(Persica vulgaris, Prunus persica; Angl : peach; All : pfirsich ; Esp : melocoton, durazno; Ital : pesca, Chinois : tao; Russe : piersika)


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La pêche est probablement originaire de Chine. Elle est cultivée depuis l'époque romaine en Europe. Elle n'atteignit l'Angleterre qu'au milieu du 16e siècle. Les Espagnols l'introduisirent en Amérique au 16e siècle et elle si répandit si vite et si largement que certains auteurs crurent que c'était un fruit indigène en Amérique du Sud. La pêche gagna l'Australie au 19e siècle et l'Afrique au début du 20e siècle.

Le pêcher est un arbuste aux feuilles longues et dentelées de la famille des Rosacées greffé de préférence sur un prunier ou un amandier. L'exception est la pêche de vigne à la chair rouge qui se reproduit à partir du noyau. Les fleurs apparaissent avant les feuilles et sont d'autant plus roses qu'elles sont petites. C'est un arbre fragile dont la silhouette évoque le saule et qui vit environ de quinze à dix-huit ans, bien qu'il soit un symbole d'immortalité pour les Chinois.

Il y a plusieurs centaines de variétés classées selon la couleur de la chair, rouge, jaune ou blanche, l'adhérence des noyaux ridés, striés ou perforés, l'aspect de la peau plus ou moins duveteuse et pelucheuse, et plus ou moins lisse, et la période de maturité. Les arboriculteurs ne cessent de chercher à améliorer les variétés en privilégiant les variétés les moins fragiles et les plus faciles à transporter.

On distingue deux grandes variétés à chair blanche qui représentent à peu près 30% de la production et les pêches à chair jaune d'origine américaine. Les pêches à chair blanche sont plus précoces elles donnent à plein au mois de juin. Elles ont une peau fine, elles sont juteuses et délicieuses mais elles voyagent mal et supportent mal le frigorifique. Les variétés à chair jaune très présentes sur les marchés en juillet-août ont un rendement plus élevé et sont moins fragiles à transporter et elles ont tendance à envahir le marché.

Les nectarines, que beaucoup confondent avec les brugnons, sont des pêches à peau lisse et brillante dont la chair blanche n'adhère pas au  noyau contrairement aux brugnonsqui ne sont pas des pêches mais des hybrides de la pêche et de la prune et dont le noyau est adhérent et la chair jaune. Cette différence est difficile à vérifier car actuellement il existe de plus en plus d' hybrides de nectarines et de brugnons.
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La pêche est cultivée en Chine depuis des temps immémoriaux, et les plus anciennes poésies célèbrent ses fleurs, symbole de renouveau. Des gravures du 10e siècle avant notre ère montrent des pêches. Confucius les mentionne dans un de ses ouvrages. La pêche est arrivée au Moyen-Orient par la route des caravanes. Elle n'est mentionnée ni dans les textes sanscrits, ni dans les textes hébraïques. C'est à Alexandre le Grand que l'on attribue l'introduction de la pêche dans le monde gréco-romain. Introduite en Italie sous le règne d'Auguste, les Romains l'appelèrent d'abord malum persica, " pomme perse ", puis pessicum, pessica et pesca.

Si Théophraste trois cents ans av. J.C.  la nomme " pomme de Perse ", c'est parce qu'il la croyait originaire de la Perse. Pline en cite plusieurs variétés, mais ne semble pas en faire très grand cas, car il leur reproche d'avoir plus d'eau que de parfum. En outre il prétend que bien qu'elles soit aqueuses, elles donnent soif. ll compare les abricots aux pêches et il les préfère nettement aux pêches: " Ils sont du même genre que les pêches, mais ils les surpassent de beaucoup en bonté : ils ne se corrompent ni ne s'aigrissent, comme elles dans l'estomac, paraissent généralement plus agréables et sont par conséquent plus faciles à digérer. "  Il affirme que les pêches n'ont été introduites de Perse que récemment et raconte que la transplantation de pêchers sur l'île de Rhodes ayant échoué, les arbres ont été envoyés en Italie.

Une fresque d'Herculanum montre des pêches près d'une carafe d'eau. L'une d'elle a été croquée et laisse apparaître son noyau rouge et ridé.

