Moïse parle de l'olivier dans la Genèse en plaçant
sur le mont Ararat. D'après la Genèse l'histoire de l'olivier
remonte au déluge :
" La colombe revient sur lui le soir; et voici, une feuille d'olivier
arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que
les eaux avaient diminué sur terre. "
Des petits mortiers et des presses trouvés près de Haïfa
suggèrent une production d'huile dès le cinquième
millénaire. Chez les Hébreux, l'olivier fait partie des trésors
que Moïse promit à son peuple une fois arrivé en Terre
promise :
"Maintenant que Yahvé, ton dieu, va te faire entrer dans un
bon pays, pays de torrents d'eau, de sources et de flots qui jaillissent
dans la vallée et sur la montagne, pays du blé et de l'orge,
de la vigne, du figuier et du grenadier, pays de l'olivier, de l'huile
et du miel [...] tu mangeras et tu seras rassasié."
Le roi David commit parmi les meilleures tribus d'Israël, Baal
Hassan pour veiller sur ses oliviers et Joasch pour s'occuper de ses provisions
d'huile. D'après la Bible, le roi Salomon envoyait de l'huile à
Hiram Ier, roi de Tyr en échange de matériaux
et d'artisans destinés à la construction du temple. Il y
est question de 20 kor (1 kor vaut 450 litres) d'" huile
d'olive pressée " par an. Dans un autre passage de la Bible, Josué
et Zorobabel donnent de l'huile aux Phéniciens de Tyr et de Sidon
en échange contre du bois de cèdre. La Bible nous apprend
aussi que les fruits laissés sur l'arbre étaient destinés
aux pauvres, tandis que l'huile de première qualité, remplissant
les jarres des magasins royaux était utilisée dans toutes
les oblations et pour la préparation des galettes d'offrande.
Quoiqu'il en soit l'olivier serait originaire du Proche-Orient et l'on
sait que des moulins à huile étaient courants au troisième
millénaire avant notre ère en Syrie et en Palestine
et dans le monde égéen. On a découvert à Ougarit
dans des couches datant de l'âge du bronze, des traces d'installation
servant à faire de l'huile ainsi que de nombreux fragments de grandes
jarres destinées à la stocker.
En Crète, les fouilles du palais minoen de Mallia du deuxième
millénaire avant notre ère ont démontré que
les magasins du palais pouvaient contenir 10 000 hl d'huile. Environ 2
000 hl, dont une partie était réservée aux dieux servaient
à la ville, le reste était exporté, en échange
notamment de métaux introuvables sur son sol. Des calendriers ont
été retrouvés qui indiquent la quantité d'huile
consacrée chaque mois aux divinités du palais de Cnossos.
Au palais de Pylos dans le Péloponnèse on a également
découvert de grandes jarres et un ensemble de tablettes où
étaient inscrites les quantités d'huile offerte aux dieux.
On a découvert dans des textes égyptiens les noms des
palais crétois de Cnossos et Phaestos et des marchands crétois
sont représentés sur les murs de tombeaux datant du 15e
siècle avant notre ère.
Les Égyptiens consommaient beaucoup d'huile, et en utilisaient
une partie à des fins rituelles. Le papyrus Harris fait état
d'une donation au dieu soleil Râ de la production de l'équivalent
de 2750 hectares plantés d'oliviers par le pharaon Ramsès
III (1198-1166). Des branches d'olivier sont sculptées sur les bas-reliefs
du temple de Ramsès II à Hermopolis (13e siècle
av. J.C.).
Même si les anciens Égyptiens attribuaient la technique
d'extraction d'huile d'olive à la déesse Isis, c'est à
partir de la XVIIIe dynastie que les Égyptiens se mirent
à cultiver des arbres jusqu'alors inconnus comme l'olivier, le grenadier
ou le pommier. Ainsi de Syrie, la culture de l'olivier serait passée
en Égypte d'où il aurait été amené en
Grèce selon Homère par Cécrops, le fondateur d'Athènes,
1600 ans avant notre ère. Des tablettes de la même époque
retrouvées à Babylone mentionnent précisément
des rations d'huile dont l'une est attribuée au jeune roi hébreux
Joachim fait prisonnier en 1597 av. J.C. Au cours de l'énorme festin
d'Assurnasirpal II (883-859) où furent conviés 69 574 personnes
pour l'achèvement du palais de Kalhu et qui dura dix jours, on fit
venir d'énormes quantités d'olives de Syrie.
Après le bœuf Aleph, la maison Bêta, le chameau Gamal,
l'olivier Zai est la quatrième lettre du premier alphabet.
En Grèce, il devint vite une source de richesse. Pour les Phéniciens
et les Grecs c'était un enjeu économique considérable.
Tout autour des postes grecs et phéniciens, l'expansion des oliveraies
coïncida avec la colonisation et celle des civilisations qui s'implantèrent.
Partout où il y aura un Grec, on cultivera ces arbres et ces plantes.
D'après Plutarque, les jeunes adultes devaient prêter serment
à la patrie , " là où poussent le blé, la vigne
et l'olivier " dans le sanctuaire d'Agraule. Comme l'écrit Massimo
Montanari : " partout où l'on plantera du blé et où
l'on fera pousser de la vigne et oliviers, les Grecs auront reproduit leur
civilisation et étendu " leur patrie "." On pressa l'huile, en Sicile,
en Italie, en Provence, en Afrique du Nord, en Catalogne. Dès le
6e siècle av. J.C., les Scythes de la steppe méridionale
russe venaient s'approvisionner dans les comptoirs grecs du Pont-Euxin.
Les auteurs anciens ont chanté l'olivier. Ainsi Homère
dans l'Illiade dit :
" Par les soins d'un homme, on voit grandir dans un lieu solitaire
un beau plant d'olivier, plein de sève, arrosé par des eaux
abondantes, cet arbre que les vents en tous sens font pencher."
et dans l'Odyssée :
" Au sommet de la crête, il alla se glisser sous la double
cépée d'un olivier greffé et d'un olivier sauvage
qui, nés du même tronc, ne laissent pénétrer
ni les vents les plus forts, ni les brumes humides."
Dans l'Illiade, Ulysse décrit ainsi sa couche nuptiale :
" Dans l'enceinte de ma cour un olivier fleurissant étendait
son vaste feuillage; le tronc était aussi droit qu'une colonne.
Il fut le centre autour duquel je bâtis avec des pierres étroitement
unies, ma chambre nuptiale; l'ayant couverte d'un beau toit, et fermée
de portes solides, inébranlables, j'abats la tête chevelue
de l'olivier, et polissant avec le fer ce tronc depuis ses racines et son
contour, je l'aligne au cordeau et le travaille avec art; il est le superbe
soutien de ma couche, la tarière le perçant de toutes parts,
je n'abandonne point cet ouvrage qu'il ne sorte accompli de mes mains;
l'or, l'argent et l'ivoire y confondent partout leur éclat varié,
et je borde la couche entière de peaux de brillante pourpre. "
Quand Ulysse échoue sur l'île des Phacéens après
son naufrage, Nausicaa, la fille du roi lui donne des vêtements et
une fiole d'huile et il s'écrit :
"Je saurai [...] me laver de l'écume qui couvre mes épaules
et m'oindre de cette huile que depuis si longtemps ma peau n'a pas connue."
Le jardin d'Alcinoüs, père de Nausicaa est paradisiaque
" Ces arbres, soit l'été, soit l'hiver, étaient
éternellement chargés de fruits; tandis que les uns étaient
encore en boutons, d'autres mûrissaient à la constante haleine
du zéphyr : la jeune olive, bientôt à son automne faisait
voir l'olive naissante qui la suivait; la figue était poussée
par une autre figue, la poire par la poire, la grenade par la grenade...
