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(Cydonia oblonga; Angl: quince; All: quitte; Esp: membrillo; Arabe:
sferdjel; Grec: kidhoni; Persan: beh
On ne rencontre le cognassier à l’état sauvage que dans
les forêts de l’ancienne Perse, près de la mer Caspienne,
dans le sud du Caucase, en Anatolie, en Grèce septentrionale, mais
sa culture est très ancienne en Europe.
Le cognassier, appelé aussi coignassier, coignier,
coing, coudounier appartient à la famille des Rosacées.
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Ce petit arbre, souvent tortueux et déformé, aux feuilles
ovales et duveteuses à l’intérieur, ressemble un peu au poirier,
mais les fleurs sont plus grandes, belles, roses et blanches, solitaires,
et les feuilles ressemblent plus à celles du pommier qu'à
celles du poirier. La silhouette de cet arbre doté d'une grande
longévité, prend deux allures différentes selon que
l'on recherche un effet ornemental ou non. On le taille en buisson bas
pour l'usage décoratif, et on le laisse érigé jusqu'à
6 m de haut pour les vergers. Il aime les terrains humides et se plaît
près des points d'eau, il préfère la chaleur et rend
mal dans les endroits froids et mal exposés.
Les fleurs très décoratives apparaissent solitaires sur
de longues pousses de 12 à 15 cm qui se développent avant
la floraison. | Les arbres fleurissent en avril et mai et la récolte
se fait en octobre. Cuits et sucrés, en gelée, en pâte,
confits, en confiture... ces fruits, durs, jaunes, recouverts d'un duvet
blanchâtre, piriformes ou en forme de pomme pour certaines variétés,
ont une saveur exquise, très parfumée; mais crus, même
mûrs, ils sont trop acides et astringents, leur chair dure et âcre
est parfaitement immangeable.
Outre le Cydonia oblonga en forme de poire, on peut citer le
Cydonia maliformis, la pomme-coing en forme de pomme qui pousse
aussi en Europe et le Cydonia sinensis, une variété
asiatique. Une variété américaine dont le fruit est
plus gros donne des fruits qui peuvent être mangés crus.
LES FAUX-AMIS
Il ne faut pas confondre le cognassier à fruits (Cydonia
vulgaris) avec les cognassiers à fleurs (Chaenomeles japonica
et Chaenomeles speciosa), également de la famille des Rosacées,
tels le cognassier du Japon, aux branches enchevêtrées, parfois
épineuses. De courte longévité, mais plus résistants,
ils sont utilisés comme arbrisseaux d'ornement , souvent en haies
rustiques, pour leurs superbes fleurs rouges qui s'ouvrent à la
fin de l'hiver. On en extrait un parfum l'essence de cananga, qui se rapproche
de celle de l'ylang-ylang.
Le saviez-vous?
Le cognassier sert de porte-greffe à la poire passe-crassane,
grosse, blanche et fondante, à la peau épaisse, rugueuse
et peu cireuse qui de vert jaunâtre vire au jaune à maturité.
[HAUT DE LA PAGE] 
Le coing est mentionné dans les textes assyriens, babyloniens,
dans la Bible et dans les textes des auteurs classiques. Pour leur parfum,
ils étaient dignes d'être offerts aux dieux. Le fruit, cité
par Pline et Columelle, était consacré à Aphrodite-Vénus
et entrait dans la liste des espèces à planter dans les jardins.
Ils l'appelaient Malus cotoneum, c'est-à-dire la " pomme
cotonneuse ".
Considéré comme un gage d’amour dans le peuple, il fut
l’objet d’un décret du législateur Solon au 6e
siècle avant notre ère qui officialisa la place du coing
dans les rites de fiançailles.
D'après Plutarque, la jeune mariée devait en manger un
avant d’entrer dans la chambre nuptiale pour assurer le bon déroulement
de sa nuit de noces. Offrir une corbeille de coings à Vénus,
était un bon moyen de placer sa vie conjugale sous les meilleurs
auspices. Les deux conjoints devaient peler un fruit et le manger devant
la statue de la déesse.
Pour punir Capoue qui avait trahi et fait alliance avec les Carthaginois,
les Romains firent arracher tous les cognassiers qui poussaient sur son
sol.
| Historiens et botanistes se querellent pour savoir ce qu’était
la fameuse pomme d’or du jardin des Hespérides, pour certains, ce
serait le coing. Les pommes d'or des Hespérides en haut-relief du
temple de Zeus à Olympie ressemblent fort à des coings.