Le prêtre italien Venance Fortunat, chapelain de la reine Radegonde au 6e siècle, et incorrigible goinfre doté d'une solide réputation de pique-assiette, eut une indigestion mémorable après le dessert que lui offrit un certain Mummolenus au cours d'un repas à Soissons : " On me présenta d'abord les doux fruits que le vulgaire appelle des pêches; on ne se lassait pas de m'en donner et je ne me lassais pas d'en manger; bientôt j'eus le ventre tendu comme celui d'une femme près d'accoucher; j'admire comment je pus me dilater à ce point. Le tonnerre grondait en moi avec des roulements divers, tournicotant mes entrailles. Il y faisait grand vent."

Le Capitulaire  De Villis de Charlemagne recommandent la diffusion du pêcher qui était alors cultivé en plein champs. Ce n'est qu'à la Renaissance que l'on " redécouvrit" la culture en espalier pratiquée depuis longtemps par les Chinois.

Au Moyen Âge, on trouve trace d'une recette du 13e siècle de canard sauvage aux pêches et à la réglisse. Un plat que pourraient réactualiser les grands chefs d'aujourd'hui!

Ce fruit délicat resta longtemps exceptionnel. Selon les conceptions médiévales, la pêche avait un statut élevé dans la hiérarchie des aliments. Plus une plante poussait haut, plus sa consommation était considérée comme noble. Tout comme dans le domaine animal les volatiles étaient placés au sommet de la hiérarchie, dans l'univers végétal, les fruits poussant en l'air étaient vus comme supérieurs aux légumes, et plus encore supérieurs aux légumes enterrés. Les bulbes et les racines en contact étroit avec la terre et ayant leur partie comestible enfoncée dans le sol étaient tout en bas de la hiérarchie alimentaire, tout juste bons pour les petites gens. L'agronome Pietro Crescenzi écrit que " l'humeur nutritive de la plante est insipide dans la racine, et plus elle s'éloigne, plus elle acquiert une saveur convenable ". Un de ses collègues, Corgnolus de La Corgne affirme que " beaucoup de fruits sont savoureux au sommet des arbres, mais ramassés par terre, ils deviennent insipides à cause de la prédominance aqueuse."
Un auteur italien du 15e siècle Sabadino degli Arienti met en scène dans une nouvelle, un gros propriétaire terrien Messire Lippo qui, las de se faire voler ses pêches, fait surveiller son verger et surprend le voleur, un petit paysan Zuco Padella. Il lui dit: " Une autre fois, laisse les fruits des gens comme moi et mange ceux des tiens, c'est-à-dire les raves, l'ail, les poireaux, les oignons, les échalotes, avec du pain de sorgho... ", une fois qu'il a été découvert, capturé et " lavé " à l'eau bouillante.

Autant et même plus que le vol, Messire Lippo lui reproche de transgresser l'ordre social, de miner la hiérarchie, de s'attaquer aux privilèges de classe, car il y a des aliments pour les seigneurs, ce que sont les pêches, et des aliments pour les pauvres et chacun doit manger selon sa " qualité ". C'est d'ailleurs ce qu'affirment toutes les autorités en matière de médecine, de botanique ou d'agronomie de l'époque. Déjà dans le roman courtois Tirant le Blanc de Johannot Martorell, quand le comte-ermite renonce à l'austérité pour se convertir à la vie courtoise de gentilhomme, il passe un test: " De nombreuses variétés de mets lui furent offerts sur la table, et lui, expert et savant, ne mangea pas autre chose que les bons mets, en négligeant les autres ". Comme le résume très bien Massimo Montanari dans La Faim et l'abondance : " Manger " selon sa qualité " est en effet une nécessité physiologique: tous les médecins depuis Hippocrate l'avaient confirmé. Le tout était de s'entendre sur le sens à donner au mot à la fois très clair et ambigu de qualité. Dans l'Europe du XIVe au XVIe siècle, l'imaginaire culturel des classes dominantes semble ne pas avoir de doute à ce propos: la qualité, c'est le pouvoir. Les choses deviennent alors plus simples, puisque rôle social et comportement alimentaire se confirment l'un l'autre, et avec une évidence immédiate. Aux estomacs des gentilshommes des nourritures précieuses, élaborées et raffinées (précisément celles que le pouvoir et la richesse permettent de consommer et de montrer quotidiennement sur sa table); à l'estomac des pauvres, des aliments communs et grossiers."

Pire, selon les scientifiques, c'est une nécessité physiologique.