"
Sophocle écrit dans Oedipe à Colonne :
" Il est un plant dont je ne sache pas qu'un pareil ait surgi jamais,
ni sur le sol d'Asie, ni sur celui de la grande île dorienne de Pelpos,
un plant indomptable, qui renaît de lui-même, un plant qui
est l'effroi des armes ennemies, et qui croît en ces lieux mieux
que partout ailleurs, l'olivier au feuillage brillant, le nourricier de
nos enfants, l'arbre que personne, ni jeune ni vieux, ne peut brutalement
détruire ou saccager. "
Virgile écrit de l'olivier :
" Dès qu'il a pris racine dans le sol et affronté le
grand air, il n'attend rien de la serpe et de la herse. Il suffit de le
déchausser avec la houe pour que la terre lui fournisse la sève
suffisante et un simple labour lui fait produire des fruits abondants.
Nourrissez donc le fertile olivier symbole de la paix."
Dès le siècle de Périclès, Athènes
payait ses importations de blé en exportant son huile d'olive classées
selon les différentes qualités que l'on connaît aujourd'hui.
La loi athénienne punissait durement ceux qui abîmaient
les oliviers. Le législateur grec Solon promulgua au 6e
siècle des lois très strictes visant à la protection
des oliviers et réglementant la plantation des oliveraies. Il était
interdit de se servir de leur bois pour se chauffer.
Les Grecs et les Romains avaient le choix entre plusieurs huiles, l'huile
omphacine faite d'olives encore vertes, assez âpre que nous n'apprécions
et ne consommons plus mais dont ils raffolaient avec les fèves,
l'huile d'olives noires en première pression, enfin l'huile ordinaire.
A l'époque de Dioclétien les prix avaient été
fixés par la loi à 40 deniers l'unité pour l'huile
vierge, olei flos ou fleur d'huile, 24 deniers pour l'huile de seconde
pression, oleum sequens, et 12 deniers pour l'huile ordinaire, oleum
cibarium.Il y avait des pressoirs aussi bien à la ville qu'à
la campagne. On a retrouvé dans la ville d'Olynthe le plus ancien
broyeur à meule tournante, l'ancêtre du trapetum de
Pompéi. On appréciait les olives confites comme la pâte
d'olive et l'on en faisait de la vinaigrette et un assaisonnement en la
mélangeant à du garum. En cuisine, l'oleo, était l'huile
par excellence. Les soldats même transplantés dans les pays
du Nord au gré des colonisations exigeaient de l'huile et du vin.
D'après Ovide, Philémon et Baucis, couple de paysans, servaient
aux hôtes de passage en entrée des olives, des radis, de la
chicorée sauvage, des oeufs cuits sous la cendre et du fromage suivis
d'un plat de chou avec une mince tranche de porc salé en plat de
résistance et des fruits et du miel en dessert. Au quotidien, le
prandium, le repas que l'on prend seul se devait d'être frugal,
végétarien et froid : pain, olives, vin, légumes cuits
arrosés d'huile, salade, figues. Par contre dans le menu d'une cena
romaine, un festin, entièrement dédiée au plaisir
partagé, le premier service était le gustatio, les
hors d'œuvre où l'on servait systématiquement des oeufs et
des olives accompagnés de pain et de vin miellé avec parfois
des mets plus sophistiqués comme des huîtres. Ensuite commençaient
les choses sérieuses et venaient les plats les plus recherchés.
Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle écrit à
propos de Tacape, l'actuelle Gabès : "Á l'ombre du fier palmier
pousse l'olivier, sous l'olivier, le figuier, sous le figuier le grenadier,
sous ce dernier la vigne, sous la vigne le blé, puis les légumineuses,
enfin les salades et toutes ces plantes sont nourries à l'ombre
des autres." Il passe en revue les différentes variétés
d'oliviers qui poussent à son époque et mentionne un olivier
dit " miliaire " ainsi appelé à cause du poids d'huile qu'il
produit chaque année (327 kilos environ). Il cite aussi une variété
très rare " plus sucrée que les raisins secs " produite en
Afrique et en Espagne. Le carthaginois Magon donne des conseils sur la
plantation des oliveraies et leur culture qui aurait été
introduite en Afrique du Nord par les Phéniciens de Carthage. Dans
De agricultura, Caton fait remarquer que les olives qui font partie
de la ration des esclaves, spécialement chargés de la production
d'huile d'olive qui fait figure de culture spéculative, ont une
grande valeur énergétique.
Columelle, contemporain de Pline donne plusieurs recettes d'olives
:
" Manières de confire les olives. Pendant la vendange en septembre
ou octobre, meurtrissez l'olive posée (posée est le nom d'une
variété), cueillie encore acerbe; pressez-la après
l'avoir fait macérer dans un peu d'eau chaude; mettez-la dans des
cruches, en y mêlant des graines de fenouil et de lentisque avec
un peu de sel torréfié, et versez par dessus du moût
tout nouveau. Alors plongez dans le vase et placez sur les olives
de manières qu'elles soient comprimées et que le jus surnage
une botte de fenouil vert. Ainsi traitées, les olives sont bonnes
à manger dès le troisième jour."
Il donne aussi une
recette de purée d'olive noire aromatisée de " sel torréfié
et égrugé, et d'autres assaisonnements secs, c'est-à-dire
du fenugrec, du cumin, de la graine de fenouil, de l'anis d'Égypte."
L'olivier jouait un rôle important dans l'alimentation mais aussi
dans la vie quotidienne, en particulier les bains et le gymnase. Après
le bain on se frottait le corps d'huile odorante. Dans les Caractères,
Théophraste se moque de l'avare qui n'apporte qu' " une toute petite
fiole ", comme du malpropre qui se contente d'huile rancie. Après
les exercices, la lutte, la course, les athlètes avaient le
corps couvert d'une couche d'huile, de sueur et de sable que l'on grattait
avec une sorte de petite serpe, le strigile, souvent représenté
sur les vases. Les maîtres de gymnase recueillaient ces rognures
et les vendaient... pour des usages médicinaux; un commerce lucratif
d'après Pline.
L'olivier était réputé faire tomber la fièvre.
Hippocrate le recommandait contre les courbatures, en cas d'ulcères,
de choléra. Pline rapportant une anecdote sur un centenaire devant
sa longévité à l'usage de l'huile, écrit :
" Il y a deux liqueurs très agréables au corps humain, à
usage interne le vin, à l'usage externe l'huile. Il écrit
que :
" Ses feuilles sont astringentes, dépuratives et resserrantes
à un haut degré; aussi mâchées et appliquées,
guérissent-elles les ulcères, et en topique avec de l'huile,
les maux de tête; leur décoction, avec du miel, guérit
les parties cautérisées par les médecins, les inflammations
des gencives, les panaris, les ulcères sordides et putrides; avec
du miel, elle arrête le sang qui s'écoule des parties tendineuses.
Leur suc est efficace contre les ulcérations charbonneuses et les
pustules autour des yeux, et pour la procidence des pupilles, aussi-en
met-on dans les collyres, car il guérit les larmoiements anciens
et l'érosion des paupières."
On se servait aussi de l'huile pour l'éclairage pour alimenter
les lampes et Démosthène se vantait d'avoir consommé
au cours de ses nuits plus d'huile d'olive que de vin. A Délos au
1er siècle, c'était le luxe, puisqu'on on recensait
une moyenne de 10 lampes par pièce. Lorsque les hommes se réunissaient
le soir pour un banquet les invités apportaient chacun de l'huile.
César exigeait de la Numidie un tribut annuel d'un tribut annuel
de trois millions de litres d'huile d'olive.
Tacite confirme que la production de Tunisie où l'on avait fait
des plantations pour fixer les nomades turbulents constituait une énorme
source d'approvisionnement.
En ce qui concerne les Étrusques on a retrouvé des noyaux
d'olives, sans doute une offrande au défunt pour son passage dans
l'au-delà dans la " tombe des olives " de Ceverteri (575-550 av.
J.C.), et dans l'épave du Giglio on a découvert des amphores
pleines d'olives en saumure.
Les premiers oliviers ont été cultivés en Italie
en Ligurie à partir de 571 av. J.C. En France, les premiers oliviers
auraient été rapportés par les Phocéens qui
fondèrent Massalia, la ville de Marseille au 7e siècle
avant notre ère, mais la production étant insuffisante on
importait de l'huile de Bétique.
Durant plus d'un millénaire après la chute de l'empire
romain, faute de textes écrits il est difficile de suivre l'évolution
de la culture de l'olivier.
