Charlemagne qui raffolait des noix ainsi que sa femme Hildegarde, recommanda
en 812 par ordonnance, le capitulaire De Villis, la culture de 90
plantes dans les jardins royaux, dont celle du noyer. De nombreux seigneurs
versaient leur redevances aux monastères en noix. Bien des terres
et même des cimetières étaient plantés de noyers.
Au Moyen Âge, on consommait bien sûr de l'huile d'olive,
mais l'huile de noix et l'huile de faine, extraite du fruit du hêtre,
étaient l'objet d'un commerce important et jouaient un grand rôle
dans l'alimentation des peuples de l'Europe non méditerranéenne.
Pour leur huile, les noix était exportées en grande quantité
par les ports de Dieppe et de Rouen, surtout au 14e et 15e
siècle.
Dès l'Antiquité on utilisait en Perse, berceau de la teinture,
du brou de noix fermenté pour teindre la laine dans des tons bruns
et fauves très beaux et très solides. Le brou de noix est
cité dans le traité vénitien de 1548, le Plichto.
Colbert fit classer le noyer en 1671 dans les teintures de grand teint
dans ses " instructions générales pour la teinture des
laines et manufactures de laines de toutes couleurs et pour la culture
des drogues et ingrédients qu'elle contient. " Il était
très apprécié en tapisserie par les liciers du 17,
18 et 19e siècles pour les tons qualifiés par
les gens de métier de " carnation de vieillard ".
Plus que les noix proprement dit, ce sont surtout les feuilles et l'écorce
verte des fruits, le brou qui ont suscité l'intérêt
des médecines traditionnelles et sont à l'origine de bien
des recettes de bonne femme. Les noix elles-mêmes ont suscité
une certaine méfiance chez les médecins arabes et ceux de
l'école de Salerne qui les trouvaient indigestes. Cette dernière
proclame :
Les feuilles de noyer écartent la vermine, surtout les puces,
les mites et les mouches et il était d'usage d'en mettre séchées
dans les vêtements de laine et les fourrures.
Signalons que le bois de noyer est aujourd'hui encore un bois très
recherché en sculpture et menuiserie. La France et l'Italie en sont
bien loin après les Etats-Unis les premiers producteurs.
[HAUT DE LA PAGE] 
Sorcières
Le noyer tenait une grande place dans les croyances populaires. Dans
certaines régions, les habitants pensaient que les sorcières
se rassemblaient pour le sabbat sous un noyer, ailleurs que les nuits de
brouillard, elles accrochaient leurs culottes aux branches de noyer " pour
se rendre à l'orgie du Grand Bouc " ou encore que les côtes
des sorcières sont en bois de noyer.
On pensait que si les sorcières pouvaient se procurer la coque
d'une noix qu'avait mangé quelqu'un qu'elles voulaient ensorceler,
elles pouvaient lui transmettre le mal.
Maléfices
La croyance était que les cochons dont l'étable était
trop proche de cet arbre crevaient ou ne profitaient pas et que planté
près d'une maison le noyer était malsain pour ses habitants.
Les superstitieux croyaient qu'il était dangereux de séjourner
sous ses branches, et qu'on risquait de tomber malade, mais fort heureusement
ils avaient leurs ruses pour neutraliser ces effets pernicieux, par exemple
casser un rameau de l'arbre ou lui jeter une pierre.
Bienfaits
Par contre les rameaux de noyer cueillis la nuit de la Saint-Jean avaient
des effets bénéfiques. Placés avant le jour sur les
portes et fenêtres des étables et habitations, ils portaient
bonheur, protégeaient des maladies et faisaient prospérer
le bétail. Les bergères de la Saintonge suspendaient le matin
de la Saint-Jean un bouquet de feuilles de noyer au cou de chacune de leurs
brebis, ce qui devait les protéger pendant un an de tout maléfice
ou incantation.
