Car il est fort possible que l’orange qui s’est imposée sur
nos tables et qui n’a jamais été trouvée nulle part
à l’état sauvage, soit le résultat d’un long travail
de sélection et de perfectionnement ou d’hybridation entre l’orange
amère et un autre agrume. En tout cas elle est très postérieure
à l’orange amère, qui a été cultivée
très tôt dans tout l’Extrême-Orient et dont la culture
est mentionnée dans des textes chinois dès le 2e
siècle avant notre ère et dans le traité médical
sanscrit de Charaka
 |
Demi-soeurs de l’orange amère, les oranges douces ont d’abord
été introduites en Afrique du Nord et en Espagne dès
le 14e siècle par les Arabes. Et parallèlement,
c’est à la suite de la découverte de la route des Indes par
Vasco de Gama qu’elles auraient été introduites au Portugal
et auraient été acclimatées en Europe par les Portugais
400 ou 500 ans après les bigarades, vers la fin du 15e
siècle et le 16e siècle. Dès les premiers
échanges avec le Nouveau Monde, les graines d’oranger traversèrent
l’Atlantique. |
Il existe plus d’une centaine de variétés d’oranges, toutes
très différentes les unes des autres. Quelques points communs:
la peau adhère à la pulpe. Le zeste, l'épicarpe des
botanistes, contient des poches vésiculeuses qui renferment l’huile
essentielle qui font saillie à la surface. Leurs quartiers sont
constituées de cellules géantes longues de plusieurs centimètres
qui ne sont autre que des poils transformés qui se regroupent. Devenus
pulpeux ces poils, plus ou moins sucrés et riches en acides et en
vitamines selon les espèces, naissent de la partie blanche interne
de l’écorce que l'on appelle l'albédo et qui est très
riche en pectine.
Si l'on fait abstraction des oranges amères, il y a trois grands
types d'oranges : les méditerranéennes comme la Valence,
les navels, les sanguines aigres-douces à la chair
rouge.
Les méditerranéennes comprennent l'orange de Valence
dont la chair très sucrée et acidulée est très
juteuse. C'est l'orange à jus par excellence. Elle représentent
50% de la production aux États-Unis où elles furent introduites
vers 1870. Elles sont très cultivées en Afrique du Sud, en
Amérique du Sud et en Australie.
Les navels, sans doute originaires du Brésil, introduites aux
États-Unis vers 1600, sont les oranges de bouche par excellence.
Elles ont une chair sucrée qui contient peu de pépins, une
écorce épaisse, rugueuse, facile à peler, un zeste
très parfumée. Elles doivent leur nom de navel au renflement
plus ou moins marqué qui prend l'apparence d'un nombril. Navel
signifie " ombilic " en anglais. Cet appendice, comme une petite orange
qui se développerait à l'intérieur de l'autre est
du à un ensemble supplémentaire de carpelles chez la fleur.
Elles sont cultivées sur une grande échelle en Italie, en
Espagne, en Israël, en Australie et en Afrique du Sud.
Les sanguines, hybrides apparus en Europe vers 1850, délicieusement
sucrées, savoureuses, parfumées, et souvent sans pépins,
subissent une pigmentation que le climat, la saison et le degré
de maturité contribuent à renforcer plus ou moins. Certaines
variétés, d'ailleurs, ne sont rouges qu'à l'intérieur.
Elles sont cultivées surtout en Espagne, en Italie et en Afrique
du Nord.
Les petites étiquettes portant les noms de Sunkist, Jaffa et
Outspan correspondent à des appellations commerciales. Sunkist est
le nom que ce sont choisis les 8000 membres d'une coopérative d'agrumicultures
de Californie et d'Arizona, respectant les normes de qualité d'un
cahier des charges. Jaffa a été choisi par Israël, tandis
qu'Outspan vient d'Afrique du Sud.
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