Pendant la dernière partie du Moyen Âge, alors que les
oliveraies italiennes ou de Séville prospéraient, l'accroissement
des troupeaux provoqua une détérioration des oliveraies françaises
que beaucoup d'agriculteurs abandonnèrent . La Provence médiévale
était moins dotée en plantations d'oliviers que la légende
le prétend. Au 15e siècle, les oliveraies de la
région d'Aix et du Lubéron étaient insuffisantes pour
satisfaire la demande locale. Mais on en planta à nouveau à
la fin du 15e et 16e siècle en Provence et
en Languedoc. Selon un texte du 16e siècle l'olivier
ne devait être planté que par une personne chaste ou un enfant,
car " l'olive a naturellement hayne contre les luxurieux et telle que sur
une putain la plante de ses mains, l'arbre ne rendra jamais aucun fruict."
On utilisait l'huile vierge pour les salades de viandes bouillies ou
de laitue comme Ronsard. Montaigne préférait l'huile d'Italie
à l'huile de Provence.
Ce qui dénote le plus l'exil pour un Méditerranéen
c'est le manque d'huile d'olive. L'Espagnol Alonso Vazquez séjournant
en Flandre au 16e siècle se lamente : c'est " le
pays où ne poussent ni lavande, ni thym, ni figues, ni olives, ni
melons, ni amandes; où le persil, l'oignon, la laitue n'ont suc,
ni goût; où l'on prépare les mets, chose incroyable,
avec du beurre de vache au lieu d'huile... "
De son côté le
cardinal d'Aragon, qui gagne les Pays-Bas en 1517 avec son ravitaillement
et son cuisinier est du même avis : " A cause du beurre et laitage
dont on use beaucoup en Flandre et en Allemagne, ces pays abondent de lépreux
" Même son de cloche chez un ecclésiastique échoué
à Bayeux en Normandie en 1529 qui sans son huile d'olive se considère
for del mondo, c'est-à-dire hors du monde. Rien que cela !
Jean-Louis Flandrin écrit : " L'opposition entre zone de la
cuisine à l'huile et zone de la cuisine au beurre a évidemment
des fondements naturels: c'est là ou poussait l'olivier que l'on
cuisinait à l'huile d'olive et là où il ne poussait
pas qu'on avait recours au beurre [...] Mais les contraintes naturelles
étaient nuancées ou durcies par la réglementation
religieuse" en ce qui concerne le carême. Il faut savoir que le beurre
et les graisses animales sont alors bannis les jours maigres, ils doivent
être remplacés par de l'huile, huile d'olive dans le sud,
huile de noix ou d'œillette dans le Nord. Mais on en utilise peu. Les sauces
médiévales sont plutôt aigrelettes avec des ingrédients
très acides, vin, vinaigre, verjus (jus de raisin acide), et parfois
jus de groseilles, de grenades ou jus de citron ou d'orange amère...
utilisés sans doute à haute dose puisqu'il n'y a pas mention
d'autre élément liquide. En outre, elles sont maigres, liées
au pain, au jaune d'œuf, aux amandes et aux noix, au foie ou au sang, aux
végétaux et épices pilées, mais sans liant
farineux. On les adoucit parfois avec du bouillon de viande ou de poisson.
La plupart des recettes de sauces sont légères, elles ne
comportent aucune graisse qui ne vienne en tempérer l'acidité,
ni huile, ni beurre, peu de lard ou de graisses animales et parfois seulement
de la graisse de rôti. Aucune n'a survécu jusqu'à nos
jours, exception faite de la moutarde, sinon au prix de transformations
qui en ont complètement changé la nature par l'ajout de beurre
et d'huile. A la fin du 15e siècle, à peine 2%
des recettes comportent du beurre, et cela alors même que l'église
permettait enfin dans les régions productrices du nord-ouest de
l'Europe, l'usage du beurre en temps de Carême. La cuisine des jours
gras se fait encore avec des graisses animales et celles des jours maigres,
qui représentent quand même environ 150 jours par an à
l'huile.
Aux sauces acides et épicées va succéder une attirance
pour des sauces plus grasses, plus douces et plus respectueuses de la saveur
propre des aliments, du " naturel ". Les sauces grasses au beurre qui s'imposent
dans la haute cuisine européenne au 17e siècle,
et celles à l'huile qui s'en inspirent constituent une véritable
révolution du goût par rapport à celles qui étaient
en usage. C'est une évolution qui va de pair avec une progressive
mais profonde transformation des goûts des élites sociales
comme le met fort bien en lumière Jean-Louis Flandrin. " Je ne vois
pas _ écrit-il _ quelles transformations démographiques,
économiques ou techniques peuvent expliquer cette révolution
culinaire : celle-ci ne se manifeste pas sur le plan des contraintes matérielles,
mais sur la plan du désir. "
Comme l'écrit Jean-Louis Flandrin : " au cours des temps modernes,
en France, la notion de fruit a commencé à se transformer.
Non seulement, dans un sens général et juridique, le mot
a désigné, jusqu'à la Révolution française,
toutes les productions du sol _ comme en témoigne l'expression "
gros fruits " en matière de dîmes ecclésiastiques _
mais dans une acception plus particulière les olives, les truffes,
les artichauts étaient considérés au XVIe
siècle et encore au XVIIe siècle comme des fruits
à consommer au dessert. Puis au cours des XVIIe et XVIIIIe
siècles, ces aliments ont entrepris un lent voyage de la catégorie
de fruits à celle des légumes. C'est que peu à peu
l'antinomie du sucré et du salé est devenue un principe classificatoire
fondamental ". C'est en raison de cette antinomie marquée du salé
et du sucré que les voyageurs français à l'étranger
sont effarés. Gaspard de Hauteville qui passa vingt ans en Pologne
se plaignait au 17e siècle de ce qu'" ils ajoutent beaucoup
de sucre, de poivre, cannelle, clous de girofle, noix de muscade, olives,
câpres et raisins secs."
De Lamare au 18e siècle écrit : " L'olive nourrit
peu, ce n'est pas aussi un aliment fort nécessaire ny commun du
peuple, du moins dans les pays où il n'en croît pas; l'on
n'en sert ailleurs que sur les tables des Grands ou des personnages riches;
les gens médiocres s'en passent, si ce n'est dans quelques régals
ou festins de noces, ou de quelques autres fêtes ou récréations.
[...] L'olive ne commence, ni ne finit aujourd'huy les repas; on les sert
avec le roty, ou la friture, sous le nom de salade, elles portent en effet
leur huile; & le sel que la saumure leur a communiqué, en relève
le goût; mais au lieu du vinaigre des autres salades, l'on sert celle-cy
dans de l'eau fraîche."
Dans sa Géographie de la Provence de 1787, M. Achard
après avoir proclamé que : " la meilleure huile du Midi de
l'Europe, c'est celle de la Provence, la meilleure huile de la Provence,
c'est celle du territoire d'Aix " et en vrai amateur, il constate
avec désolation que : " On mange aujourd'hui de l'huile d'olive
dans les contrées les plus reculées de l'Europe. Il y a en
France quelques fabriques où l'on dégraisse l'huile, c'est-à-dire
où on la manipule pour former une liqueur limpide, à la vérité,
mais dépouillée de sa substance gommeuse et de ses sels essentiels.
Cette liqueur qu'on appelle encore huile après le dégraissage
sert à approvisionner les îles des Amériques, quelques
manufactures où l'huile est nécessaire et la table de ces
riches stupides qui dépensent sans goût comme sans choix."
On attribuait des vertus à l'huile d'olive contre le froid, les
vers et le poison.