La croyance voulait qu'arracher avec les dents d'une jeune noyer la
nuit de la Saint-Jean protége des maux de dents. Au 15e
siècle, on disait : " Se une femme veult que son mari ou amy l'aime
fort, elle lui doit mettre une feuille de guauguier (noyer), cueillie la
nuit saint Jehan tandis qu'on sonne nonne, en sous soulier du pied senestre,
et sans faulte il l'amera moult merveilleusement. "
Gaulage
Plus il faisait noir à la veillée de Noël, plus
les noix devaient être abondantes, car elles ne voyaient pas où
se placer et s'entassaient en désordre, alors que par temps clair,
elles pouvaient se mettre à l'aise. Il était tout à
fait recommander de gauler les noyers la nuit de Noël pour avoir une
bonne récolte. L'usage de gauler les noix pour avoir une récolte
plus abondante est très ancien, comme en témoigne ce dicton:
" Les asnes, les femmes, les noix
Porter plus de profit tu vois
A celuy qui de grand' secousse
D'une main cruelle les pousse. "
Un proverbe du 17e siècle dit à peu près
la même chose : " De l'âne, du noyer, de la femme acariâtre,
on en doit rien espérer sans les battre. " Mais il est des jours
où on ne doit pas gauler.
Ainsi en Ille-et-Vilaine si on gaule les noyers le vendredi qui précède
l'Assomption, ils ne donneront pas de fruits pendant plusieurs années.
[HAUT DE LA PAGE] 

Médecine ancienne et populaire
Le brou de noix était considéré vermifuge, dépuratif,
tonique et stomachique. En l'épaississant avec du miel, on préparait
un sirop, le rob nucum, très renommé contre les maux
de gorge, les inflammations et abçès des agmydales. On l'utilisait
jadis contre la syphillis. Il entrait dans la composition de la tisane
de Pollini, appelée aussi décocté de brou de noix
composé, contre le " mal napolitain " et autres maladies vénériennes
avec de la salsepareille et la squine, de l'antimoine et de la pierre ponce
pulvérisée.
Dans les campagnes le suc de brou de noix vert était réputé
contre les verrues et la teigne.
L'huile de noyer que l'on préférait vieille d'un an et
un peu rance pour l'usage médicinal, était recommandée
contre la conjonctivite, les engelures, sur les brûlures et bobos
qui cicatrisent mal et avait la réputation d'être souveraine
contre le ténia, le ver solitaire, la gravelle et les coliques néphrétiques.
Dans les campagnes, on l'utilisait mêlée à part
égale avec de l'eau de chaux pour soulager et guérir les
brûlures.
Les feuilles de noyer étaient conseillées contre le rachitisme,
le lymphatisme, le diabète, la tuberculose et pour sogner les malades
atteints du charbon. En lotions, compresses et injections, la décoction
de feuilles de noyer, riches en tanins et principes quinoniques, était
utilisée pour laver les ulcères, pour soigner la leucorrhée
et la métrite chronique, les diarrhées, l'artériosclérose,
la goutte, les eczémas chroniques, les maladies de peau, les croûtes
de lait, les ulcères et les plaies variqueuses. En compresses, elle
était appliquée sur les paupières enflammées,
les points douloureux de rhumatismes et de goutte. D'après les Russes
qui en font toujours grand cas, elle est également excellente contre
les furoncles.
L'infusion de feuilles de noyer stopperait la chute des cheveux et
les pellicules, mais attention, elle tache! De plus, elle est réservée
aux bruns en raison de son pouvoir colorant. Elle fonce la couleur des
cheveux, autant que la camomille les éclaircit.
