Il existe des espèces de pruniers provenant des trois grands
continents, Amérique du Nord, Asie et Europe.
Le prunier, mei, cultivé depuis trois mille ans en Chine,
et sa jolie fleur sont le symbole de l'intégrité inviolable
du lettré confucéen. " Au solstice d'hiver, les Chinois dessinent
les contours d'une branche de prunier avec 81 pétales. Chaque jour,
on peint un de ces pétales en couleur; et quand les neuf neuvaines
de pétales sont remplies, le printemps est venu. "
Le prunier est le symbole à la fois de janvier et de la venue
du printemps. Sa floraison précoce et prolongée qui
indique le renouveau, la jeunesse, et sa résistance aux intempéries
en ont fait le symbole de la droiture et de l'indomptabilité.
C'est aussi un emblème de pureté les fleurs apparaissant
sans feuilles. Avec le pin et le bambou, il fait partie des Trois amis
des temps froids, ceux de la vieillesse et de l'hiver.
Pour exprimer un souhait de bonheur ou de plaisir, on mêle
les fleurs de prunier aux fleurs de pêcher.
Sur les vases, il y a un motif récurrent de fleurs de pêcher
en fond de craquelures en bleu. Les craquelures évoquent la glace
qui se rompt et flotte sur les rivières à la fonte des neiges.
Ces vases étaient offerts comme vœux de bonheur et symbole du printemps.
En Europe, on a retrouvé des noyaux de prunes dans des vestiges
d'habitation lacustre datant de l'âge de pierre. En Égypte,
des pruneaux on été découverts dans la tombe de Kha,
l'architecte de Thèbes. Les Grecs et les Romains connaissaient les
pruniers, apparus à Rome au premier siècle avant notre ère.
Martial écrivit : " Prends des prunes qu'ont ridées la vieillesse
et les lointains voyages; elles soulagent le ventre dur ". Dioscoride affirmait
qu'elles constipaient, le second qu'elles étaient laxatives.
Au Moyen Âge, on en dénombrait sept variétés.
L'une d'entre elles fut rapportée par les croisés après
leur échec devant Damas, ville où poussaient de nombreux
pruniers, en 1148. L'expédition qui fut un désastre, eut
néanmoins un résultat, l'introduction des prunes violettes
de Damas en Europe. Partis délivrer le tombeau du Christ, les croisés
s'en revinrent avec de nouveaux fruits. On ne manqua pas de dire qu'ils
s'étaient battus " pour des prunes...", d'où l'expression
populaire si courante.
Elles figuraient dans la pharmacopée arabe comme laxatif. Mais
la controverse entre Dioscoride et Galien rebondit à la Renaissance.
Ce fut Galien qui l'emporta et les prunes devinrent le plus simple et le
plus efficace des médicaments contre la constipation. Matthiole
essaya de ménager la chèvre et le chou : " Il est tout à
fait notoire que les prunes de Damas laschent commodément le ventre
quand on en mange : mais, néanmoins, par après, elles le
tiennent clos et resséré ".
Les variétés se multiplièrent et trois d'entre
elles portent des noms historiques. La reine Claude, première épouse
de François 1er, " la fleur et perle des dames de son
siècle, un miroir de bonté, sans aucune tache, et qui fut
moult regrettée " donna son nom à la reine-claude rapportée
d'Orient par le botaniste Pierre Belon. Une autre variété
violette est dédiée à Gaston d'Orléans, frère
de Louis XIV, plus connu sous le nom de Monsieur : elle fut donc nommé
la prune de Monsieur. Enfin, Rolland-Michel Barrin, marquis de la Galissonière,
de retour d'un voyage au Canada, donna son nom à ce fruit qu'il
rapporta de son séjour outremer.
Lors de la veille de Noël, le duc de Guise se rendit chez Henri
III, et pria le secrétaire du roi de lui offrir de ces prunes de
Brignoles confites que le souverain appréciait tant qu'il en avait
toujours sous la main. Après en avoir goûté quelques
unes , il fut introduit dans la pièce où des hommes de main
lui réglèrent son compte.
Les pruniers de la variété européenne ou
commune ont été introduit en Amérique en 1856 par
Louis Pellier, un Français qui élevait des plants en pépinière,
et était venu en Californie en 1848 à la recherche de l'or.
