(Zizyphus jujuba; Angl: jujube; Arabe: nabka; Hindi: ber; Chin: zaolizi)

Originaire de Chine, le jujubier est un arbre aux rameaux épineux de la famille des Rhamnacées, qui peut atteindre 8 à 10 mètres de haut. Il en existe des centaines de variétés de par le monde dont certaines poussent à l'état sauvage ou demi-sauvage dans les pays tropicaux et subtropicaux. En Europe, la culture a été délaissée, et il n'y a plus guère que les enfants pour cueillir ses fruits, les " guindaules ".
Seules quelques variétés privilégiées donnent des fruits dignes de ce nom. Les jujubes sont des drupes à peau fine et brillante, de forme ovoïde ou oblongue, qui font de 2 à 5 cm de long. Ils passent du vert au jaune puis au rouge, parfois au brun roux. Leur chair peu juteuse est vert pistache, un peu farineuse, mais croquante et doit être de saveur douce et agréable.


Les jujubes des pays méditerranéens sont petits comme des olives et rouge vif à maturité. Ce sont les jujubes de Chine, les plus gros, obtenus grâce à des sélections rigoureuses, qu'on appelle les " dattes chinoises " ou " dattes rouges " qui sont les plus appréciés de tous les amateurs et le plus volontiers importés chez nous d'Extrême-Orient.
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Originaire de la Chine du Nord, le jujubier est passé en Asie du sud-est, en Inde et en Perse 3000 ans avant notre ère. Puis plus tard au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et enfin dans les pays méditerranéens de l'Europe. Des fouilles archéologiques menées dans le désert égyptien, non loin de la mer Rouge, ont mis à jour dans le village où vivaient les ouvriers des carrières du Mons Claudianus, des restes de jujube. Les Égyptiens aimaient beaucoup les jujubes, les dattes, les noix du palmier dum au goût de gingembre, ainsi que les "dattes du désert" (les drupes de la balanite). Ils plaçaient ces fruits entre deux disques de pâte à pain avant de les faire cuire.

Le jujubier est arrivé en Europe sous le règne d'Auguste où il était apprécié autant pour ses qualités médicinales que gustatives.

Il n'a été introduit en Amérique qu'au 19e siècle au Venezuela et en Floride.

Homère raconte dans l'Odyssée que les compagnons d'Ulysse furent accueillis sur l'île des Lotophages par les indigènes qui leur offrirent des petites baies rouges : "Aucun de ceux qui eurent mangé du fruit mielleux du lotos ne voulut y renoncer, ni retourner dans son pays." Frappès d'amnésie, ils oublièrent si bien et leur pays natal qu'il fallut les garrotter pour les réembarquer de force.

D'après la mythologie grecque, la nymphe Lotis se transforma en jujubier, arbuste on ne peut plus épineux et on ne peut plus défensif, pour échapper aux assauts de Priape.

Selon certains, les épines de la couronne du Christ étaient sans doute celles du " jujubier épine du Christ ", Zizyphus spina christi, assez courant en Israël.

Jusqu'à la Renaissance, le jujube joua un rôle important dans la pharmacopée surtout pour ses vertus pectorales, et contre les affections de la vessie et des reins. Il entrait dans la composition de " l'eau céleste "que l'on parait de toutes les vertus. Elle éloignait les animaux venimeux, protégeait de la peste et de la lèpre.
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Selon la tradition arabe, le jujubier du Paradis a autant de feuilles qu'il y a d'êtres vivants dans l'univers. Chacune de ses feuilles porte le nom d'une personne et de ses père et mère. Selon le temps qu'il reste à vivre à chacun, sa feuille est plus ou moins verte, si la feuille se dessèche c'est qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. Lorsqu'une personne meurt dans l'année, la feuille sur laquelle son nom est gravé tombe.

