( Musa spp. Angl : banana )

Originaire du Sud-Est asiatique, de la famille des Musacées, il en existe des centaines de variétés, minuscules ou très grosses, comestibles ou non. Pour prendre un exemple, simplement aux Seychelles, on en compte une trentaine de comestibles du jaune au vert en passant par le rouge sombre. Certaines sont considérées comme des légumes (comme la plantain), d'autres comme des fruits, communément appelées bananes-desserts. Aux îles Seychelles, les noms créoles sont savoureux et, pour différencier les différentes variétés on dira bannann dezire, bannann gros misel, etc. Aux Antilles françaises, on l'appelle " figue ". Le mot banana vient du Bantou et est sans doute dérivé de l'arabe banan qui signifie " doigt, orteil ".

Le bananier est une plante herbacée qui peut atteindre de 3 à 10 m de haut avec de grandes feuilles de 3 m de long et de 50 cm de largeur. C'est même la plus grande herbe que l'on connaisse avec le bambou, mais ce dernier a une tige ligneuse à l'inverse du bananier. Les bananiers sont donc les plus grandes herbes du règne végétal. Ils se perpétuent par bourgeonnement de la souche; les pousses se développent, fructifient, puis se dessèchent et meurent, suivies par d'autres plus jeunes vouées au même sort. Ainsi de rejet en rejet, s'affirme la pérennité de la plante. Le cycle de croissance de la plante est très rapide et son existence ne dépasse pas une année.

Les bases épaisses des feuilles s'entrecroisent de façon régulière et serrée en s'enroulant les unes sur les autres et en se recouvrant mutuellement pour former un " pseudo-tronc ". Les longs pétioles qui s'engainent les uns dans les autres sont très riches en eau. En appuyant sur un moignon de stipe, on fait suinter des quantités d'eau impressionnantes. Les bananes se développent en un an par parthogenèse sur la tige florale, après la floraison de fleurs pourpres. Un régime peut compter de 100 à 400 bananes. Au moment où l'on coupe le régime, les bananes ne sont pas encore parvenues à maturité : elles sont vertes et regroupées sur le régime en séries que l'on appelle " mains de bananes " car elles y sont disposées comme les doigts d'une main. La maturation s'effectue pendant le transport.

Production

La banane dessert occupe le deuxième rang du marché mondial des fruits, derrière les oranges et devant le raisin. Avec une production de 57 millions de tonnes en 1997, c'est une source importante de revenus pour de nombreux pays d'Afrique, d'Amérique latine, de la Caraïbe et du Pacifique. Près de 52 millions de tonnes de bananes desserts et 27 millions de tonnes de bananes plantains sont produites annuellement. Si les premiers producteurs mondiaux de bananes desserts, le Brésil et l'Inde, consomment la totalité de leur récolte, les quelque 11 millions de tonnes exportées alimentent une guerre commerciale de plus en plus âpre. C'est notamment le cas du marché européen, l'un des plus importants et des plus rentables, qui absorbe chaque année 3,9 millions de tonnes: 850 000 tonnes de production communautaire en provenance des îles Canaries (420 000 tonnes), de Martinique (220 000 tonnes) et de

Guadeloupe (150 000 tonnes); 857 000 tonnes venant de pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dits ACP, liés à l'Europe dans le cadre des conventions de Lomé; et 2,5 millions de tonnes des pays latino-américains, dont les bananes, dites bananes dollars, sont commercialisées par des firmes principalement américaines. Les deux tiers de ces 11 millions de tonnes sont vendus par trois multinationales qui contrôlent toute la filière: deux américaines, United Brands Company (Chiquita) et Castel & Cooke (Dole), et une mexicaine (Del Monte).

Premier importateur mondial, l'Union européenne draine un tiers des échanges. Elle entretient des accords préférentiels avec 70 pays de la zone ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).

Si l'’Union Européenne garantit aux planteurs de la Communauté un marché d’environ 850 000 tonnes par an, elle garantit le même volume d’importation hors taxes aux pays en voie de développement de la Conférence Afrique-Caraibes-Pacifique (ACP). Le reste du marché européen — qui représente 2,6 millions de tonnes supplémentaires — est essentiellement aux mains de sociétés américaines. Leurs " bananes en dollars " proviennent essentiellement d’Amérique latine et coûtent 500 FF de plus par tonne en raison des taxes d’importation (taxes douanières).