Il en revint à son métier d'origine et, avec son frère
Pierre, il commença la culture dans le sud-ouest des États-Unis.
[HAUT DE LA PAGE] 
Protection
Au Japon le prunier fait partie des plantes de bon augure.
Dans le monde antique, il avait la réputation d'éloigner
les mauvais génies.
Le hasard fait parfois bien les choses, en effet des jeunes gens qui
se déclarent leur amour par inadvertance sous un prunier aurons
une union heureuse.
Une branche de prunier fleuri suspendu à la cheminée
guérit les maux de gorge.
Planter un prunier dans son verger le rend prospère.
Clef des songes
En Belgique, selon la croyance populaire, rêver de prunes annonce
de bonnes nouvelles.
Le fruit du prunier est de signification érotique et trahit
un désir de jouissance sexuelle selon les spécialistes de
l'interprétation des rêves.
Mauvais présage
Pour les Anglo-Saxons, un prunier qui fleurit en décembre est
de mauvais augure. Il annonce une mort dans la famille de son propriétaire.
Fécondité
En Amérique du Nord chez les Indiens Pwanees, le prunier sauvage,
très prolifique, est un symbole de fécondité.
[HAUT DE LA PAGE] 

La prune est énergétique, diurétique, désintoxicante
et stimulante.
Selon les variétés, le degré de maturité,
et aussi les conditions de culture (en particulier l'ensoleillement), la
composition de la prune peut varier assez sensiblement. Ainsi, elle fournit
en moyenne 52 calories aux 100 g. Mais pour les variétés
les plus sucrées, cette valeur peut atteindre 65, voire 70 calories.
C'est la teneur en glucides de la prune qui détermine le niveau
énergétique du fruit : elle est en moyenne de 12 g aux 100
g. Les prunes les moins chargées en glucides correspondent en général
aux variétés précoces. Les plus sucrées sont
les reines-claudes (dont on connaît la tendance à se craqueler
pour laisser échapper un peu de jus très concentré
en sucre) et bien sûr, les prunes d'Ente qui, une fois séchées,
donnent les pruneaux.
Ces glucides sont constitués en majorité par des sucres
simples, et en particulier par du glucose (30 à 38 % des glucides
totaux) et du fructose (20 à 28 % du total). On y trouve aussi du
saccharose, et des pentosanes. Il faut noter la présence de sorbitol,
un " sucre-alcool " dérivé du glucose : après les
myrtilles et les framboises, la prune est le fruit qui en renferme le plus
(3 g aux 100 g en moyenne, et parfois jusqu'à 4,5 g).
Les autres constituants énergétiques ne jouent qu'un rôle
négligeable dans l'apport calorique : les protéines ne dépassent
pas 0,8 % (une teneur comparable à celle de la plupart des fruits
frais); et les lipides sont présents uniquement à l'état
de traces (mais ils sont l'un des constituants essentiels de la "pruine",
cette couche superficielle brillante qui recouvre les prunes fraîchement
récoltées).
Lorsqu'elle est mûre à point, la prune est parfumée,
douce et bien sucrée. En effet, au fur et à mesure de la
maturation, les essences et esters aromatiques se développent. Le
taux des glucides augmente, et celui des acides organiques a tendance à
diminuer.
Arivée à maturité, la prune renferme 1 à
2 % de ces acides organiques (ils se forment dans les végétaux
à partir des glucides). Il s'agit en majorité d'acide malique
(de saveur assez peu acidulée, et qui constitue aussi l'acide organique
dominant de la poire, par exemple). En bien moindres proportions, on trouve
l'acide citrique, et d'autres acides organiques (acides férulique,
paracoumarique, caféique et salicylique, fréquents dans les
végétaux).
La prune se situe parmi les fruits les mieux pourvus en fibres : leur
taux est supérieur à 2 % (et le plus souvent compris entre
2 et 2,5 %). Selon les variétés, l'apport de cellulose est
plus ou moins élevé (en moyenne, 15 % des fibres totales).
Mais c'est la pectine qui domine, avec une teneur de 0,6 à 0,9 g
aux 100 g (une teneur qui varie notamment selon le degré de maturité,
et les variétés).