D'après les recettes de Palladius et de Columelle, on faisait
du coing au miel. Poivré, il va de soi! Les coings confits au miel
auraient été une invention des nymphes pour calmer les cris
de Zeus lorsqu’il était enfant. |
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Pour les médecins, de Hippocrate et jusqu'au 17e siècle,
en passant par les Arabes, la pâte de coing était outre une
friandise, un remède astringent recommandé pour la digestion,
contre les diarrhées, les dysenteries, les entérites. C'était
aussi un antidote contre les poisons. La décoction de pépins
était utilisée comme remède contre la toux et les
inflammations de la gorge. Une décoction faite avec le mucilage
entourant les graines servait contre les brûlures, les engelures,
les gerçures des lèvres.
Charlemagne ordonna qu'on en plante dans tous les jardins du royaume.
Au Moyen Âge, selon la théorie des quatre humeurs, et pour
des raisons diététiques, on présentait en dessert
les fruits secs, les fruits astringents comme le coing ou la nèfle,
de même que les fruits réputés chauds et moites comme
la fraise ou la datte, ou la poire « digestive » alors que
l’on servait en entrée les fruits légers tels que cerises,
abricots, pêches, prunes, melon... Selon les travaux de Jean-Louis
Flandrin sur les menus du Moyen Âge et de la Renaissance, étaient
présentés en début de repas les aliments " froids
et / ou putrescibles " tandis que d’autres, " comme certaines pommes, et
poires, ou les coings, les châtaignes, les nèfles convenaient
plutôt en fin de repas, car ils avaient la vertu d’empêcher
les aliments de remonter vers la bouche et les pousser au contraire vers
la sortie à la manière d’un pressoir ".
" Toutes manières de coing confortent l'estomac et donnent appétit
de mangier ", dit un vieil auteur.
Les confitures et pâtes de coing, appelé aussi poire de
Cydonie, faisaient partie des " épices de chambre ", que l'on consommait
dès le 13e siècle en une prise séparée
après le repas selon les prescriptions des diététiciens
de l'époque. Les privilégiés offraient à leurs
invités des graines de coriandre, d'anis, de fenouil, ou du gingembre,
pour les aider à digérer, et à purifier leur haleine
après le repas. Pour ceux qui pouvaient se le permettre, les graines
avaient cuit dans du sucre. Les fruits confits avec force aromates et épices,
ainsi que les confitures, qui d'ailleurs tenaient plus de la pâte
de fruit que de la confiture, jouaient le même rôle. Les gens
riches faisaient preuve d'attention à l'égard de la santé
de leurs invités et de libéralité en offrant ces épices
de chambre dans de jolies petites boîtes que l'on emportait chez
soi ou dans lesquelles on piochait dans sa chambre si l'on séjournait
chez ses hôtes. De même lorsque l'on se rendait visite, on
invitait dans sa chambre qui faisait office de salon et le rituel voulait
qu'on fasse circuler à la ronde des " drageoirs ", coupes ou boites
contenant des épices de chambre comme on offrirait aujourd'hui un
verre ou une cigarette, et qu'on les grignote au cours de la conversation.
Montaigne en 1580 se montre bien français en s’étonnant
du mélange de fruits avec de la viande au cours d’un voyage en Allemagne
du Sud. Dans les auberges de Lindau il note aussi " comme hors de notre
usage qu’on lui serve ", " des potages faits de coings, d’autres de pommes
cuites, taillées à rouelles sur la soupe ".
La marmelade de coings a pour origine le dulce de membrillo ou
mamelo, toujours apprécié en Espagne et au Portugal.
Selon la légende les bénédictines qui se sont
installées au 8e siècle à Baume-les-Dames,
seraient les créatrices de la pâte de coing. Le cotignac,
une pâte de fruit aux coings, apparaît dès le 14e
siècle dans les menus. Il est cité dans le Ménagier
de Paris sous le nom de coudoignac, dans le Pantagruel de Rabelais
en 1532 et dans le Journal du sire de Gouberville en 1559. Cette
spécialité orléanaise tirerait son nom du provençal
coudougnat, dérivé de coudougn, coing, ou selon
une autre hypothèse, de Cotignac dans le Var où on fabriquait
déjà des confitures de coing.
Selon Nostradamus, auteur d'un traité sur les confitures, publié
en 1555, un Excellent et moult opuscule à touts nécessaire,
qui désirent avoir cognoissance de plusieurs exquises receptes,
divisé en deux parties; la première traite des différentes
manières de cosmétiques et parfums pour éclairer et
embellir le visage. La seconde nous montre la façon et la manière
de faire toutes confictures liquides tant en sucre, miel qu'en vin cuit,
on doit pouvoir lire à travers le pot d’une gelée de coing
bien faite.