Un membre de l'Académie royale des Sciences du 18e
siècle Lieutaud, médecin du Dauphin, se montre réservé
sur les qualités alimentaires de l'olive et de son huile :
" De quelque manière qu'on les prépare, elles fournissent
un mauvais aliment, parce que leur tissure fibreuse les empêche d'être
facilement digérées; étant par conséquent obligées
de faire dans l'estomac un long séjour, elles prennent un
caractère d'âcreté qui les rend nuisibles pour les
personnes maigres, & pour ceux qui ont des chaleurs d'entrailles. Cependant
elles excitent l'appétit, & conviennent quelquefois à
ceux qui sont tourmentés de nausées & de crudités
acides: mais le plus souvent, elles entrent comme assaisonnement de certains
mets, selon le goût des personnes. [...] C'est avec raison que l'on
regarde comme bienfaisante l'huile d'olive de la première qualité;
savoir, lorsqu'elle est douce, & prise avec modération: mais
il n'en est pas de même de l'huile cuite, sur tout dans la poêle;
le feu la rend âcre et caustique, ce dont tout le monde convient:
c'est pourquoi elle est très nuisible aux bilieux, à ceux
qui sont incommodés de la toux, & aux personnes maigres. "
Par contre pour les usages purement médicinaux, il se montre
intarissable :
"... elle est des meilleurs limimens émollients & adoucissans,
propriétés qui la font employer dans les cataplasmes, lavemens,
&. L'huile d'olives passe aussi pour résolutive; & elle
a sa place dans les classes des médicamens vunéraires &
détersifs. On recommande d'en mettre sur les piqûres faites
avec une aiguille ou d'autres corps pointus, elle calme aussi la douleur
& la démangeaison que produisent les piqûres d'abeilles,
de guêpes & de cousins. Si l'on fait cuire de l'huile avec du
vin, jusqu'à ce que celui-ci soit consommé, on a le remède
connu sous le nom de baume du Samaritain dont on fait grand cas, &
avec raison , pour le traitement des plaies récentes. Enfin on regarde
le bain ou demi-bain, fait avec de l'huile d'olives ou la lie de cette
huile, comme un des remèdes les plus efficaces que l'on ait dans
les accès de colique néphrétique & les autres
douleurs d'entrailles qui sont très aiguës, & demandent
de fort prompts secours. "
Les huiles lampantes impropres à la consommation étaient
utilisées, pour l'éclairage, dans la Marine pour graisser
les machines, dans l'industrie des textiles pour graisser des fibres textiles,
assouplir le lin et pour l' " ensimage " des tissus de laine soigné.
Si dès le 9e siècle, on faisait du savon dur à
l'huile d'olive à Marseille, c'est au 17e siècle
que furent crées les grandes savonneries de Marseille.
Jadis dans les rues de Lyon, les marchands d'olives chantaient :
" Quiconque mange des olives
Chaque jour de chaque saison
Vit aussi vieux que les solives
De la plus solide maison. "
Mariage et fertilité
En Afrique du Nord et dans le sud de l'Espagne, l'olive est réputée
favoriser la fécondité et renforcer les ardeurs sexuels des
hommes. En Algérie, dans la région de Tlemcen pour les mêmes
raisons on pose des branches d'olivier entre chaque vêtement.
En Afrique du Nord il y a quantité d'oliviers sacrés
souvent dans les cimetières. Les femmes viennent accrocher à
leurs branches des bouts de laine multicolores qu'elles nouent pour demander
la fécondité et la protection de l'Invisible. Les jeunes
filles qui veulent se marier, les femmes répudiées qui cherchent
un nouvel époux y viennent également. Les mères suspendent
aux branches le berceau vide de leur enfant mort.
En Kabylie des lampes à huile accompagnent tous les rites de
passage : naissance, mariage, labours et mort.
Dans le sud de la France les jeunes mariés devaient se taper
trois fois le derrière sur le tronc d'un olivier pour avoir une
nombreuse descendance. Paul Sébillot rapporte qu'autrefois au village
de Luc (Var), s'élevait un olivier plusieurs fois séculaire,
à un carrefour où la jeunesse se réunissait pour danser
le 1er mai. Après chaque contredanse, le danseur y conduisait
sa danseuse qui en heurtait le tronc par trois fois, avec son derrière;
dans le pays tout le monde affirmait que la jeune fille qui l'aurait négligé
aurait connu grand risque de coiffer Sainte-Catherine."
En Provence et en Corse, si l'on veut savoir si on se mariera dans
l'année, on jette des feuilles de laurier dans le feu; si elles
se retournent ou sautent dans le feu c'est bon présage, par contre
si elles brûlent aussitôt le mariage n'est pas encore en vue.
Les jeunes Italiennes font quelque chose de très similaire. Elles
jettent une branche humectée de leur salive dans le feu.
Selon Noémi Quid, auteur de Rites secrets de l'envoûtement
et du désenvoûtement, l'olivier a un heureux effet sur
la paix des ménages : " vous mettrez , si vous êtes victime
d'un époux ou d'une épouse acariâtre, quelques feuilles
d'olivier sous son matelas, à hauteur de sa tête. Vous aurez
alors le plus doux et le plus aimable des partenaires et votre vie conjugale
sera des plus heureuses."
Clef des songes
Rêver d'olives noires bien mûres est signe de joie à
venir, par contre rêver d'olives vertes est signe de colère.
Fête des Rameaux
Dans l'Europe méridionale des rameaux d'olivier remplacent les
branches de palme que Jésus tenait à la main à son
entrée à Jérusalem. Les rameaux bénis lors
de la fête des Rameaux ont de nombreuses vertus protectrices, variables
selon les régions. Jetées dans le feu, elles protègent
de la foudre, suspendues au dessus des portes des maisons elles les protègent
des maléfices et de toutes sortes de maux, plantées dans
un champ elles assurent une récolte abondante ou protègent
le champ de la grêle.
Hanoukka
L'envahisseur syrien Antiochus Epiphane qui monta sur le trône
en 175 av.J.C. avait fait profaner le temple hébreu et on y avait
même fait sacrifier des porcs. La résistance fut organisée
auteur de la famille des Hamonéens. Quand enfin ceux-ci furent victorieux
et pénétrèrent dans le temple, ils découvrirent
que tout avait été saccagé et souillé sauf
une petite jarre d'huile qui pouvait servir à alimenter le candélabre
pendant à peine une journée. Mais miracle ! celui-ci
brûla durant les huit jours nécessaires à la fabrication
d'huile fraîche. L'huile se renouvela d'elle-même. Depuis la
fête de Hanoukka, fête des lumières, dure huit jours
et chaque soir on allume une lumière nouvelle sur la hanoukkiya,
lampe réservée à cet usage.
Magie
Si l'on souffre de verrues, on peut les faire disparaître en
jetant au vent autant de feuilles d'olivier que de verrues. On peut aussi
rassembler autant d'olives provenant d'arbres différents que de
verrues et frotter chaque verrue avec une olive. Reste encore à
les enterrer côte à côte et à attendre, car c'est
quand elles auront pourri que les verrues disparaîtront.
Planter un couteau dans une oliveraie fait tomber la fièvre.
Si on souffre de mal de dents, mordre trois fois dans une olive mûre
puis la jeter dans la rivière emporte l'olive et avec elle le mal
de dents.
Astrologie
L'olivier est associé au signe des Gémeaux et de la Vierge.
Devinette
" Quelle est la chose, quelle est là chose ? ", ainsi commencent
les devinettes au Portugal.
" Verte fut ma naissance
De grand deuil me suis vêtue
Pour donner naissance au monde
Mille tourments j'ai souffert. "
Il s'agit bien sût de l'olive au sortir du pressoir.
Le temps de la récolte
Les proverbes provençaux disent : " Pour Toussaint, l'olive
à la main " et " Pour Noël, huile nouvelle ". Un chant kabyle
dit : " Bracelet de corail, au temps de l'olive, va dire au jeune homme
que je me sens délaissée. "
La récolte des olives se fait dans le froid et dans le vent,
l'olive est un fruit de l'hiver, ce que notait déjà Virgile
en son temps en évoquant l'hiver : " C'est aussi le moment , alors,
de cueillir les glands du chêne, et les baies de laurier, et l'olive,
et la myrtille sanglante... tandis qu'une neige épaisse couvre la
terre et que les fleuves charrient des glaçons. "
[HAUT DE LA PAGE] 

Lesquelles choisir ?
La culture de certaines variétés dépend du climat
et de la nature de la terre et les olives que vous trouverez dans les supermarchés
sont uniquement répertoriées en fonction de leur pays d'origine.
