Originaire du bassin méditerranéen, le cardon est un
légume de la famille des Composées, peu connu en Amérique
du Nord, et populaire en Suisse, en France en Italie, en Espagne, en Australie,
en Argentine.
Chez les botanistes, les origines du cardon et de l'artichaut ont fait
jadis l'objet d'une controverse. S'agissait-il de deux plantes distinctes,
ou alors de plantes similaires sélectionnées, l'une en vue
de la consommation du capitule floral (artichaut), l'autre de celle des
côtes (cardon)? Mais, oui, Linné s'est trompé. Le naturaliste
suédois qui révolutionna au 18e siècle
la classification botanique n'était toutefois pas infaillible. Il
soutenait qu'artichaut et cardon étaient deux espèces bien
distinctes. En réalité on a prouvé maintenant qu'un
ancêtre commun est assurément à l'origine de ces deux
espèces : le chardon sauvage, qu'on trouve dans tout le bassin méditerranéen
et que les anciens Grecs nommaient lactos. Bizarrement, alors alors
que l'artichaut, d'obtention récente, est devenu fort courant, le
cardon, plus ancien, est aujourd'hui un légume rare. C'est essentiellement
dans le sud de la France que l'on cultive et l'on consomme cette plante
hivernale. A quoi ressemble le cardon? Il ressemble quelque peu au céleri,
avec ses branches longues et souples. Les tiges externes du cardon sont
ligneuses, dures et couvertes d'épines molles. On les jette habituellement,
ne conservant que les tiges internes que l'on débarasse du feuillage
et des fils présents le long des nervures.
On le sème en mai. Quatre mois plus tard, la plante mesure déjà
1,5 m. Les grandes feuilles aux larges côtes charnues - c'est cette
partie que l'on déguste - sont alors blanchies au fur et à
mesure de la récolte. Le blanchiment représente la phase
la plus intensive de la culture du cardon et requiert une attention particulière
pour chaque plante de cardon. Il se pratique au champ ou en cave. En début
de saison, l'opération a lieu sur pied. Au champ, les cardons sont
emmitouflés dans une gaine de plastique noire et perdent peu à
peu verdeur et amertume. Quand les gelées se rapprochent, tous les
cardons sont arrachées. Les feuilles sont bottelées en grands
fagots que l'on range bien serrés à la verticale, et à
l'abri de la lumière pour qu'ils blanchissent. Chaque plante est
attachée et même démottée lorsque le blanchiment
a lieu en cave. Ce travail est rendu difficile s'il y a de nombreux piquants
chez certaines variétés de cardon. Seules les côtes
blanchies sont gardées pour la consommation.
La production française est estimée à 400 tonnes,
et plus de 80% proviennent de la région Rhône-Alpes. Le reste
provient du Dauphiné et de la Provence. Vaux-en-Velin n'est pas
l'endroit où on en cultive le plus, pourtant tout le monde considère
que c'est la capitale du cardon. C'est en effet d'ici que provient la variété
inerme, c'est-à-dire sans aiguillon et sans épines, la plus
cultivée en France. La commune est par ailleurs l'organisatrice
d'une grande fête annuelle du cardon. Le 8 décembre sur la
place du village, se tient une dégustation géante et gratuite
de gratins de cardons.
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Mais au dire de certains gourmets, la variété la plus
fine est l'épineux argenté de Plainpalais, pour laquelle
les maraîchers ont demandé une AOC. S’il y a une spécialité
bien genevoise, c’est sans aucun doute le cardon… mais pas n’importe quel
cardon… pour un vrai Genevois, le doute n’existe pas ! La seule variété
qui mérite une protection, et ce malgré ses piquants innombrables
et acérés, c’est le cardon épineux argenté
de Plainpalais. Son feuillage est bleu argenté, ses côtes
sont fines et nombreuses, son goût rappelle celui de l’artichaut
avec une note de noix et de beurre doux. Il reste ferme et croquant à
la cuisson, et sa structure est moins filandreuse que les
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autres variétés.
Cette plante volumineuse (sa hauteur atteint 1 m 50!) est le fruit d'une
longue sélection et de croisements attentifs entre cardon plein
inerme, plein blanc inerme, puvis d'Espagne, épineux de Tours et
cardon à côtes rouges.
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