" En définitive, écrit Massimo Montanari, la correspondance entre " qualité de la nourriture " et " qualité de la personne " n'est pas donnée comme une simple donnée de fait, liée à des situations occasionnelles de bien être ou de besoin. Elle est postulée comme une vérité absolue et pour ainsi dire ontologique: bien manger ou mal manger est un attribut intrinsèque de l'homme, tout comme est intrinsèque (et, il faut le souhaiter immuable) son statut social ".

Les médecins se sont toujours accordés pour conseiller la pêche aux dyspeptiques, et au Moyen Âge ils vantaient ses qualités digestives et diurétiques, mais certains l'accusaient d'être vénéneuse. Mais tous se méfiaient  de son " humidité "et conseillaient de la manger en entrée.

Si dès l'Antiquité, ils se méfiaient du fruit, ils appréciaient les fleurs et les feuilles pour leurs vertus sédatives et purgatives. Henri Leclerc nous rapporte que " le sirop de pêcher était un des rares purgatifs qui trouvât grâce aux yeux de Gui Patin, dont l'arsenal thérapeutique se réduisait ordinairement au séné, au son et à la saignée, ces trois "S " avec lesquels Théophraste Renaudot l'accusait charitablement d'envoyer ses malades dans un monde meilleur..." Voltaire et Louis XV utilisaient le sirop de pêcher contre la constipation.

Du temps de François 1er, il y avait une quarantaine d'espèces de pêche dont certaines portent des noms charmants comme le téton de Vénus, l'admirable, la belle de Vitry, la belle de Chevreuse... qui conviennent à ce fruit sensuel. Beaucoup de pêches étaient cultivées en Île de France là où s'élèvent aujourd'hui des cités-dortoirs car les moyens de transport d'alors ne permettaient pas d'acheminer ces fruits fragiles du Midi, pas plus que d'Italie ou d'Espagne comme c'est le cas aujourd'hui. Vu le climat, malgré la culture en espalier et les soins attentifs des arboriculteurs, les pêches n'arrivaient à maturité qu'à la fin de l'été, deux mois plus tard que dans le Midi. C'est ainsi que Jean-Baptiste de La Quintinie qui leur fit une grande place dans le Potager du roi les classe parmi les fruits de septembre: " C'est le véritable mois des bonnes pêches, tout en regorge de tout côtés, ce n'est que par grandes pyramides qu'on en sert à chaque repas... chacune mûrissant règlement selon l'ordre de maturité que la nature a établi pour elles, er cela sans doute afin de leur donner lieu de fournir copieusement et successivement toutes les parties du mois entier...". Bien entendu il pratiquait la culture en espaliers dans les jardins du roi Louis XIV qui raffolait des pêches et il insistait sur "  l'idée de beauté que demandent les espaliers. Pour faire que des espaliers aient la beauté qui leur convient, je crois qu'il faut principalement que toutes les branches de chaque arbre, en garnissant sur les côtés l'endroit de la muraille qu'ils doivent garnir, soient si bien tirées et si également placées à droite et à gauche que dans toute leur étendue, à les prendre d'où chacune commence jusqu'à toutes les extrémités de leur hauteur et de leur rondeur, on ne puisse apercevoir aucune partie de l'arbre ni plus vide ni plus pleine que l'autre, en sorte que d'un coup d'œil, on voit distinctement tout ce qui le compose jusqu'à pouvoir compter si on veut..." La Quintinie appuyait ces espaliers à des murs blancs qui reflétaient la chaleur solaire, comme on le pratiquait en Chine depuis longtemps.

La Quintinie qui savait que le plaisir de la table peut aussi être plaisir des yeux, écrit: " Ce mérite paraît encore quand on coupe la pêche avec le couteau, qui est, ce me semble, la première chose à faire à qui la veut agréablement manger quand on est à table et pour lors, on voit tout le long de la taille du couteau comme une infinité de petites sources qui sont, ce me semble, les plus agréables du monde à voir... "

D'après Alexandre Dumas, c'est Girardot, un ancien mousquetaire reconverti dans l'agriculture qui, faute d'espace suffisant dans son jardin, en 1695 aurait introduit la culture sur espaliers devant  un mur blanc dans sa propriété du village de Bagnolet. Il raconte qu'il aurait fait parvenir douze pêches superbes à Louis XIV alors qu'il chassait. Admiratif, le roi aurait été voir les espaliers qui donnait des fruits si magnifiques et si délicieux et lui aurait, outre une pension, accordé le privilège de présenter chaque année une corbeille de ses plus belles pêches.