Pourtant pour le grand plaisir des amateurs il y a autant de variété
d'olives et de crus que de régions. Dans le Midi la Picholine
de Colias, la Lucque, la Salonenque, originaire de Salon
se récoltent vertes. La Grossanne de Baux verte ou noire.
La Tanche de Nyons et la Cailletier de Nice se récoltent
noires autant pour la table que pour l'huile.
La picholine, petite et longue, à la chair ferme est la principale
des olives vertes françaises. Surtout présente dans le Gard,
elle est répandue dans tout le Midi. La Lucque allongée et
légèrement allongée est également une excellente
olive de table, très appréciée sur le marché.
Longtemps cantonnée à l'Hérault, sa culture s'est
répandue en Languedoc-Roussillon et son succès l'amène
à la sur-greffer sur d'autres oliviers. La Tanche, dite aussi olive
de Nyons ou de Carpentras a été introduite en Provence, en
Ardèche et en Corse après l'hiver très rigoureux de
1956. C'est une grosse olive noire délicieuse en amuse-gueule.
La plus connue des olives vertes de table espagnoles est la Manzanilla,
souvent dénommée olive d'Espagne que l'on consomme en conserve
ou farcie au piment ou aux amandes. Verte ou noire, la Gordal ou
Reine est la plus grosse et la plus charnue. La plupart des olives
espagnoles proviennent d'Andalousie.
L'Italie est un des plus gros producteurs au monde presque toutes les
régions en produisent. Le gros de la production est orientée
vers la fabrication d'huile mais il y a d'excellentes olives de table.
Les petites olives noires et ridées qui ornent les pizzas ont toutes
les chances d'être des olives de Castelmare. Les grosses vertes
sont les Cerignola.
En Grèce les olives vertes et noires qui poussent dans tout
le pays accompagnent les amuse-gueule et les mezze. La Kalamata est
particulièrement réputée.
Astuces
Pour dénoyauter les olives le mieux est d'utiliser
un dénoyauteur ou chasse-noyau. Placez la base de l'olive dans la
base du dénoyauteur, de sorte que le poinçon s'appuie sur
la partie supérieure de l'olive. Pressez fortement jusqu'à
ce que le noyau soit expulsé.
Vous pouvez aussi dénoyauter les olives à
la main, notamment les olives noires. Avec un couteau bien aiguisé,
coupez la chair de bas en haut et en profondeur pour atteindre le noyau.
Repoussez la chair et retirez le noyau.
Le saviez-vous?
Bien qu'en septième position pour la consommation
d'huile d'olive, les Américains sont les plus gros consommateurs
d'olives de table, ce qui s'expliquerait par la quantité absolument
faramineuse de pizzas qu'ils engloutissent.
Olives farcies
Vous trouverez différentes variétés d'olive farcies
dans les boutiques. Le grand classique est l'olive verte farcie au piment
rouge. Le rouge profond du piment contraste avec le vert de l'olive. Vous
pouvez les couper verticalement en fines rondelles et les utiliser pour
décorer des canapés, de petites mousses, du saumon frais,
des salades, des plats à base de thon. L'olive farcie aux amandes,
au croquant inattendu et très agréable et l'olive farcie
aux oignons sont très appréciées des Espagnols. Pour
les cocktails vous trouverez aussi des olives farcies à l'anchois,
à l'ail ou même aux câpres. On trouve également
des olives vertes farcies aux olives noires et d'excellentes olives farcies
au zeste d'orange ou de citron.
Huile
Astuces
Préparez vous-même vos huiles
parfumées aux épices et herbes. Parfumez de l'huile d'olive
avec épices et herbes, fleurs et agrumes, vous pourrez utiliser
ces huiles dans des salades, des marinades, des aliments à griller
ou à faire cuire au four, pour des petites fritures et des légumes
sautés.
Un filet d'huile au basilic fera merveille sur une
simple salade de tomate ou une pizza, un filet d'huile d'origan ou de marjolaine
sur des fromages frais, une pizza, ou pour faire tremper des olives, de
l'huile d'estragon pour une mayonnaise pour accompagner un poulet froid,
de l'huile au fenouil pour le poisson, de l'huile de romarin pour des brochettes
ou des pommes de terre, de l'huile de sauge pour le veau, de l'huile de
sarriette pour une salade de haricots.
Pensez à l'ail, au thym, à la menthe,
au laurier, à la coriandre, aux piments...
L'huile extra-vierge, la meilleure et la plus chère, est l'huile
d'olive vierge de première pression à froid. Sa couleur tourne
sur le vert ou le jaune doré. Ceci n'est pas un indice de la qualité
car la couleur dépend de l'endroit où les olives ont été
récoltées et à chacun de choisir son cru de prédilection.
En effet, douces ou fruitées, au goût puissant ou léger,
les huiles d'olive ont leur crus comme les vins et les connaisseurs choisissent
la marque, le pays, la région de provenance de leur huile quand
ce n'est pas leur moulin. Certains grands restaurants d'Italie et d'Espagne
présentent une carte des huiles d'olive comme on présenterait
une carte des vins ! L'huile d'olive des Pouilles, très douce présente
un léger goût d'amandes, tandis que la Toscane est très
fruitée avec une saveur presque rustique et que l'huile Ligure est
réputée pour sa finesse. Les variations de saveur et d'arôme
des huiles d'olive sont dues exclusivement à des causes naturelles,
elles ne nécessitent aucun additif et possèdent des anti-oxydants
naturels qui l'empêchent de rancir.
Même si son " point de fumée " est le plus haut de
210 à 230 ° C degré selon l'acidité et qu'elle
est très stable à la chaleur, inutile de la gaspiller dans
des fritures, réservez-la à l'aïoli, aux salades, la
mayonnaise, les sauces, les fricassées et les ragoûts.
L'huile extra-vierge ne contient que 0,5 à 0,6 % d'acide oléique
alors que l'huile fine en contient de 1 à 1,5% et l'huile d'olive
courante ou Estienne en contient 3,3%. Or, pour les professionnels, il
n'y aucun doute moins il y a d'acide, plus l'huile est fine. L'huile d'olive
pure est faite d'un mélange d'huile vierge pressée à
froid et d'huile raffinée qui a été traité
avec des produits chimiques avant d'être chauffé puis filtré.
Sa couleur est plus pâle, le parfum plus doux et moins caractéristique.
L'huile d'olive légère est produite à partir de la
dernière pression. Il s'agit de mélanges d'huiles de provenance
dont l'acidité est trop élevée pour ne pas être
raffinées, ce qui fait qu'elles ont toutes plus ou moins le même
goût standardisé.
L'huile de grignons est une huile de deuxième pression obtenue
par extraction des grignons, les tourteaux qui restent après une
première extraction. C'est une huile très rustique et bon
marché qui ne peut prétendre à l'appellation d'huile
d'olive. On passe les grignons à l'eau chaude, on les presse, on
décante et on centrifuge. Cette huile était exportée
autrefois du Languedoc en Angleterre dans des outres en peau de chèvre.
A Moyen Âge un dicton datant de la guerre de Cent ans disait " brown
as oil ". Aujourd'hui les pays pauvres comme l'Algérie ou le
Portugal en consomment pour pouvoir exporter le gros de leur production
de qualité. Les troisièmes et quatrièmes pressions,
impropres à la consommation, donnent des huiles qui alimentaient
autrefois les lampes.
L'huile d'olive a beaucoup d'applications industrielles. Une grande
partie est utilisée en cosmétologie et en parfumerie, ainsi
qu'en pharmacie car c'est un solvant médicamenteux résorbable
utilisé dans les injections et les liniments.
Maison
Astuces
Pour rendre vos meubles plus brillants et les polir,
frottez-les avec un chiffon doux imbibé d'un mélange de 2
parts d'huile, quatre de vinaigre et 3 parts d'huile de térébenthine.
Pour nettoyer les meubles sculptés, prenez
un pinceau trempé dans un mélange d'huile d'olive et d'essence
de térébenthine.
Pour effacer des traces d'eau sur un meuble, frottez
légèrement avec un peu d'huile d'olive.