Les Secrets du seigneur Alexis piémontois (1555) et l'ouvrage
de Michel de Nostradamus, présentent tous deux des recettes de confitures,
de gelées, de conserves, de desserts où le coing figure en
bonne place. Les confitures y sont réparties en deux catégories
les liquides et les sèches que qu’on peut manger avec les doigts,
division qui a été maintenue jusqu'au 18e siècle.
Nostradamus médecin, alchimiste et astrologue, a pu rédiger
son ouvrage en se basant sur les observations sur le raffinage et la cuisson
du sucre qu’il avait pu faire lors de ses voyages en Italie. Il emploie
aussi bien le miel, plus économique, que le sucre, mais pour les
confitures sèches, il est formel, seul le sucre fait l’affaire,
et il doit être de bonne qualité : " Car de belle marchandise
se fait de bel ouvrage:& de laide ou de meschante, meschant ouvrage.
"
Selon les médecins : " Le cotignac est astringent si on le prend
à l’entrée du repas; il fortifie l’estomac, aide à
la digestion, garantit des fumées qui montent à la tête
après avoir bu; au contraire s’il est pris après, il lâche
le ventre insensiblement et peu à peu, sans l’offenser ". Le médecin
de Henri III, Henri Joubert, fait remarquer que « les femmes enceintes
mangeant force cotignacs font de beaux enfants. »
Dès le règne de Louis XI, tous les rois, les princes,
les grands personnages de passage à Orléans se voyaient offrir
du cotignac. Ainsi quand le reine de Navarre s’arrêta avec se fille
dans la ville en 1546 : " la ville leur fit de grands présents en
pâtisseries, dragées, confitures, fruits confits, et surtout
en cotignac fait à l’hôtel de ville et en présence
des échevins ".
François 1er raffolait du cotignac, " qu'il pouvait, dit-on,
savourer les larmes aux yeux. " Un jour il en grignotait quand il surgît
à l'improviste chez sa favorite du moment, Mme d'Étampes
qui était en galante compagnie et eut tout juste le temps de cacher
son amant sous son lit. Quand il la quitta, le roi glissa le confiturier
sous le lit et dit " Tiens, Brissac, il faut bien que tout le monde vive!
"
Il fut une époque où les grands seigneurs et même
les rois ne dédaignaient pas de se livrer à la confection
de confitures et pâtes de fruits. C'est à la cuisine alors
qu'il préparait ses propres confitures, que Louis XIII apprit l'exécution
de Cinq-Mars. Son oraison funèbre, de circonstance, fut : " Il avait
l'âme noire comme le fond de ce chaudron. "
Les filles de Louis XV voulant goûter du cotignac, leur père
s’adressa à Mgr de Jarente, qui passait plus de temps à Paris
qu'auprès de ses ouailles et dut se rendre à Orléans
pour ramener cette friandise que lui même n’avait jamais goûté
bien qu’il ait été l’évêque d’Orléans.
Séduit, il demanda la recette et s’en fit préparer par son
confiseur. La recette fut transmise à son neveu Grimod de La Reynière,
et transcrite dans Le Grand Dictionnaire de Cuisine d’Alexandre
Dumas.
Le coing ayant un goût très prononcé, il est inutile
d’y ajouter quoique ce soit en confitures, mais au 17e et 18e
siècle, on faisait de la gelée avec du vin : vin blanc pour
la gelée blanche, vin rouge pour la gelée rouge. Le Dictionnaire
de Richelet en fixe la recette en 1680. Le Dictionnaire du commerce
indique que le cotignac, " cette sorte de confiture, qui est ordinairement
de la couleur des plus beaux rubis, est envoyée en petites boîtes
de sapin, rondes et plates, de diverses grandeurs, dont les plus petites
s’appellent des " friponnes ". Aujourd'hui l’épicéa a remplacé
le sapin, le vin a disparu, mais reste cette friandise sucrée à
75% de son jus, cuite à la nappe et coulée dans les fameuses
petites boîtes. Mais la concurrence avec le roudoudou lui a fait
le plus grand mal.
Dans L’Alsace à table publié en 1862, Charles Gérard
raconte qu’à l’époque on servait à ses invités
quand ils avaient trop bu " une tranche de coing frit qui ramène
une douce sérénité dans les têtes troublées
par les orageuses fumées du vin ".
Pendant tout le19e siècle, le ratafia de coings a
fait le régal de nos ancêtres. Il fallait choisir des coings
bien mûrs et les " râper jusqu'au cœur ". On faisait macérer
cette râpure dans un vase pendant trois jours. On la pressait fortement
pour en exprimer le jus qu'on étendait de son double en eau-de-vie.