On raconte que Madame de Récamier, malade et refusant toute nourriture retrouva le goût de vivre grâce à une coupe de pêches au sirop et à la crème.

Henri Leclerc rapporte une anecdote à propos de Louis XVIII qui lui aussi raffolait des pêches: " Un matin, Saturnin, jardinier de Louis XVIII, confie à son enfant deux pêches magnifiques, dessert attendu du roi; l'enfant met soigneusement les fruits dans un panier et les porte à sa Majesté. A la vue de ses pêches sans pareilles, Louis XVIII, voulant louer l'enfant, le fait venir, le fait asseoir et, séance tenante, savoure avec délices la plus belle des deux pêches. Quelle volupté ! Le fruit est d'une suavité incomparable, et l'enfant est futé, mutin, charmant:

" Petit, lui dit le roi, tu me plais : prends cette seconde pêche et mange-la. _ Volontiers ", fait le gamin ravi. Et, tirant de sa poche un couteau rustique, il se met à peler délicatement le fruit que le roi lui a donné: " Malheureux ! s'écrie Louis XVIII en saisissant de sa main gonflée par la goutte la main de l'enfant. Tu ne sais donc pas, petit sot , qu'une pêche ne se pèle jamais ?_ Je vais vous dire raconte tranquillement l'enfant : en route, j'ai laissé tombé mon panier en cueillant des mûres et les pêches ont roulé dans la crotte ".

Sous le règne de la reine Victoria, il était de rigueur de présenter dans les dîners élégants une pêche dans un écrin de coton.
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Fièvres et maladies
Le pêcher a un effet bénéfique sur les états fébriles. Les Marseillais recommandent aux malades de sommeiller sous un pêcher le dos bien appuyé au tronc. En Provence, les noyaux de pêche bénies à la fête de Saint-Césaire guérissent la fièvre et protègent du malheur.

En Italie, on pense se débarrasser des verrues en enterrant des feuilles de pêcher dans le sol. En Sicile, manger un fruit cueilli sur un pêcher ou mordre dans l'écorce d'un pêcher guérit du goitre, mais l'arbre dépérit et meurt par la suite.

Bois de pêcher
Il fait d'excellentes baguettes divinatoires.

En Chine, le pêcher est l'objet de nombreuses superstitions. Un bâton de pêcher sert à exorciser et à protéger des esprits malfaisants et des " mauvaises vapeurs ". C'est pourquoi les prêtres taoïstes ont choisi le bois de pêcher pour façonner les sceaux avec lesquels ils scellent leurs amulettes et leurs talismans. Ils en font également un pinceau divinatoire, le ki-pi, espèce de fourche laquée de rouge, dont les mouvements rendent l'oracle grâce aux caractères qu'il dessine.

Le bois y sert aussi à faire des figurines que l'on place au-dessus des portes au nouvel an pour éloigner les mauvaises influences et à faire des berceaux car, selon les Chinois, il assure la longévité.

D'après la légende c'est l'empereur Houang-Ti qui eut l'idée de remplacer les gardiens de la Porte des Revenants par leurs figurines en bois de pêcher. Cette porte s'ouvre à la fourche des branches du pêcher d'Immortalité, un pêcher énorme de 3000 lis de tour, si gigantesque qu'il faut mille hommes se tenant par la main pour l'embrasser. Les gardiens de la porte d'où sortent subrepticement les esprits étaient chargés de s'emparer des revenants malfaisants désireux de revenir tourmenter les vivants et de les jeter en pâture aux tigres. Depuis que les gardiens ont été remplacés par les figurines, les mauvais ne peuvent plus passer en douce et doivent rebrousser chemin.

Dans l'art chinois on trouve fréquemment sur des vases ou des plats en porcelaine un décor de rameau de pêches pour signifier la longévité et de chauves souris pour le bonheur.

Les "noyaux merveilleux"
Pour obtenir un pêcher dont tous les noyaux des fruits porte le nom d'une personne, voilà comment il faut s'y prendre. Il faut prendre une des pêches et enfouir le noyau, six ou sept jours, le temps qu'il s'ouvre. Ensuite on écrit son nom avec du cinabre et on referme le noyau et on le remet dans le sol. Il n'y a plus qu'à attendre que pousse l'arbre aux " noyaux merveilleux ".