La guerre de la banane

M. Robert Dole parle d'or: " Quand des intérêts catégoriels vous versent de l'argent, ils attendent de vous autre chose qu'un bon fonctionnement du système politique.". Quand M. Carl Lindner, président d'un conglomérat géant qui s'occupe à la fois d'assurances, de médias et de bananes, (Chiquita Brands International) verse 225 000 dollars aux bonnes œuvres politiques personnelles du dirigeant républicain (et 160 000 dollars à son parti), l'investissement paraît plus que rentable.

Ainsi, en automne 1996, alors que la " bataille du budget " faisait rage au Congrès et que la guerre couvait encore en Bosnie, M. Dole annonça à des collègues du Sénat, un peu interloqués, que sa " principale priorité " serait de faire quelque chose à propos des " politiques injustes [de l'Union européenne] sur la banane " en défaveur de  la Colombie, le Costa Rica, le Venezuela et le Nicaragua.

Si l’Europe ne donne plus la préférence aux " bananes en francs ", elles ne trouveront plus leur place sur le marché. Un kilo de lui revient, transport compris, 4,40 FF explique-t-il, alors que la concurrence américaine ne dépasse pas 3,60 FF (en raison de coûts salariaux plus faibles, de l’absence de protection sociale et, partiellement, des difficultés liées au relief montagneux de l’île). D'où la guerre de la banane ! Les négociations commerciales se suivent et se ressemblent. Les États-Unis ont tenté le 10 novembre 1998 un nouveau coup de force en attaquant de front le système de quotas d'importation de la banane mis en place par l'Union européenne pour protéger ses départements d'Outremer ainsi que ses partenaires de l'ACP. Si ce système n'était pas modifié d'ici à la fin de l'année, ils se proposaient d'imposer des droits de douanes de 100% sur une liste considérable de produits parmi lesquels les fromages de brebis, des crèmes épilatoires, du prêt-à-porter et de l'électroménager sans oublier les hosties et les vins. On leur laisserait volontiers les crèmes épilatoires, mais pas touche à nos vins et à notre roquefort ! De son côté, Bruxelles  déclarait qu’elle
n’accepterait la proposition américaine d’un arbitrage rapide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que si Washington retirait sa menace de sanctions unilatérales. On a  vu à Bruxelles les représentants de certains groupes d'intérêts donner des ordres aux parlementaires depuis la tribune, et on a vu également arriver des amendements rédigés sur du papier à en-tête de certaines multinationales.

A la Commission, une énième mouture d’une OCM-banane (organisation commune de marché) est en cours d’élaboration. Elle prévoit un contingent de 2,5 millions de tonnes pour les bananes originaires de la zone dollar. En revanche, les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) et, singulièrement, africains, font les frais de la nouvelle version. Leur contingent, partiellement transférable entre eux, tombe de 857.000 à 560.000 tonnes. Ce tonnage se calcule sur la base des années antérieures à 1998. Cette solution satisfait Antillais et Américains.  Le contingent de 857 700 tonnes a été maintenu pour les importations des pays ACP traditionnels, sans paiement de droits à l'importation. Cependant, au contraire de l'ancien système, une allocation spécifique par pays n'est désormais plus prévue dans cette catégorie. Autrement dit, les pays ACP traditionnels qui approvisionnent le marché de la CE en bananes sont en concurrence entre eux, l'unique limitation au volume de bananes des pays ACP traditionnels qui peut entrer sur ce marché étant la quantité globale de 857 700 tonnes.

Écologie

La monoculture intensive du bananier nécessite de gros investissements. Elle repose sur une base génétique étroite : trois variétés du sous-groupe Cavendish dominent l'ensemble du marché. Pour exprimer pleinement leur potentiel, celles-ci requièrent de nombreuses interventions humaines, consomment des doses importantes d'engrais et surtout de produits phytosanitaires. Le respect rigoureux des normes et une bonne maîtrise de l'usage des intrants sont donc indispensables pour éviter de porter atteinte au milieu naturel, voire, dans certains cas, à la santé de l'homme. L'accumulation de matériaux non dégradables, de sous-produits, d'eaux usées des stations de conditionnement génère d'autres nuisances. En 1992, le 21 février, le Tribunal international de l'eau, réuni à Amsterdam, a condamné la compagnie bananière Standard Fruit pour avoir causé d'importants dégâts à l'environnement sur la côte atlantique du Costa-Rica. Il a jugé que l'emploi massif de pesticides par la multinationale polluait gravement les eaux de la rivière Estrella, et mettait en péril le récif de corail de Cahuita, situé à 15 kilomètres au sud de l'embouchure de la rivière. Il exhortait la compagnie à réduire ses épandages de produits chimiques, à reboiser les zones dévastées, et à ne pas abuser de son pouvoir économique aux dépens des populations locales.