On y ajoutait deux onces de sucre par demi-setier de liqueur, des clous
de girofle et de la cannelle. Il fallait faire infuser six semaines.
La gomina dépose un film qui gaine le cheveu en séchant
le film s’écaille et s’élimine au brossage des cheveux. Au
début on a utilisé des gommes végétales comme
le coing dont les pépins contiennent beaucoup de mucilage ou la
gomme adragante pour faire de la bandoline. Elles ont été
remplacées par des gommes de synthèse.
[HAUT DE LA PAGE] 
En Espagne, le coing a gardé la réputation de contre-poison
que les médecins du temps jadis lui prêtaient.
Chez les Anglo-Saxons, le coing, selon une tradition ancienne largement
répandue, n’est rien d’autre que le fruit défendu du jardin
d’Eden, c'est pourquoi ils répugnent à en manger pour ne
pas s’attirer de malheur.
Les graines de coing sont protectrices. Selon Scott Cunningham : "
mettez-les à sécher dans des coupes que vous répartirez
dans les pièces de la maison ".
Dans certaines régions, on recommandait aux femmes enceintes
de manger du coing pour avoir de beaux enfants, des garçons de préférence
et même dotés de la bosse des maths. Pourquoi pas? Tant qu’à
faire!
[HAUT DE LA PAGE] 
L’action conjuguée de la pectine et des tanins en font un émollient
et un astringent des muqueuses digestives et un antidiarrhéique.
On préparait autrefois un onguent à base de pulpe de
coing cuite et réduite pour les hémorroïdes saignantes,
les relâchements vaginaux.
Les graines écrasées et macérées dans de
l’eau donnent une lotion calmante pour les affections de la peau, les dartres,
les engelures, les gerçures des lèvres, les brûlures,
l’eczéma des mains, la conjonctivite, les affections de la bouche
et des gencives, les aphtes, les hémorroïdes.
Beauté
Nos aïeules utilisaient comme antirides et adoucissant des masques
de pépins de coing écrasés dans de l'eau et faisaient
une lotion à base de pelure de coing ou de coing entier mis à
macérer dans de l'alcool à 45°.
[HAUT DE LA PAGE] 
C'est l'un des rares fruits qui exige sucre et cuisson pour révéler
sa saveur parfumée. Crue la chair est âcre, cotonneuse et
coriace.
L'espèce commune compte 3 principales variétés:
la variété piriforme dont le Champion né au
19e siècle dans le New Jersey
aux États-Unis, en forme de poire, de calibre moyen, à
la chair légèrement jaune, dure mais juteuse, et la variété
maliforme (en forme de pomme) cultivées dans le midi, ainsi le coing
du Portugal duveteux et doré, à la chair jaune et cassante,
au parfum très prononcé. Signalons le monstrueux de Vranja
qui vient d'ex-Yougoslavie, de forme allongée et ventrue, à
la chair ferme qui se signale par son poids imposant qui peut atteindre
1 kilo.
La saison est courte puisque le coing n'est vendu que de septembre
à novembre, de plus il est peu courant sur les marchés le
gros de la production étant destiné à la confiserie.
La production française concentrée dans la Savoie, les Bouches-du-Rhône
et la Drôme est très confidentielle (2500 tonnes), alors sachez
en profiter.
Choisissez-les bien mûrs, fermes, lourds, d'un beau jaune sans
tache, au duvet rugueux, au parfum pénétrant, sans aucune
trace de meurtrissure.
Ils se conservent très bien dans un endroit sec et aéré.
Astuces
Préférez les coings en forme de poire
à ceux en forme de pomme; ils sont plus juteux, plus moelleux et
plus parfumés.
Avant toute utilisation, frottez les fruits avec
un torchon pour éliminer le duvet blanc qui recouvre les fruits.
Pulpe :
Crue, la chair est immangeable. Elle s'oxyde très vite. Sa richesse
en pectine se prête très bien à la préparation
des gelées et confitures. En effet, la pectine se solidifie en refroidissant.
La chair jaune rosit à la cuisson.
Pépins:
Très riches en pectine et en mucilage, ils étaient utilisés
à la fabrication de gelées alimentaires, de certains collyres,
de la bandoline des coiffeurs.
Maison
Prenez à l’automne un fruit bien charnu et suspendez-le dans
une armoire ou laissez-le dans un coin de la pièce. Il donnera tout
l’hiver un parfum suave et tenace. Le coing est aussi très agréable
dans les pots-pourris.
Le petit bois, provenant de la taille est un bon allume-feu.
[HAUT DE LA PAGE] 
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