Albert le Grand, surnommé le " docteur universel " au 13e
siècle pour l'étendue de ses connaissances dit que " Dieu
a fait un grand secret dans les coquilles de noix; car si on les fait brûler,
qu'on les pile et qu'on les mêle avec du vin et de l'huile, elles
entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber ". Il affirme
également qu'une noix brûlée appliquée sur le
nombril d'une femme qui vient d'accoucher soulage les contractions de l'utérus,
" apaise toutes les tranchées des femmes, que les sage-femmes appelent
douleurs de matrice." Il dit aussi que " Les entre deux-noix, quoique qu'on
ne les mange pas, ont une vertu cachée et souveraine pour guérir
toutes sortes de coliques, détrempés avec du vin blanc et
bus dans la douleur. Dioscoride dit que ces entre-deux noix, étant
brûlés, réduits en poudre et mêlés avec
du vin, si on les applique sur le nombril arrêtent les menstrues
des femmes ." Il se montre tout aussi dithyrambique sur l'huile et le brou
de noix pour lequel il fait aussi référence à l'autorité
des Anciens : " Je ne m'étendrai pas beaucoup beaucoup sur l'huile
que l'on fait des noix; on a nouvellement trouvé qu'il n'est rien
de plus excellent dans la médecine que l'huile de noix, faite au
soleil avec des fleurs de sureau, pour guérir les nerfs offensés,
piqués ou coupés. Quoique l'on méprise la coquille
de dessus quand elle est verte, Galien en fait un suc, lequel étant
cuit avec du miel, guérit toutes sortes de maux du gosier, quand
même il y aurait du flegme ou du pus. Les Arabes et les Grecs appellent
cette préparation diacarion ".
Décoction
Les décoctions de feuilles sont utilisées en gargarisme,
injections vaginales, ou pour l'entretien des cheveux bruns. Les tanins
et la juglone du noyer et du brou ont des propriétés antiseptiques
et cicatrisantes. On prépare à partir du brou des pommades
contre diverses dermatoses.
Un aliment énergétique
La nature fait bien les choses quand elle nous apporte en plein hiver
alors qu'on a besoin de calories pour lutter contre le froid ces concentrés
d'énergie que sont les fruits secs. Les noix sont le fruit sec le
plus nutritif. Elles contiennent outre des protides et des glucides, des
vitamines A, B1, B2, B5, PP et des sels minéraux, du zinc, du cuivre,
du phosphore qui est un constituant des os et nous fait " phosphorer "
par son action sur les cellules nerveuses. Elles sont riches en fibres
solubles (6 g pour 100 g, notamment des pectines). Elles renferment vingt
pour cent d'albumine, mieux assimilée par l'organisme que l'albumine
d'origine animale et une dose élevée d'acide folique (155
mg pour 100 g). Reconstituantes, elles sont à recommander aux anémiques,
aux convalescents, aux enfants et aux vieillards.
Mais attention, si vous surveillez votre ligne, les noix renferment
650 calories pour 100 g soit à peu près le tiers des besoins
d'une femme sédentaire. Elles sont donc très caloriques,
très riches en matière grasse (jusqu'à 57% dans les
noix sèches) et en outre sont difficiles à digérer,
surtout quand elles sont sèches.
Sus aux idées reçues!
Oui ! Les noix sont un aliment de l'effort, faciles à manger
au cours d'activités physiques en plein air, mais de là à
dire qu'elles peuvent remplacer la viande, il y a une sacrée marge.
Les protéines de la noix peuvent être complémentaires
des protéines animales, mais n'ont pas les même qualités
que celles-ci. Les acides aminés essentiels de la noix sont nettement
moins bien équilibrés que pour les produits d'origine animale,
car ils sont déicients en méthionine (comme le soja) , en
lysine (comme les céréales), en cystine (comme les légumes
secs). La viande contient en moyenne 10 g de graisses saturées (les
mauvaises) pour 100 grammes, mais les noix contiennent six fois plus de
graisses même si ce sont des polyinsaturées, (les bonnes)
et ont une valeur calorique 3 fois supérieure à la viande.