La prune renferme des vitamines très variées :
- Vitamine C : sa teneur est modeste pour un fruit frais (3 mg aux
100 g en moyenne, ce qui la place au niveau de la poire ou du raisin).
Mais la présence de pigments anthocyaniques ayant une activité
"vitamine P"* renforce considérablement l'activité de cette
petite quantité de vitamine C. Ces pigments anthocyaniques sont
particulièrement abondants dans les prunes violettes. Ces substances
augmentent la résistance des capillaires sanguins, et leur présence
est indispensable, en association avec celle de la vitamine C, pour prévenir
les manifestations du scorbut. On leur reconnaît aujourd'hui d'autres
effets précieux dans la lutte contre les radicaux libres (facteurs
de vieillissement et d'altération des cellules).
- Vitamines du groupe B : comme la plupart des fruits frais, les prunes
fournissent un large éventail de vitamines du groupe B qui, dans
les végétaux, accompagnent habituellement les glucides (ces
vitamines sont nécessaires aussi pour leur bonne assimilation dans
l'organisme).
- Provitamine A : selon qu'il s'agit de prunes violettes ou jaunes,
le taux est plus ou moins élevé, et il peut atteindre 0,570
mg aux 100 g dans les prunes d'Ente bien colorées. La provitamine
A, ou carotène, intervient dans les mécanismes de croissance
et de protection cellulaire, et le besoin quotidien est estimé entre
2 et 5 mg.
- Vitamine E : la prune en fournit 0,7 mg aux 100 g, ce qui constitue
un apport intéressant (la plupart des fruits frais en renferme moins
de 0,5 mg, et le besoin est évalué à 12 mg par jour).
Les minéraux et oligo-éléments sont diversifiés,
et abondants : environ 490 mg aux 100 g. De ce fait, la densité
minérale de ce fruit apparaît particulièrement intéressante
(de l'ordre de 950 mg pour 100 calories). Comme les végétaux
dans leur ensemble, la prune est riche en potassium (250 mg/100 g), et
fournit des quantités appréciables de calcium (13 mg/100
g) et de magnésium (8 mg/100 g). Il faut noter le taux de fer (de
l'ordre de 0,4 mg en moyenne) mais qui, dans certaines variétés
violettes, approche 2 mg (ce qui place alors la prune parmi les fruits
les mieux pourvus en cet élément). Le cuivre qui l'accompagne
(à raison de 0,1 mg aux 100 g) améliore son assimilation.
Enfin, la prune est largement pourvue en oligo-éléments
(manganèse, zinc, fluor, iode, etc...), qui interviennent dans de
nombreux métabolismes.
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Achat
Recherchez des prunes parfumées à peau luisante, bien
colorée, avec leur pruine (comme un frimas, une couche poudreuse
qui recouvre certains fruits).
Elles doivent obéir à une légère pression
du doigt. Fragiles, elle doivent être sans taches, bien colorées
uniformément sinon leur saveur sera altérée. Écartez
les prunes dures et peu colorées qui ne sont pas encore mûres,
ou les prunes très molles, meurtries ou tachées. Certaines
variétés de prunes complètement vertes sont excellentes
et prêtes à déguster.
Éviter de consommer une prune qui n'a pas atteint la maturité
à moins de rechercher son pouvoir laxatif !
Conservation
Laissez-les mûrir à température ambiante, mais
surveillez-les car elles mûrissent très rapidement.
Vous pouvez les garder de 3 à 5 jours dans le bac du réfrigérateur.
Les fruits doivent être parfaitement mûrs avant d’être
placés au réfrigérateur, car les fruits qui n’ont
pas atteint leur maturité perdront de leur saveur et deviendront
pâteux.
Congélation
La chair se congèle à la condition de la dénoyauter,
sinon cela donne un goût amer.
Préparation
Pour dénoyauter la prune, il suffit de couper le long du sillon,
de tourner délicatement les moitiés et de les écarter
du noyau en tirant.
Il n'est pas nécessaire de peler les prunes. Mais, si pour une
recette, c'est nécessaire, plongez-les 30 secondes dans de l'eau
bouillante, puis refroidissez-les aussitôt afin d'arrêter l'action
de la chaleur.
Évitez de surcuire les prunes, cela fait de la bouillie.