Encre magique
Colin de Plancy, auteur en 1863 de la 6e édition d'un Dictionnaire infernal, relève à l'article  " Secrets merveilleux ", cette curieuse recette pour la fabrication d'une " encre pour noter les sommes qu'on prendra dans les trésors cachés et pour en demander de plus fortes à Lucifuge dans les nouveaux besoins. ":

" Prenez des noyaux de pêche sans en ôter les amandes, mettez-les dans le feu pour les réduire en charbons bien brûlés; alors retirez-les, et, lorsqu'ils sont bien noirs, prenez-en une partie, que vous mêlerez avec autant de noir de fumée; ajoutez-y deux parties de noix de galle concassées; faites dans l'huile desséchée de gomme arabique quatre parties; que le tout soit mis en poudre très fine et passée par le tamis. Mettez cette poudre dans de l'eau de rivière. Il est inutile de faire remarquer que tous les objets décrits ci-dessus doivent être absolument neufs. "
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Outre leur 85% d'eau et  leurs 12% de sucre, les pêches, assez peu nourrissantes (55cal/100g), contiennent beaucoup d'oligo-éléments, du soufre, du potassium, du phosphore, du sodium, du calcium, du chlore, du fer, du zinc, du manganèse, du bore, des vitamines A, B1, B2, PP, C.

La pêche, très digeste même pour les estomacs fragiles ou fatigués, est apéritive, diurétique, laxative, dépurative, vermifuge et antispasmodique. Si vous souhaitez bénéficier de toutes ses vertus nutritives et digestives, il faut les manger avec la peau bien lavée.

Il faut choisir les pêches à point car pas assez ou trop mûres, elles provoquent la diarrhée.

Tisane:
Les tisanes de fleurs sont laxatives, sédatives et antispasmodiques, tandis que les tisanes de feuilles sont diurétiques et purgatives.

Attention!
  • Il faut respecter les doses prescrites pour ne pas arriver à une intoxication par l'acide cyanhydrique, car outre une huile essentielle et une amygdoline, les feuilles et les fleurs en contiennent des traces, à un moindre degré que l'amande du noyau.

Sirop:
Le sirop de fleurs de pêcher est calmant et laxatif. On en donnait jadis aux enfants pour le traitement de la coqueluche, pour calmer les quintes de toux.

Voltaire et Louis XV utilisaient le sirop de pêcher contre la constipation.

Noyau:
Il ne faut pas manger l'amande du noyau qui contient de l'acide cyanhydrique qui est un poison dangereux. Par contre certains en faisaient  une pâte ou de l'huile sédative qui aurait soulagé  maux de tête, brûlures, hémorragies et douleurs d'oreilles.

Dans l'Antiquité, ces préparations avaient la réputation de protéger de l'ivresse et de calmer les migraines.

Beauté:
La pulpe de pêche a les mêmes vertus cosmétiques que celle de l'abricot. La pulpe de pêche écrasée constitue un excellent lait de beauté astringent qui resserre les pores de la peau. Le jus est un excellent tonique pour la peau.
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D'une façon générale les variétés à chair blanche sont plus parfumées et plus sucrées que celles à pulpe jaune. Mais ces dernières, plus fermes, se prêtent mieux à la cuisson et aux conserves.

Si l'on enlève le noyau qui donne un goût amer, la pêche se congèle assez bien.

Astuces:
  • Il faut choisir les pêches à point car, pas assez ou trop mûres, elles provoquent la diarrhée.
  • Achetez des fruits sans taches, pas trop gros. Évitez de les palper, ce qui laisse une meurtrissure et les abîme. Vous pouvez tester leur fraîcheur en posant délicatement la paume sur la peau. Le duvet doit irriter la peau. S'il est doux, c'est que la pêche a été cueillie il y a plus de deux jours.
  • Vous pouvez manger la peau riche en fibres et en vitamines à la condition d'avoir soigneusement lavé le fruit.
  • Ne consommez pas l'amande contenue dans le noyau, elle contient un poison violent, de l'acide cyanhydrique appelé aussi acide prussique.