Pour prolonger la vie des fleurs coupées,
taillez les tiges en biseau et trempez les queues dans un peu d'huile d'olive.
[HAUT DE LA PAGE] 

Mythologie gréco-romaine
Tous les anciens peuples méditerranéens revendiquent
chacun pour leurs dieux la découverte et l'utilisation de l'olivier,
arbre de paix, de fertilité, de sagesse, de victoire, de gloire
ainsi que de purification et sacralité. Pour les anciens Égyptiens
c'est Isis qui enseigna aux hommes la culture et l'usage de l'olivier,
tandis que pour les Grecs le mérite en revient à Pallas Athénée
ou Athéna, la Minerve des Romains, déesse du savoir et des
arts. C'est d'une querelle entre Athéna et Poséidon que naquit
le premier olivier. Chacun plaidait auprès des dieux pour la dévolution
de l'Attique. Poséidon fit jaillir de la mer un cheval " beau, rapide,
capable de traîner les chars pesants et de gagner les combats ".
Athéna fit pousser dans la garrigue derrière le temple d'Érechteion,
premier roi légendaire, père de Cécrops, un olivier
" susceptible de donner la flamme pour illuminer les nuits, d'adoucir les
blessures, d'être générateur d'un aliment précieux,
riche en saveur et donneur d'énergie." Les dieux choisirent l'olivier,
image de paix et de fécondité au cheval, image de guerre,
et donnèrent à Athénée la souveraineté
sur la région et donnèrent son nom à leur ville désormais
appelée Athènes. Les noyaux de ce premier olivier donnèrent
les oliviers de l'Acropole. Le nom de la colline rappelle également
qu'Acropos, fils de Cécrops, enseigna aux hommes l'art d'extraire
de l'huile.
En 480 avant notre ère, Xerxés, roi de Perse, le fit
brûler avec tous les autres oliviers de l'Acropole avec le temple
au cours des guerres médiques quand il s'empara d'Athènes,
mais l'arbre repoussa aussitôt grâce à Athéna,
symbole de régénérescence et de la fécondité
du peuple grec, signifiant par là d'après Eschyle " que son
peuple dans l'élan de sa jeunesse et de son génie saurait
réparer les désastres."
Les oliviers d'Éleusis étaient très nombreux auprès
du sanctuaire de la déesse Démeter. Ils étaient protégés
et ceux qui les endommageaient étaient traduits en justice.
On dit aussi que la massue d'Héraclès, en bois d'olivier
devint un arbre quand on la planta dans le sol.
Symbole de sagesse, de fécondité et de paix, l'olivier
était aussi associé à la victoire. L'arbre était
l'emblème de la victoire dans les jeux olympiques, une couronne
d'olivier ceignait le front du vainqueur.
Consacré à Zeus et Athéna, le Jupiter et la Minerve
des Romains, il était aussi associé à Apollon, dieu
de la Lumière qui naquit au pied d'un olivier.
Quand les Spartiates saccagèrent l'Attique, ils épargnèrent
les oliviers pour se prémunir de la colère des dieux.
Pour les Grecs l'onction d'huile, d'olive bien entendu, est la marque
de l'homme civilisé. Quand Ulysse, protégé d'Athéna
dont l'olivier est l'arbre sacré, apparaît aux jeunes Phéaciennes,
compagnes de Nausicaa, crotté et fourbu, après son naufrage,
elles lui font reprendre visage humain en lui donnant de l'huile régénérante
:
" dociles à l'ordre de Nausicaa, fille d'Alcinoüs, elles
conduisent Ulysse au bord du fleuve, dans un lieu respecté des vents,
posent à côté de lui des vêtements, une tunique,
un manteau, et lui donnent la fiole d'or qui contenait un parfum huileux,
l'animent à se plonger dans cette eau courante. "
Pudique, Ulysse leur dit alors :
" Belles nymphes, retirez-vous : le fleuve enlèvera le limon
dont j'ai été noirci par la mer; je m'inonderai d'huile odorante
qui, depuis longtemps hélas ! n'a pas coulé sur mon
corps. "
Le passage d'un état à un autre est encore plus flagrant
dans l'usage qu'en fait la magicienne Circé qui avait transformé
les compagnons d'Ulysse en pourceaux, leur rend leur humanité :
" Elle ouvre la porte de l'étable, en tire mes compagnons,
semblables à des pourceaux nés dans la fange, et les fait
entrer dans la salle. Je les considérais. Circé va
de rang en rang, et les oint tour à tour d'une huile magique. Soudain
s'évanouissent de tous leurs membres les soies dont les avait hérissés
un breuvage funeste; et ils ont repris leur première forme, avec
plus de jeunesse, plus de force et de beauté ".
Tradition judéo-chrétienne
Pour les Chrétiens l'olivier est comme dans l'Antiquité
un symbole de paix, selon la Genèse, après le déluge
la colombe lâchée par Noé revient vers l'arche avec
un rameau d'olivier dans le bec, en témoignage de l'apaisement de
la colère divine, de la réémergence des terres englouties
sous les eaux avant l'apparition de l'arc-en-ciel, symbole de la Nouvelle
Alliance. Ce rameau selon la tradition vient de l'arbre qui poussa spontanément
sur la tombe d'Adam. C'est un symbole de vie comme en témoignent
les Psaumes :
" Et comme un olivier verdoyant
dans la maison de Dieu
je me fie à l'amour de Dieu
Toujours et à jamais. "
ou
" Heureux ceux qui craignent Yahvé
et marchent dans ses voies
Ton épouse : une vigne fructueuse
à l'intérieur de ta maison
Tes fils; des plants d'olivier
alentour de la table. "
Dans le Livre des juges, la Bible raconte que les arbres décidèrent
d'élire un roi. Pressenti l'olivier et la vigne se dérobèrent.
Tout naturellement ils se tournèrent vers l'olivier et lui demandèrent
: " Règnes sur nous " et l'olivier répondit : " Puis-je ainsi
renoncer à mon huile qui m'assure l'hommage de Dieu et des hommes
pour ne régner que sur des arbres ? " Car c'est aussi un symbole
de pureté, d'immortalité et de résurrection. Au jardin
des Oliviers, la croix du Christ était de cèdre et d'olivier.
L'huile n'est pas moins sacrée que l'arbre. Moïse indiqua
sur les conseils de l'Éternel de faire des oblations avec des gâteaux
de " fleur de farine " sans levain et pétris avec de l'huile d'olive
et rapporta à son peuple les paroles divines (Exode) :
" Tu commanderas aux enfants d'Israël de te procurer, pour le
luminaire, de l'huile vierge, afin qu'une lampe brûle à perpétuité.
Aaron et ses fils disposeront cette lampe dans la Tente de la Réunion,
hors du voile qui dévoile le témoignage, pour qu'elle brûle
du soir au matin devant Yahvé. C'est un secret imprescriptible pour
toutes les générations des enfants d'Israël. "
Toujours au cours de l'Exode, il apprit comment faire une huile pour
l'onction sainte :
" Yahvé parla à Moïse et lui dit: Procure-toi
des parfums de choix: cinq cents sicles de myrrhe vierge, la moitié
de ce poids de cinnamome odorante _ soit deux cent cinquante sicles _ et
deux cent cinquante sicles de roseau odoriférant; cinq cents sicles
de casse et un setier d'huile d'olive. Tu en composeras un saint chrême.
Tu en oindras la Tente de Réunion et l'arche du témoignage;
la table et tous ses ustensiles; le candélabre et tous ses accessoires;
l'autel des parfums; l'autel des holocaustes et tous ses ustensiles; le
bassin et son socle. Tu les consacreras; ils seront alors d'une sainteté
éminente et tout ce qui les touchera sera saint. Tu oindras Aaron
et ses fils, et tu les consacreras pour qu'ils exercent mon sacerdoce.
Puis tu d'adresseras aux enfants d'Israël en ces termes : Vous tiendrez
ceci pour un saint chrème de génération en génération.