Acides gras
Les lipides de la noix contiennent peu d'acides gras saturés,
mais une forte proportion d'acides gras polyinsaturés (plus de 44%),
notamment des acides linoléniques et des acides alplhalinoléniques
(acides gras triplement insaturés) que l'organisme humain est incapable
de synthétiser et qui jouent un rôle important dans la prévention
des maladies cardio-vasculaires en abaissant le taux de cholestérol
et en protégeant les parois des vaissaux sanguins et sont indispensables
à la constitution de la rétine et au bon fonctionnement des
cellules du système nerveux, surtout celles du cerveau. Les acides
alphalinoléniques dont la carence dans la ration alimentaire lèsent
le cerveau ne se trouvent en quantité intéressante que dans
les noix, les huiles de colza et de soja.
Les scientifiques nous prendraient-ils pour des noix ou ne seraient-ils
pas en train de nous ressortir en douce une resucée mise au goût
du jour de l'antique théorie des Signatures qui associe noix et
cerveau ! Ou alors la sagesse populaire aurait-elle su anticiper la démonstration
scientifique ?
[HAUT DE LA PAGE] 

Lesquelles choisir ?
Traditionnellement, la saison des noix fraîches s'étend
de la Saint-Jérôme à la fin septembre jusqu'à
la Toussaint, après elles sont vendues sèches.
Seules 10% des noix sont vendues fraîches, artificiellement débarrassées
de leur brou. Elles sont humides et la peau des cerneaux est un peu amère.
Il faut les peler pour apprécier leur arôme subtil, leur texture
tendre, finement croquante, leur goût de beurre.
En France, on récolte les noix dans le sud, le sud-est et le
sud-ouest. On en cultive sur plus de 50 000 hectares surtout en Périgord
et en Isère. Citons la Franquette de l'Isère grosse
et très courante, la plus appréciée en confiserie,
la Mayette de la région de Grenoble grosse et jaune, sans
doute la meilleure de toutes, la Grandjean du Périgord ronde
et très blonde, la Marbot du sud-ouest grosse et précoce
à la coquille mal soudée, la Parisienne, facile à
ouvrir aux cerneaux fins et fruités..
Seules trois variétés, la Franquette, la Mayette, la
Parisienne, dont l'aire de production est regroupée principalement
le long de l'Isère ont droit à l'A.O.C. Noix de Grenoble,
décernée depuis 1938. Le papier cellophane jaune portant
la mention A.O.C. Noix de Grenoble est une garantie de qualité.
Astuces
Pour rendre la coquille attirante et la débarrasser
complètement de son brou colorant, les noix sont fréquemment
lavées soit à l'eau chorée, soit à l'anhydride
sulfureux. Et il est parfois préférable de choisir des noix
plutôt " moches " tannées et rabougries que celles qui, même
si elles sont plus grosses, sont si bien nettoyées qu'elles peuvent
avoir un goût de chlore.
Les noix doivent être conservées au
frais à l'air ambiant sur un plateau en osier. Fraîches, elles
sont à déguster vite. Par contre, les noix sèches
se conservent plusieurs mois.
Pour enlever sans peine cette pellicule qui recouvre
les noix sèches, plongez-les (une fois débarrassées
de leurs coquilles) dans de l'eau bouillante, en procédant par petites
quantités à la fois. Versez-les dans une passoire sous l'eau
froide et lorsqu'elles sont rafraîchies, ôtez la peau en vous
aidant d'une aiguille pour atteindre les replis.
Pour redonner à des noix sèches de
l'hiver, la saveur des noix juste cueillies, mettez-les à tremper
une nuit dans du lait chaud.
Huile de noix
Verdâtre quand elle est fraîche, elle est d'une grande
finesse pour les amateurs, mais certains n'apprécient pas son goût
prononcé. La plus fine vient d'Anjou. Depuis un siècle, la
production est en régression constante, et la plupart des moulins
artisanaux ont du fermer. Du fait de son goût très spécial,
de sa rareté et de son prix élevé, elle est réservée
à quelques connaisseurs. Conservez-la au frais et à l'obscurité.