Malgré le resserrement de contrôles d'exportation, l'industrie bananière continue d'utiliser des pesticides interdits, ou d'usage sévèrement restreint dans les pays occidentaux. D'où les intoxications de travailleurs (plus de 500 cas d'ouvriers costariciens, devenus stériles à cause du dibromochloro-propane dans les années 70, traînent encore devant les tribunaux américains).

Le Monde Diplomatique,  en juin 1999 a publié une enquête :  Chiquita. Révélations sur les pratiques d'une multinationale. Les témoignages des employés de Chiquita, la plus grosse compagnie bananière du monde, y révèlent des conditions de travail atroces, des épandages de pesticides dangereux pour les ouvriers et pour l'environnement. Un monde de sociétés écrans, de fraudes fiscales, de détournement des législations locales sur la propriété agraire et sur les contrats de travail, de corruption de ministres ou même de fonctionnaires européens, d'entraves aux syndicats, de manipulations politiques, d'enquêtes de la SEC (Securities and Exchange Commission des États-Unis, qui contrôle les opérations boursières), voire de suicides, d'assassinats jusqu'à la destruction d'un village hondurien par l'armée pour que prospère la culture de la banane.

Le Financial Times a publié un article intitulé " Quand une multinationale glisse sur la peau de banane d’une ONG ". On y voit comment  la compagnie Del Monte a finalement cédé à la pression de l’association britannique Banana Link. La multinationale reconnaît désormais les syndicats sur ses plantations au Costa Rica.

En août dernier, l’arrivée d’un minibus au siège britannique de la compagnie bananière Del Monte a constitué une étape décisive dans la campagne lancée contre cette multinationale. Le véhicule transportait des militants du mouvement en faveur de l’amélioration des droits des salariés dans le secteur. Les lettres qu’ils avaient adressées à Del Monte pour solliciter une rencontre étaient restées sans réponse. Ils avalent donc décidé de livrer une tonne de peaux de banane à la compagnie.

Fin décembre, après une nouvelle campagne des ONG en Europe, la compagnie et le syndicat costaricain ont conclu un accord qui stipule qu’ils se doivent le respect mutuel et qui reconnaît aux syndicats le droit de syndiquer librement les employés sur les plantations de Del Monte.

Les activistes préparent une nouvelle campagne contre Chiquita, la plus grosse compagnie bananière du monde.

La pression des organisations non gouvernementales, des syndicats et des consommateurs a conduit certaines firmes à promouvoir une image plus positive de la production. En 1997, la fondation indépendante Max Havelaar a proposé d'appliquer à la banane le principe du produit commercialement équitable, déjà présent sur les marchés du café et du cacao. Une enquête menée par l'Union européenne auprès des consommateurs a montré que ce concept, qui répondrait à une attente, pourrait toucher un marché de 300 000 à 400 000 tonnes en Europe, à côté des quatre millions de tonnes déjà importées. Le Cirad, fort de ses acquis sur le terrain aux Antilles depuis les années 70, apporte son appui scientifique à cette démarche.
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Proverbe des Noirs Créoles des Antilles

Aux Antilles, se marier sous un bananier est très néfaste, car la femme rendra son mari malheureux et sera une mauvaise mère. De même à l'île Maurice, il porte malheur à qui en a dans son jardin.

Occident

Selon les croyances occidentales rapportées par de nombreux auteurs, une banane coupée transversalement aurait la figure d'une croix ou d'une petite figure ressemblant au Christ. En coupant le fruit avec un couteau, on risque de blesser la figure sainte, c'est pourquoi il vaut mieux se servir de ses doigts.

Dayaks de Bornéo

Ils voient dans l'accumulation des gaines de feuilles constituant la tige de bananier " le symbole des différents " corps " occultes que revêt tour à tour l'âme dans sa migration du grossier vers le subtil ". Craignant de gêner le voyage des morts, ils se refusent à couper cette tige, mais la cassent pour la planter sur les tombes.