En raison de ces épines c'est un symbole de défense. Au Maroc, les épines ont la réputation de protéger du mauvais oeil, et on dépose des rameaux sur les tombes. La sage-femme met un petit rameau dans les mains de chaque nouveau-né mâle en exprimant le souhait qu'il " devienne dangereux comme cet arbre avec ces épines " En Grèce c'est une feuille que l'on place dans la main des nouveau-nés, mâles ou femelles, dans l'espoir qu'ils soient bien armés dans la vie.
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Le jujube est très calorique et riche en glucides. Il est émollient et diurétique. Sec ou en décoction, il est indiqué contre les rhumes bénins, la toux, l'enrouement. Avec les figues, les dattes et les raisins secs, il fait partie de la décoction des "quatre fruits béchiques" ou" pectoraux ". Il peut être également utilisé comme dépuratif.

La pâte de jujube que l'on vendait dans les pharmacies n'était en général rien d'autre que de la gomme arabique mélangée à du sucre et parfumée à l'eau de fleur d'oranger... mais sans jujube.


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Les meilleurs sont les jujubes d'Extrême-Orient, gros et oblongs, les plus sucrés, que l'on vend sous le nom de dattes rouges ou dattes chinoises. Contrairement à d'autres variétés, on peut les manger frais. On en vend également une autre variété, le Zizyphus sativa, dont les fruits sont décrits par Alphonse Daudet comme " les petites olives rouges, croquantes et charmantes sur un feuillage jaune ".


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Eh non! Pour une fois... L'arabe Razes le considérait comme un anaphrodisiaque, et le recommandait aux hommes trop voluptueux car " il appauvrit le sperme et s'oppose aux désirs vénériens ".


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Parmi les nombreux plats qui figurent sur les tables pour les fêtes de Nouvel An chinois, il y a des vermicelles transparents, les fen si, à base de haricots mungo, avec au centre un jujube. Le jujube rouge représente l'insigne des dignitaires mandarins qui portaient un bouton rouge sur leur bonnet. Ce plat annonce la réussite et la bonne fortune qui arrivent.

Pour ces fêtes du Nouvel An chinois, on sert aussi des jiaozi, des raviolis farcis, salés ou sucrés en forme de demi-lune et légèrement bombés. Celui qui prend par hasard dans tout un assortiment, un ravioli au sucre aura une existence douce dans l'année. Si le ravioli est farci d'un mélange de jujubes et de marrons, il verra ses souhaits vite réalisés. En effet, il y a homophonie entre " jujube ", " marron " et " vite réalisé ", zaolizi. Le lendemain des mariages, la mariée fait la cérémonie du thé pour sa belle famille. Après s'être inclinée devant ses beaux-parents et tous les membres importants de l'assistance, elle offre un thé sucré aux jujubes et aux marrons. En effet, un proverbe dit: " Manger des jujubes permet d'avoir un garçon, manger des marrons, une fille. " Et la jeune femme montre ainsi qu'elle entend donner naissance à un fils ou une fille, le plus rapidement possible.

Coucher un nouveau-né dans un berceau en jujubier prédispose celui-ci aux dignités précoces.

Alors qu'au quotidien, les Chinois boivent le thé nature et ne le sucrent pas, lors du réveillon du Nouvel An, on sert du thé aux jujubes et aux graines de lotus qui représentent la douceur d'une vie heureuse. On l'accompagne traditionnellement de nian gao aux cent fruits, une gourmandise faite de farine de riz glutineux et de farine de riz, parfumée à l'alcool de cannelier et enrichie de fruits secs, jujubes, dattes, litchis séchés... Et on se souhaite mutuellement une vie de plus en plus " élevée " en tous domaines, en faisant un jeu de mots, entre gao " gâteau " et gao qui signifie " élevé ".
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Les Chinois sont grands amateurs de jujubes et ils les emploient pour faire des sucreries, des pâtes de fruits, des gâteaux au riz gluant et au miel. Les jujubes confits entrent dans la préparation du riz aux Huit Trésors. Ils en ajoutent aux farces pour les raviolis, la volaille ou le lapin, à des boulettes, telles que les boulettes de porc au riz gluant cuites à la vapeur. Ils saupoudrent de jujube en petits morceaux des petits pains de maïs.

Afrique du Nord:

Au Maghreb, l'emploi du jujube ne se limite pas non plus au sucré, on prépare par exemple de l'agneau au miel et au jujube.
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