". De même selon la théorie
des Signatures développée par Paracelse : " Tout ce
que la Nature crée, elle le forme à l'image de la vertu qu'elle
entend y attacher ", c'est la ressemblance qu'elle soit de couleur, de
forme, de consistance, d'odeur qui détermine l'adéquation
d'un remède. Donc le rhizome de la rhubarbe étant jaune,
il était utilisé pour soigner la jaunisse.
La rhubarbe est mentionnée en Italie en 1608 pour ses effets
laxatifs et purgatifs.
Guy Patin (1601-1672), doyen de la Faculté de médecine
de Paris, partisan déterminé de méthodes traditionnelles
et figées, refusant la théorie de la circulation du sang
de Harvey, était tourné en dérision par ses confrères
qui l'appelait le " médecin aux 3 S " à cause de sa thérapeutique
s'appuyant sur l'usage de la Saignée, le Son et le Séné.
Polémiste redouté, querelleur et procédurier, ce Diafoirus
mérita bien l'épigramme vengeresse de Théophraste
Renaudot, fondateur de la première revue médicale :
" Nos docteurs de la Faculté,
Aux malades s'ils rendent la santé
Ont besoin de l'apothicaire,
Mais Patin, plus adroit, de par la charité,
Avec les " 3 S " les enterre. "
Refusant tous les produits nouveaux introduits à la suite de
la découverte du Nouveau Monde, Guy Patin n'admettait que les remèdes
végétaux les plus élémentaires parmi lesquels,
la rhubarbe, la chicorée, le citron, le sirop de fleurs de pêcher
et le séné. La " rhubarbe du Levant " qui arrivait de Chine
par les caravanes qui traversaient l'Inde pour rejoindre la Caspienne,
le Syrie ou le golf persique était en concurrence avec le séné
: " Passes moi la rhubarbe, je te passerai le séné ". Selon
Pierre Pomet, épicier et droguiste, auteur en 1694 d'une Histoire
générale des drogues, la rhubarbe dont la racine " purge
doucement la bile " était " un des piliers de la médecine
", et si les médecins y avaient si souvent recours c'est parce
qu'elle est de tout repos et ne fait courir aucun risque, car elle agit
sans brutalité.
L'utilisation de la plante a été décrite avec
une grande précision dans une lettre du père Parrenin, célèbre
botaniste et religieux en poste à Pékin, en 1727 à
l'Académie des Sciences de Paris.
A la fin du 17e siècle se développa un commerce
important entre la Chine et la Russie. En 1750 un marchand tartare réussit
à se procurer des semences et à faire pousser le premier
plant de rhubarbe connu en Occident et Linné, le célèbre
naturaliste suédois mort à Upsal en 1778, connu pour son
système de classification des plantes, s'extasia lors d'un voyage
en Russie sur ces plants de rhubarbe, fierté du jardin botanique
de Saint-Petersbourg.
Un consul en poste en Chine prit la peine de faire envoyer une caisse
de plants en provenance du Sichuan en France en 1867 et quelques pieds
purent être sauvés.
En Europe, ce sont les Anglais qui eurent l'idée les premiers
l'idée d'utiliser en cuisine les pétioles de rhubarbe à
la fin du 18e siècle.
Jadis, les feuilles toxiques de la rhubarbe étaient utilisées,
bouillies dans de l'eau et du savon noir, pour faire un insecticide.
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Les fibres des tiges que contient la rhubarbe ont des effets sur le
transit intestinal.
Seul le rhizome a des propriétés médicinales,
surtout celui de la variété de rhubarbe officinale (Rheum
palmatum). Il contient des anthraquinones purgatives et plusieurs hétérosides
dont l'un est doué de propriétés œstrogènes.
Il est apéritif, laxatif, tonique et vermifuge. L'usage de la racine
de rhubarbe comme purgatif, très courant en médecine chinoise,
ne doit jamais être prolongé.
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Tiges
Les tiges doivent être charnues, vigoureuses d'un vert franc
avec une bordure carmin bien marquée.
En raison de sa teneur en acide oxalique, elle doit être cuite
avec une grande quantité de sucre. Sa note acidulée se marie
bien avec le gingembre, la cannelle, l'écorce d'orange, le citron,
les filaments de caramel.
Outre les traditionnelles confitures de rhubarbe, vous pouvez faire
une excellente confiture en mêlant à part égale rhubarbe
et fruits rouges.
Elle est rare sur les marchés mais les grandes marques de surgelé
proposent de la rhubarbe en tronçons qui a été blanchie.
Vous pouvez la congeler vous-même après l'avoir blanchie,
mais ne congelez que les tiges jeunes et fraîches sans fils. Nettoyez
la rhubarbe, lavez-la et coupez-la en tronçons de 2,5 cm environ.
Faites-la blanchir, puis rafraîchissez-la à l'eau glacée,
épongez. Placez les morceaux avec du sucre dans un sac spécial
congélation, fermez, étiquetez et congelez.
On peut en faire du vin et des apéritifs. Les Chinois se servent
de rhubarbe pour colorer et aromatiser des eaux-de-vie. Aux États-Unis
la rhubarbe est utilisée dans des boissons non alcoolisées
pour les alcooliques repentis. D'ailleurs la décoction de rhubarbe
et de piment des jardins leur est recommandée en phytothérapie.
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