Grèce

On croit que " lorsqu'on cueille une banane avant sa maturité, la tige abaisse sa tête pour frapper son ravisseur. "

Amérique du Sud

Dans toute l'Amérique du Sud, un hommes mangeant deux bananes provenant d'une même tige donnera naissance à des jumeaux.
Dans les Andes, les paysans appliquent la peau frite sur les plaies qu'il faut faire suppurer.

Inde

En Inde, les feuilles ornent les rues, les temples et les bâtiments officiels, notamment lors des fêtes dédiées à Kali. Des guirlandes de fleurs de bananiers portées au cou ou ornant les maisons, les temples et les statues des divinités sont censées apporter la prospérité et l'argent.
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L’apport énergétique de la banane (environ 90 calories aux 100 g,) est dû essentiellement à ses glucides qui fournissent plus de 90 % de l’énergie globale. C'est une bonne source d'énergie musculaire.
Ces glucides sont constitués, avant maturation, par de l’amidon, qui disparaît progressivement, pour faire place à des sucres solubles, ainsi qu’à des substances mucilagineuses dans les derniers stades d’évolution du fruit. Elle passe du jaune au brun foncé, mais sa chair reste comestible; elle développe alors son odeur caractéristique d'acétate d'amyle, arôme auquel on la reconnaît facilement.

Le taux des protides est faible (1,2 % en moyenne) mais un peu supérieur à celui des autres fruits.

Les lipides (graisses) ne sont présents qu’à l’état de traces (moins de 5 %), mais jouent cependant un rôle important comme support d’arômes naturels dans le fruit.

Les fibres sont présentes en quantités relativement élevées, de l’ordre de 2 g pour 100 g (soit 8 % de fibres par rapport à la matière sèche). Elles sont réparties entre substances cellulosiques (accélérant le transit intestinal), et matières pectiques (qui interviennent dans la régularisation du transit, et le métabolisme des sucres et des graisses). Ceci explique sans doute l’absence d’effets irritants des fibres de la banane.

La distribution vitaminique apparaît très équilibrée :

- les vitamines du groupe B sont toutes représentées (sauf la vitamine B12 absente du règne végétal). A noter la vitamine B6, au taux de 0,5 mg/100 g, soit le quart de l’apport quotidien recommandé).

- la vitamine C atteint 12 mg/100 g en moyenne (ce qui est supérieur à ce que l’on trouve dans de nombreux fruits métropolitains). A noter qu’au fur et à mesure que le fruit mûrit, le taux baisse légèrement : il passe de 12 à 14 mg en début de maturation, à 9 mg ou 10 mg dans la banane très mûre.

- le taux de provitamine A (caroténoïdes) varie entre 0,08 et 0,2 mg aux 100 g, selon l’origine des fruits.

- enfin, la vitamine E est présente à raison de 0,6 mg/100 g, taux relativement important pour un fruit.

La teneur minérale est globalement élevée (830 mg aux 100 g), ce qui va de pair avec le fort pourcentage de matière sèche.

Les minéraux les mieux placés : le potassium (385 mg), le magnésium (30 mg, soit près du dixième des besoins quotidiens), le fer (0,4 mg, mais on ne dispose pas d’étude sur son assimilation). Ses sels minéraux en font un bon fortifiant des os et du système nerveux.

C'est un aliment précieux qui ne charge ni le travail de l'estomac, ni celui des reins, car il est pauvre en albumine.

Sus aux idées reçues

 On dit et on lit couramment qu'une banane vaut bien un steak. On ne peut certainement pas comparer banane et viande : ce sont des aliments de nature très différente, et qui ne jouent pas les mêmes rôles nutritionnels. La banane représente à la fois un fruit (intéressant pour ses apports en minéraux et en vitamines), et un aliment énergétique " consistant ", qui peut satisfaire efficacement l'appétit. On attend de la viande qu'elle fournisse un apport appréciable en protéines (elle en renferme 16 à 20 %, contre 1,3 à 1,8 % pour la banane), protéines de qualité biologique élevée (les protéines de la banane, d'origine végétale, sont déficientes en lysine, un acide aminé indispensable dont le besoin est particulièrement important durant la croissance). Donc, à chaque aliment sa place !

Médecine naturelle

La médecine naturelle utilise la banane pour calmer les diarrhées.