Elle est agréable dans les salades vertes, avec le céleri,
la chicorée ou des pissenlits, mais il ne faut en aucun cas la faire
chauffer car elle possède un acide clupanodinique qui fait qu'elle
" pue " quand on la chauffe. L'huile de noix est très riche en acides
gras polyinsaturés (72%), or plus une huile est riche en acides
gras insaturés, moins elle est stable à la chaleur, car ces
acides gras peuvent fixer de l'oxygène, ce qui entraîne une
altération au risque d'apparitions de substances toxiques. A l'inverse
l'huile d'arachide, riche en acides gras saturés, mais assez pauvre
en acides gras polyinsaturés (moins de 2% d'acide linolénique)
résiste bien à la chaleur et a une température critique
élevée qui permet son emploi pour la friture.
Autrefois on utilisait aussi l'huile de noix comme médicament
vermifuge contre le ténia.
Attention!
La pellicule qui recouvre les cerneaux, comme celle
des cacahuètes, favorise les aphtes et les irritations gastriques.
Huile et noix rancissent très vite et deviennent
alors indigestes.
Feuilles
Les feuilles et cerneaux servent à fabriquer du vin de noix.
Les Libanais utilisent les feuilles pour parfumer le vinaigre des cornichons.
Brou de noix
Le brou de noix sert à teindre le bois et des textiles et entre
dans la coloration du marc et dans la fabrication de ratafias à
cause de sa saveur très âcre et parfumée. Les feuilles
et tout le brou contient de la juglone qui permet d'obtenir des tons fauves
et brun par macération du brou et décoction des feuilles.
C'est une des teintures les plus solides du règne végétal
même sans mordançage, car les tanins déjà présents
dans la plante jouent le rôle de mordants organiques.
[HAUT DE LA PAGE] 

Noix et cerveau
Selon la théorie des Signatures, les noix étaient censées
guérir les maux de tête et les maladies mentales. En effet
l'enveloppe verte peut évoquer le cuir chevelu, la coque dure la
boîte crânienne et les cerneaux les hémisphères
cérébraux et les circonvolutions du cerveau, la mince pellicule
qui tapisse l'amande représentant les méninges. Le médecin
anglais William Cole dit : " Le brou représente le cuir chevelu
et, par conséquent, le sel fabriqué avec ce brou est excellent
pour les blessures de la tête. La coque ligneuse est à l'image
du crâne et la fine peau jaune qui sépare entre eux les quartiers
à celle de la dure-mère et de la pie-mère qui entourent
le cerveau, et par conséquent, lui est des plus bénéfiques
et le protège du poison. "
Même si tout cela nous fait sourire et que, aujourd'hui, il y
a peu de chances qu'une personne (à moins d'être totalement
désespérée!) n'ait l'idée de suivre les recommandations
d'Albert Le Grand pour stopper la chute des cheveux ou selon une autre
recette de se frotter la tête avec des cerneaux de noix préalablement
mâchés pour y faire repousser les cheveux tombés, il
reste malgré tout au fond de nous quelque chose de cela. La pensée
quasi-magique qu'il y aurait une relation entre la forme, l'apparence de
l'aliment et les effets qu'il produit sur celui qui le consomme a la vie
dure. Ainsi peut lire régulièrement sous la plume alerte
des journalistes de magazines féminins, des phrases du genre : "
Les noix ne rappellent-elles pas le cerveau humain et ses deux hémisphères
contournés? Cinq cents grammes de noix peuvent fournir à
votre moteur l'énergie nécessaire à son fonctionnement
pour quarante-huit heures. "
Bienfaits et maléfices
Si les noix ont toujours été et sont encore un symbole
de prospérité, de mariage, de fécondation, d'abondance
dans la plupart des pays d'autant plus que l'on peut voir dans leurs enveloppes
une ressemblance avec les matrices qui protègent les enfants dans
le ventre de leurs mères, le noyer, lui, a nettement mauvaise réputation
et diverses traditions l'associent d'une façon ou d'une autre aux
sorciers, sorcières et aux mauvais présages.