On n'en verseras pas sur le corps d'un homme quelconque et vous n'en ferez
pas de semblable, de même composition. C'est une chose sainte; vous
devez le tenir pour saint. Quiconque en imitera la composition ou en oindra
un laïc sera retranché du milieu des siens. "
L'onction marque le passage d'un état à un autre, elle
suffit à faire une fois pour toute d'un homme ordinaire un être
investi de la lumière divine :
" Alors Samuel prit la corne d'huile et l'oignit au milieu de ses
frères, et l'esprit de Yahvé fondit sur David à partir
de ce jour et dans la suite. "
Dans les Psaumes on lit :
" Tu aimes la justice et tu hais le mal, c'est pourquoi Elohim, ton
Dieu, t'a oint d'une huile de joie, de préférence à
tes compagnons. "
Et dans l'Ecclésiaste, on lit :
" Qu'en tout temps tes vêtements soient blancs et que l'huile
sur ta tête ne manque. "
Le nom de Jésus le Messie est venue de cette huile qui servait
à oindre les prêtres rois d'Israël. Messie en hébreu
et Christos en grec, signifient oint de chrème, l'huile sainte.
Les Francs ont repris la tradition orientale du rituel du sacre avec de
l'huile d'olive vierge, contenue dans la Sainte Ampoule apportée
à Saint-Denis par une colombe au sacre de Clovis.
L'huile d'olive rentre dans les saintes huiles et le saint chrême
(mélange d'huile d'olive et de baume) des chrétiens , pour
l'administration des sacrements et plus particulièrement de l'extrême-onction
administrée aux mourants, symbole de vie éternelle.
La croyance naïve dans le pouvoir des saintes huiles et du saint
chrème était telle qu'on leur attribua des pouvoirs surnaturels
tels que à une époque elles étaient devenues des butins
recherchés des voleurs. Ils croyaient qu'en s'en enduisant le corps,
elles les protégeraient et les empêcheraient d'être
pris.
" Si je peux voir à ta porte du bois d'olivier doré, je
t'appelerai à l'instant temple de Dieu " écrit Angelus Silesius,
songeant à la description du temple de Salomon dans le Livre des
Rois :
" A l'entrée du sanctuaire, il fit des battants de porte en
bois d'olivier sauvage, le linteau et les montants prenant le cinquième
de la porte. Les deux battants en bois d'olivier sauvage, il sculpta sur
eux des sculptures de chérubins, de palmes, de guirlandes de fleurs;
il les revêtit d'or et appliqua de l'or sur les chérubins
et les palmes. "
Tradition islamique
L'olivier est " l'arbre central, l'axe du monde, symbole de l'Homme
universel et du Prophète " et vient du Paradis d'Allah. L'huile
n'est pas moins sacrée que l'olivier. Seule l'huile d'olive vierge
comme chez les Hébreux était admise pour les rites religieux,
la médecine, l'éclairage et les usages domestiques. On s'en
frictionnait le corps en sortant des bains et on en répandait sur
le bûcher des morts. Le très beau verset du Coran de la
Lumière compare la lumière de Dieu " à une niche
où se trouve une lampe; la lampe est dans le verre; le verre est
comme un astre de grand éclat; elle tient sa lumière d'un
arbre béni l'olivier _ ni d'est ni d'ouest _ dont l'huile éclaire,
ou peu s'en faut, sans même que le feu y touche." Un autre verset
dit : " l'huile est si limpide, qu'elle éclairerait même si
nul feu ne la touchait. C'est lumière sur lumière. "
Certains identifient l'olivier avec l'arbre béni d'Abraham,
et de son hospitalité qui sera maintenue jusqu'au jour de la Résurrection.
Chez les Ismaéliens l'olivier au sommet du Sinaï est un
symbole de l'Imâm.
" On dit de l'olivier, considéré comme l'arbre sacré,
que l'un des noms de Dieu ou quelque autre mot sacré est écrit
sur chacune de ses feuilles; et la baraka de son huile peut être
si forte qu'elle peut faire s'accroître la quantité d'huile
d'elle-même et devenir dangereuse. Dans certaines tribus, les hommes
boivent de l'huile d'olive pour accroître leur pouvoir de procréation."
écrit E. Westermarck dans un ouvrage sur le Maroc.
[HAUT DE LA PAGE] 

Gens de beurre au Nord dans le Nord et gens d'huile d'olive dans le
Sud campent fermement sur leurs positions à moins qu'ils n'aient
été conquis par les huiles nouvelles, type arachide ou tournesol,
sans odeur.
Lorsque l'on pense à la cuisine méditerranéenne,
on évoque aussitôt le parfum de l'huile d'olive. Mais attention
la cuisine provençale a beaucoup évolué. Louis Stouff,
auteur d'une Histoire de l'alimentation en Provence malmène
le mythe d'une cuisine immuable : " Les spécialistes ont tendance
à faire de l'huile d'olive la généralité de
la cuisine provençale. René Joubeau, dans La cuisine provençale
de tradition populaire, commence son ouvrage par un véritable
hymne à l'huile d'olive. Ce qui est vrai du XXe ou du
XIXe siècle ne l'est pas forcément du Moyen Âge.
En ce temps, l'huile n'est, semble-t-il, utilisée que pour les œufs,
le poisson, la friture de fèves. En dehors de ces quelques plats,
c'est la viande salée de porc qui est la graisse par excellence
des potages. Le potage de pois, de fèves ou de choux avec du lard
est l'alimentation fondamental des paysans, des artisans, des gens simples
de la Provence. Il est aussi celui de la masse des hommes dans l'Europe
du Moyen Âge. " Eh oui, pas non plus de tomates, d'aubergines, de
poivrons dans cette cuisine ancienne, ils n'avaient pas encore été
importés du Nouveau Monde !
Mais ne gâchons pas notre plaisir, Jean Giono écrit :
" pour avoir du goût en fait d'huile, il faut vivre dans cette immense
forêt d'oliviers que font, rajoutés bout à bout, les
vergers qui couvrent la terre de la face nord de l'Esterel et des Maures
jusqu'au Vercors. Là, et là seulement, on peut avoir des
éléments d'appréciation. Dans les villes, on n'est
pas pour rien habitué à l'excellence. Tout y est médiocre
et la meilleure huile est celle que l'on appelle justement " sans goût.
"
Il n'est pas étonnant qu'au moment des fêtes de Noël,
les pâtisseries traditionnelles des Provençaux soient pétries
à l'huile d'olive comme les oblations hébraïques. Citons
la fameuse pompe à huile qui fait partie des 13 desserts de Noêl.
Frédéric Mistral écrit :
"Le temps qui devient froid et la mer qui déferle
Tout me dit que l'hiver est arrivé pour moi
Et qu'il faut sans retard amassant mes olives
En offrir l'huile vierge à l'autel du bon Dieu. "
Les olives noires ou vertes, entières ou hachées, ou même
réduites en purée apportent une note ensoleillée aux
salades, aux salades de pâtes et aux plats de légumes. Elles
font bon ménage avec les câpres, les tomates et le fines herbes.
Vous connaissez sans doute la salade niçoise, la salade grecque
à la féta, la caponata sicilienne riche mélange
de tomates, d'aubergines et de câpres et olives, la peperonanta,
salade de poivrons aux câpres et aux olives de l'Italie du sud. De
Marseille à Nice, c'est le règne de la bagna caudo,
de Nice à Gênes et jusqu'au Piémont c'est la bagna
cauda.
La tapenade cette célèbre pâte d'olives noires
aux anchois et aux câpres tire son nom du provençal tapeno,
désignant les câpres. Délicieuse sur une tranche de
pain grillé, elle accompagne bien les œufs. Les olives se marient
à merveille aux poissons à la chair délicate comme
la truite ou le mulet ou à des poissons au goût plus prononcé
comme le thon et la lotte. Les olives sont délicieuses dans les
plats de poulet ou de dinde. Elles sont aussi parfaites avec des viandes
plus riches telles que le canard, canard aux olives, magrets ou le boeuf.
N'hésitez pas à les utiliser pour relever des plats de pâtes.
Dans nombre de recettes italiennes traditionnelles, elles sont à
la base de sauces contenant aussi des câpres et parfois des anchois.
