On peut mentionner qu'il existe dans certaines régions
de l'Afrique de l'Ouest des tabous et superstitions concernant la consommation
de la patate douce : on croit par exemple qu'elle peut provoquer la diarrhée
ou rendre les hommes impuissants. Certains évitent par suite d'en
consommer.
Le mot " patate "est familier alors que rien ne l'y prédisposait.
Il vient de la langue arawak, celle qu'on parlait jadis aux Antilles, avant
que les Antilles ne s'appellent les Antilles. Il désigne aujourd'hui
ce gros tubercule assez sucré, mais en Europe où cet aliment
est rare et exotique, on précise " patate douce ". Et on a besoin
de préciser, car sans ça on assimile fatalement
la " patate " à la " pomme de terre ". Et cette " patate "-là
a pris un autre chemin étymologique : elle n'a pas transité
par l'espagnol, mais par l'anglais et c'est au départ un anglicisme
plaisant, sur le modèle " potato " qui désigne familièrement
la pomme de terre.
En tous cas, la " patate " a rencontré de nombreux emplois familiers
et expressifs : sa forme d'abord nous fait dire d'un gros nez que c'est
un nez en " patate ". Comme une " patate " veut dire très mal, et
anciennement, une " patate " a signifié une bévue, un incident,
un contretemps - un peu comme aujourd'hui un " lézard " en argot.
Et bien sûr, " en avoir gros sur la patate ", c'est en avoir gros
sur le cœur.
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Les tubercules de la patate douce constituent une bonne source de calories,
70 cal aux 100 g, dont l'organisme a besoin et qui donnent vitalité
et énergie. Les variétés à tubercules jaunes
et oranges ont une teneur élevée en vitamine A. Cette vitamine
importante ne se retrouve qu'en quantité limitée dans les
variétés à chair claire. En ce qui concerne la teneur
en protéines des tubercules, la patate douce est comparable aux
autres tubercules qui en possèdent autour de 2 g pour 100 g de tubercules
frais (à l'exception du manioc, dont la teneur est particulièrement
faible), mais si l'on se réfère à sa production de
1 kg de protéines à l'hectare et par jour, la patate douce
supplante le manioc d'un facteur de 10.
En fonction des variétés, sa teneur en sucre et en amidon
est relativement variable (entre 0,2 et 34 % de sucre et de 8 à
22 % d'amidon). La teneur en protéines varie entre 0,8 et 2 %, ce
qui suffit à apporter 5 grammes de protéines par personne
et par jour, ou même davantage, dans les pays qui en consomment beaucoup
(ce qui correspond à 10 % des besoins quotidiens). Sa teneur élevée
en vitamine A (jusqu'à 4 000 U.I. pour 100 g de tubercules frais,
selon la variété) est importante et sa teneur en vitamine
C (30 mg/100 g) est également remarquable.
Dans les pays producteurs, souvent pauvres, la purée de patate
douce, à laquelle on ajoute une très petite quantité
de lait de coco, constitue un bon aliment de sevrage pour les nourrissons.
Si les habitants utilisent les patates douces du jardin pour préparer
les repas de leur bébé, ils n'ont pas besoin d'acheter des
aliments pour bébé qui coûtent cher.
Les feuilles de la patate douce constituent un aliment sain et protecteur.
Les feuilles et les pousses tendres servent de condiments. Elles ont une
teneur en protéines d'environ 3 %. Ce sont des sources excellentes
de vitamine A et de vitamine C. La vitamine A est nécessaire pour
une bonne croissance, la santé des yeux, et pour se protéger
des maladies. La vitamine C assure la résistance des tissus, aide
le corps à assimiler le fer et facilite le métabolisme. La
vitamine B2 (riboflavine) est bonne pour la croissance et la santé
des yeux. Les feuilles en contiennent des quantités suffisantes.
La consommation de ces feuilles est à encourager. Les feuilles
vertes apportent à l'organisme les vitamines et sels minéraux
dont il a besoin. Des études montrent que les feuilles de patate
douce fournissent davantage d'éléments nutritifs, en particulier
de vitamine A, que le chou européen. Plus les feuilles sont sombres,
plus elles contiennent de vitamine A.
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