Déjà, dans la mythologie grecque, le noyer était
lié au don de prophétie et associé à Perséphone
et aux déesses infernales. Dionysos tomba amoureux de Carya, la
plus jeune des filles du roi de Laconie qui était douée du
don de clairvoyance. Ses deux soeurs aînées, jalouses d'elle,
avertirent leur père qu'il y avait anguille sous roche, ce qui contraria
les plans de Dionysos. Furieux, il changea les vilaines rapporteuses en
rochers. Hélas, Carya, morte subitement se métamorphosa en
noyer. C'est la déesse Artémis qui se chargea d'apporter
la triste nouvelle aux Laconiens qui érigèrent à sa
mémoire, le temple d'Artémis Carytis. Ils appelèrent
caryatides les colonnes en forme de femmes sculptées dans du bois
de noyer.
[HAUT DE LA PAGE] 

Europe
Comme fruits de dessert, elles se mangent fraîches ou sèches.
A l'apéritif elles se grignotent mélangées à
des amandes, des noisettes, raisins secs, etc. Conservées dans de
l'eau de vie, confites dans le sucre, glacées ou fourrées
à la pâte d'amande, elles font d'excellentes gourmandises.
Elles parfument bien des gâteaux, tartes, glaces. Dans sa Physiologie
du goût, Brillat-Savarin se désole que la recette des
noix confites des Ursulines de Bellay ait été perdue.
Elles sont exquises dans les salades d'endives, de céleri avec
des dés de gruyère, en croquettes, en canapés. Elles
aromatisent des fricassées de volailles, ou de bœuf, chez nous comme
dans les Balkans ou en Russie. Pilées elles recouvrent la surface
de fromage de vache très appréciés des enfants, et
se marient très bien au roquefort. En France les noix pilées
peuvent être mêlées à la farce d'escargots ou
de ravioli. Beaucoup de recettes italiennes mêlent noix râpées
et parmesan, comme dans le minestrone, la zuppa di grano, une soupe
de froment de Pescara, les ravioli, les lasagnes aux noix et au basilic
de Toscane, la sauce aux noix de Ligurie. Comme les Turcs, les Grecs et
les Roumains et plusieurs pays balkaniques ont chacun leurs recettes de
sauces aux noix. Tombés sous la coupe ottomane, de Belgrade à
Sofia et aux îles grecques, ces pays ont une cuisine très
marquée par l'influence ottomane.
Les Anglais ont un pickle walnuts qui fait office de condiment
et assaisonne la mayonnaise de la salade de laitue à la Waldorf.
Moyen-Orient
:
La cuisine moyen-orientale a largement recours aux noix, amandes, pistaches,
pignons de pins... Chaque pays a sa version de la sauce tarator
qui accompagne aussi bien la daurade et les moules frites que le poulet.
Les Iraniens font une délicieuse omelette aux herbes cuite au four
enrichie d'un généreux hachis de noix, le kukuye sabzi.
Amérique du Sud
Les Sud-Américains raffolent des noix, amandes, pignons, noix
de pacane aussi bien en cuisine salée que pour faire des pâtisseries
et friandises de toutes sortes. L'aji de gallina, une fricassée
de poulet aux noix et aux piments servie sur des tranches de pommes de
terre, est un des plats les plus réputés du Pérou.
Les Péruviens apprécient beaucoup les noix vertes confites.
Noires et poisseuses, ce sont traditionnellement les sœurs qui les fabriquent
dans les couvents et les vendent enveloppées de papier d'argent.
C'est également dans des couvents, temples de la gourmandise
en Amérique du Sud, au Mexique cette fois, que furent mises au point
les recettes raffinées des piments farcis à la sauce aux
noix, et de la dinde mole poblano enrichie de chocolat, de noix
et quantité d'ingrédients.