Elles sont les compagnons naturels des pizzas, pissaladières et
crostini. Elles donnent leur saveur intense au populaire ban bagna, comme
à la focaccia, pain italien aux olives parfumé de
tomates séchées au soleil.
On ne saurait oublier le pistou pas plus que l'aïoli des Provençaux,
cette savoureuse pommade à l'huile et l'ail qui accompagne traditionnellement
la morue, les œufs, le chou-fleur, les carottes, les haricots au naturel.
Comment imaginer un carpaccio de bœuf sans huile d'olive ! Avez-vous
eu le plaisir de déguster une simple purée de pommes de terre
à l'huile d'olive ?
POULET MARINÉ AUX OLIVES, HERBES ET AROMATES
On trouve désormais sans difficulté du basilic frais
toute l’année, alors profitons allègrement de cette herbe
royale pour cette recette parfumée, facile, inratable, aux senteurs
provençales.
POUR 5-6 PERSONNES
Ingrédients
- 1 poulet de 1,5 kg coupé en morceaux
- 1 bouquet de persil plat
- 1 bouquet de basilic
- 4 gousses d’ail
- 200 g d’olives noires dénoyautées
- 1 branche de thym
- 1 feuille de laurier
- 1 c à soupe de jus de citron
- 1 c à café de graines de coriandre
- 1 c à café de poivre mignonnette
- 1 pincée de safran
- sel
- 5 c à soupe d’huile
- 1 c à soupe de beurre
Préparation
- Lavez et ciselez finement le persil et le basilic.
- Épluchez et dégermez l’ail.
- Réservez une gousse et émincez les trois restantes.
- Hachez 75 g d’olives noires dénoyautées et réservez le reste.
- Effeuillez le thym.
- Froissez la feuille de laurier.
- Concassez dans un mortier les graines de coriandre et de poivre.
- Mélangez le hachis d’ail, les deux tiers du persil et du basilic, les olives hachées, la moitié des graines de coriandre etdu poivre, le thym effeuillé, le laurier, le safran, le jus de citron et l’huile d’olive.
- Frottez les morceaux de poulet avec la gousse d’ail entière et salez-les.
- Posez les dans un plat creux et versez le mélange parfumé.
- Laissez macérer au frais deux heures au moins, en remuant de temps à autre les morceaux de poulet pour qu’il soit bien enrobés de marinade.
- Retirez les morceaux de poulet du plat en les égouttant soigneusement
- et versez l’huile dans un bol à travers une passoire fine.
- Réservez le hachis d’aromates.
- Faites chauffez le beurre et l’huile de la marinade dans une sauteuse et faites-y revenir les morceaux de poulet pour qu’ils soient bien dorés sur toutes les faces.
- Saupoudrez ensuite du hachis d’herbes et aromates.
- Mouillez avec 1 verre d’eau.
- Couvrez et laissez cuire pendant 45 minutes à feu doux en surveillant la réduction de la sauce et en ajoutant de l’eau si besoin.
- Ajoutez les olives dénoyautées entières 5 mn avant la fin de la cuisson.
- Faites réduire la sauce si besoin.
- Pour servir, dressez les morceaux de poulet sur un plat de service chaud,nappez avec la sauce aux olives et aromates.
- Éparpillez joliment le reste d’herbes ciselées et celui de poivre concassé.
VARIANTE
Si vous avez une envie de sauter sur l’autre rive de la Méditerranée,
remplacez le basilic par un bouquet de coriandre fraîche. Procédez
exactement de la même façon. Pour un peu plus d’authenticité,
quand en fin de cuisson, vous ajoutez les olives, mettez aussi l’écorce
d’un citron confit ou des tranches de citron frais.
Astuces
Utilisez des herbes fraîches. Elles seront
plus parfumées pour la marinade et ne brûlent pas à
la cuisson.
Préférez le grand basilic au basilic
à feuilles fines. Le grand basilic le plus vendu chez nous, supporte
beaucoup mieux le contact avec un met très chaud à moins
qu'il n'ait été forcé en serre, car dans ce cas il
se montre assez versatile et peut perdre une partie de son arôme.
Quelle que soit la variété de basilic,
ne le passez surtout pas au mixeur, ne le hachez pas, il est préférable
de découper les feuilles au ciseau ou mieux encore à la main
ou de le piler dans de l'huile d'olive dans un mortier.
Vous pouvez préparez la marinade et faites
macérer votre poulet au frais toute la nuit, il n’en sera que plus
parfumé.
Si vous n’avez pas de mortier, placez les grains
de poivre et de coriandre dans un linge et écrasez-les avec un rouleau
à pâtisserie.
Délayez la pincée de safran dans une
cuillère d’eau chaude avant de l’ajouter à la marinade. Le
safran ne supporte pas d'être mis directement dans de l'huile bouillante
ou du beurre trop chaud, ses molécules éclatent. De plus,
le safran doit être réparti uniformément.
SPAGHETTI AUX OLIVES NOIRES DE KALAMATA
Ne restez pas cloués à vos fourneaux. Voici une recette
savoureuse et sans prétention, conviviale, qui vous laissera le
temps de siroter un petit pastis.Les pâtes, c'est magique ! Il y
a tant de formes différentes, tant de façons de les préparer...
Découvrez la saveur ensoleillée de ces spaghetti gorgés
de sucs parfumés que vous servirez avec un valpolicella à
10 à 12° C.
Avec l'apéritif, servez des amuse-bouche à grignoter
avec le même accent méditerranéen: antipasti, rôties
à la tapenade, aux anchois, aux fines herbes, petits légumes
taillés à tremper dans une sauce à l'aïoli...
POUR 4 PERSONNES
Ingrédients
- 450 g de spaghetti
- 500 g de tomates mûres et fermes
- 2 gousses d'ail
- 1 oignon
- 1 petit piment frais
- 1/2 c à café de gingembre moulu
- 2 pincées de muscade râpée
- 100 g d'olives noires dénoyautées
- 2 c à soupe de persil plat ciselé
- 3 c à soupe de câpres égouttées
- 4 c à soupe d'huile d'olive
- sel
- poivre du moulin
Préparation
- Plongez les tomates pendant 10 secondes dans de l'eau bouillante, puis rafraîchissez-les sous l'eau courante et pelez-les; coupez-les ensuite en deux, enlevez les graines, hachez la pulpe en petits dés réguliers.
- Pelez l'oignon et hâchez-le menu.
- Épluchez l'ail et émincez-le.
- Coupez les olives en lamelles.
- Lavez le piment, épépinez-le et hachez finement la pulpe.
- Faites chauffez l'huile dans une sauteuse et faites-y revenir l'ail et l'oignon à feu doux en remuant avec une spatule jusqu'à ce qu'ils deviennent translucides, sans coloration.
- Ajoutez rapidement le piment, le gingembre, la muscade en remuant avec la spatule, puis aussitôt après la concassée de tomates.
- Salez, poivrez.
- Faites réduire et confire une quinzaine de minutes à feux doux en remuant régulièrement.
- Pendant ce temps, faites bouillir de l'eau salée dans une grande casserole et plongez-y les pâtes.
- Laissez cuire celles-ci " al dente " , 3 minutes pour les pâtes fraîches et 8 minutes environ pour les pâtes sèches, puis égouttez-les.
- Versez les spaghetti dans la sauteuse, ajoutez les olives en lamelles, les câpres, le persil ciselé.
- Remuez le tout.
- Servez aussitôt dans un plat de service chaud.
VARIANTE
Si vous n'aimez pas la saveur prononcée des olives de Kalamata,
remplacez-les par des olives grecques ordinaires ou des niçoises.
Vous pouvez-les acheter déjà dénoyautées.
Si vous souhaitez proposer du parmesan fraîchement et finement
râpé, servez-le à part.
Astuces
Si vous êtes pressés ou avez envie de
flemmarder, utilisez de la pulpe de tomates, pelées, épépinées
en boîte ou en bocal ou du coulis de tomates au naturel.
Pour que les spaghetti ne collent pas, ajoutez une
cuillerée d'huile à l'eau de cuisson. Défaites-les
à la fourchette.
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