Conserves:
En conserverie, c'est la Pavie une variété ancienne dont la chair jaune adhère au noyau qui est la plus utilisée. Elle a un arôme tout particulier du à la silice qu'elle contient. Les industriels emploient aussi la Dixie Red à chair jaune assez insipide, mais grosse et de bonne tenue.

Le marché de la pêche en conserve porte sur 450 000 tonnes, quatre fois plus que l'abricot.

Au niveau de la CEE, de loin le plus gros marché, la moitié de la production vient de Grèce, tandis que le reste vient d'Italie, d'Espagne et d'Afrique du Sud.
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Chine:
La pêche est considérée comme un symbole du printemps et de pérennité.

Dans l'art chinois on trouve fréquemment, sur des vases ou des plats en porcelaine par exemple, un décor de rameau de pêches pour souhaiter la longévité et de chauves souris pour le bonheur car par homophonie ta fou peut se traduire soit par grande chauve-souris, soit par grand bonheur. Lorsque les deux sont accompagnées du sceptre jou-i, le sens devient : " Puissiez vous connaître une longévité et un grand bonheur conforme à vos souhaits" , car l'expression homophone jou-i signifie " comme vous le souhaitez".

C'est un symbole de renouvellement et de fécondité, un emblème du mariage. Un décor de fleurs de pêcher évoque l'harmonie dans le mariage et le second mois de l'année. Les mots  "pêche " et "mariage " s'écrivent avec le même caractère tao. Selon la légende les pêches apportent le bonheur aux nouveaux mariés parce que la période la plus propice aux mariages heureux est à la première lune du nouvel an chinois, en février, époque où fleurissent les pêchers.

La pêche est un des attributs de Cheou-Sing, " Étoile du vieil âge ", dieu de la longévité. La pêche apporte mille printemps rapporte l'iconographie populaire. La pêche et le pêcher sont un symbole d'immortalité et les Immortels se nourrissent de fleurs de pêcher. La pêche de survivance, nourriture magique des Immortels taoïstes est le fruit du pantao, le " plateau de pêches ", un arbre fabuleux poussant dans le jardin de la Reine mère de l'Est, Siwang mou, qui tous les 3000 ans porte des fruits qui confèrent l'immortalité. Leur sève a la pouvoir de rendre lumineux le corps de celui qui y touche.

Placé à la tête des Huit Immortels taoïstes, le philosophe Tchong-li Kiuan, possesseur de l'elixir de longue vie, qui aurait vécu sous la dynastie des Han, tient une pêche ou un champignon magique à la main. Surnommé " Prince Empereur du vrai printemps " ou " Seul indépendant sous le ciel ", il  tient aussi un éventail pour chasser les êtres malfaisants et ranimer les âmes des défunts.

La vue des fleurs de pêcher fut la cause de l'illumination du moine Ling-yun, car cet arbre n'est autre que l'Arbre de Vie, ramenant celui qui y parvient au centre du Grand Tout.

Japon:
La fleur de pêcher est  associée au mariage et est un symbole de virginité et de fidélité. La couronne de fleurs de pêcher joue le même rôle que chez nous la couronne de fleurs d'oranger.

Dans la mythe d'Izanagi, celui-ci se protégea du tonnerre grâce à la pêche. Celle-ci comme en Chine joue un rôle de protection contre les influences néfastes.

C'est oui pour les Anglo-Saxons: Manger des pêches rend amoureux ! Selon Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques , c'est l'origine de la " tradition qu'ont longtemps observée les jeunes Anglaises et Américaines [...] de servir à l'homme qu'elles convoitaient d'appétissantes compotes ou de croustillantes tartes aux pêches. "

L'universitaire américain S. Cammann fait remarquer que les fleurs de pêcher se voient rarement seules dans l'art chinois. Or, cela s'explique aisément, car n'ont-elles pas tendance à tomber prématurément. Et puis ajoute-il, elles font penser aux prostituées, ces autres " fleurs de pêcher " tombées.

Le téton de Vénus est le nom d'une des variétés de pêche très appréciée dès la  Renaissance, époque où les pêches portent presque toutes des noms à connotation féminine.
 
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La pêche est un excellent fruit de bouche. La pulpe joue un rôle dans la préparation de desserts, confitures et marmelades, salades et soupes de fruits, fruits confits... Elle sert aussi à faire de délicieux chutneys à servir avec de la dinde, du canard, du porc ou du jambon froid.
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