PRAIRES FARCIES AUX NOIX ET AUX PIGNONS
POUR 6 PERSONNES
Ingrédients
- 36 grosses praires
- 50 g de cerneaux de noix concassés
- 50 g de pignons concassés
- 300 g de beurre demi-sel ramolli
- 2 échalotes grises pelées et émincées
- 2 gousses d'ail hachées
- 2 c à soupe de persil ciselé
- 2 c à soupe de pastis
- 15 cl de vin blanc
- gros sel
- sel, poivre du moulin
Préparation
- Travaillez le beurre en pommade en incorporant le hachis de fruits secs, d'échalotes, d'ail, de persil et de pastis avec du poivre.
- Brossez et lavez les praires.
- Versez le vin dans une grande casserole large et plate.
- Déposez les praires une à une.
- Portez à feu vif et couvrez.
- Laissez cuire deux minutes, retournez les praires et poursuivez la cuisson jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent.
- Retirez-les au fur et à mesure de leur ouverture.
- Ne gardez que la coquille contenant la chair.
- Préchauffez le four à 270°C (thermostat 9).
- Étalez une couche de gros sel sur la lèchefrite.
- Remplissez chacune des coquilles de beurre aromatisé aux noix et aux pignons.
- Calez les praires dans le gros sel.
- Passez-les à four chaud 5 à 6 minutes, le temps qu'elles dorent en surface.
- Retirez-les du four et placez sur des assiettes de service chaudes.
POULET FARCI AUX NOIX, FINES HERBES ET FROMAGE DE CHÈVRE
Onctueux et parfumé, ce fin matelas qu'on glisse entre la chair
et la peau du poulet est un vrai régal.
Servez avec un saumur rouge ou un saint-joseph, vers 15°C.
POUR 6 PERSONNES
Ingrédients
- 1 gros poulet fermier
- 2 oignons hachés
- 1 gousse d'ail hachée
- 4 c à soupe de persil plat ciselé
- 4 c à soupe de ciboulette ciselée
- 4 c à soupe de menthe ciselée
- le zeste râpé d'un citron
- 50 g de cerneaux de noix
- 150 g de chèvre frais
- 50 g de parmesan râpé
- 2 c à soupe de chapelure
- 1 œuf
- 2 c à soupe d'huile d'olive
- sel, poivre
Préparation
- Faites blondir l'oignon haché dans 1 cuillerée à soupe d'huile.
- Placez-les dans une terrine avec l'ail, les fines herbes, le zeste de citron, les noix hachées, le parmesan, la chapelure, le chèvre, l'œuf, du sel et du poivre.
- Malaxez jusqu'à obtention d'une farce homogène.
- Préchauffez le four à 210°C (thermostat 7).
- Décollez la peau du poulet sur tout le corps et les cuisses en glissant la main entre peau et chair en partant de la base du cou et en vous arrêtant à 2 cm des ouvertures.
- Glissez la farce sous la peau du poulet avec une cuillère et cousez les ouvertures avec du fil de cuisine.
- Redonnez sa forme au poulet en modelant la forme avec les mains.
- Badigeonnez-le avec le reste d'huile.
- Placez le poulet dans un plat à rôtir, enfournez et laissez cuire 1h 15.
- Après 20 minutes de cuisson, ajoutez un verre d'eau chaude dans le plat, puis baissez à 180°C (thermostat 6).
- En fin de cuisson, laissez reposer 10 minutes dans le four éteint.
Astuces
Pour que les parfums de la farce aient le temps d'imprégner
la chair, farcissez le poulet la veille au soir pour le déjeuner
du lendemain, ou le matin pour le dîner.
Pour farcir sous la peau, détachez la peau
en veillant à ne pas la percer, en glissant délicatement
les doigts sous la peau du cou, puis le long des suprêmes et du dos,
jusqu'à l'extrémité des pilons et du croupion. Introduisez
la farce dans cette poche, malaxez doucement pour bien la répartir,
rabattez la peau du cou et cousez. Le tour est joué, la farce bien
emprisonnée.
Vous pouvez présenter le poulet sur un lit
d'oignons et de champignons juste revenus à l'huile d'olive.
[HAUT DE LA PAGE] 