Elle est adoucissante et apaisante(nature); pour diminuer la douleur causée par une brûlure, pelez une banane et posez une lamelle de pelure, face interne, sur la brûlure.
Elle est laxative (nature) lorsqu'elle est blette
Elle est tonique (nature) à cause de ses sucres qui sont vite assimilés par les cellules musculaires, elle apporte une récupération rapide après l'effort. Elle est excellente en collation pour les sportifs, les étudiants

Beauté

Vous avez les doigts jaunis par la nicotine? Prenez l'intérieur de la pelure d'une banane et  frottez-vous en les doigts

Pour vous faire un masque regénérant Bonne Mine, écrasez une banane et étalez la pulpe sur votre visage. Laissez poser 15 minutes, puis faites un petit massage en faisant rouler la pulpe sur la peau. Rincez et tonifiez.
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Achat

Les bananes sont cueillies vertes, encore immatures, en raison des contraintes de commercialisation (longues distances à parcourir, fruits fragiles une fois mûris). Elles voyagent dans des navires spéciaux, les " bananiers ", équipés de manière à leur assurer une température constante de 12°C, ce qui les stabilise dans des conditions optimales (en dessous de 12°C, le fruit brunit et ne peut plus mûrir ultérieurement ; au-dessus de 20°C, le fruit évolue trop rapidement pour pouvoir ensuite être commercialisé dans de bonnes conditions). Une fois arrivées dans la région de destination, les bananes vont passer en " mûrisseries ". Autrefois essentiellement artisanales, ces mûrisseries sont aujourd’hui gérées et contrôlées très rationnellement.

Une bonne maturation exige en effet :
- une température adaptée, comprise entre 15 et 21°C.
- une humidité d’au moins 80 %.
- un faible apport d’éthylène (le gaz émis naturellement par les fruits lors de la maturation) : il suffit de laisser les bananes une journée au contact de faibles teneurs d’éthylène pour déclencher le processus de maturation, qui se poursuit ensuite plus ou moins rapidement, selon la température à laquelle les bananes sont maintenues.

La banane des Canaries, la meilleure, est très arquée ; la banane d’Amérique, plus grosse et moins arquée est souvent mucilagineuse et moins parfumée. Choisissez des bananes intactes, pas trop dures car elles mûrissent mal. Évitez les bananes très vertes sauf si vous les destinez à la cuisson, les bananes fendues, les bananes molles.

Choisissez des bananes d’un vert pâle nuancé de jaune ou d’un jaune doré uniforme,  à la rigueur tigré mais sans taches noires ; ces dernières indiquent un début de putréfaction.

La banane est également disponible sur le marché sous forme de farine, de bananes séchées et de croustilles, petites tranches jaunâtres particulièrement riches en calories, car elles ont été frites.  La banane séchée a un apport de 292 calories pour 100 grammes. Elle a un taux de sucre très important (de 21.6 à 66). Elle est très indigeste en prime.

A quel stade de maturité doit-on consommer la banane ?

En fait, dès que sa peau est uniformément jaune, elle peut être considérée comme parfaitement " mûre " : la totalité de l’amidon est alors transformée en sucres solubles, et il n’existe donc aucun problème de digestion. Bien sûr, certains consommateurs préfèrent la banane lorsque sa peau est déjà un peu tigrée... mais il s’agit là de choix d’ordre gustatif, et non d’une nécessité nutritionnelle !

Rappelons d’autre part que plus la banane évolue, plus son taux de vitamine C a tendance à baisser.

Conservation

Elles se conservent quelques jours à température ambiante. Attention !  Ce sont des fruits fragiles qui supportent mal les différences de température. Dans tous les cas, on ne doit jamais conserver les bananes au réfrigérateur (en dessous de 12°C, elles noircissent et perdent leurs qualités gustatives et arrêtent de mûrir). Si elles ne sont pas assez mûres, placez-les dans du papier journal ou un sac en papier.

Congélation

La banane en purée arrosée d'un peu de jus de citron pour éviter qu'elle ne noircisse et prenne un mauvais goût peut se congeler deux mois.
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Souvent mangé tel quel, ce fruit peut aussi être cuit au four, à l'étuvée, bouilli, sauté ou frit. Il est délicieux saupoudré de cannelle ou flambé au rhum, arrosé de cassonade délayée dans un peu de jus de lime ou de citron,  et flambée au rhum ou à la liqueur d'orange, ou tout simplement avec du yaourt ou du fromage blanc, du lait fouetté, de la crème glacée. La coupe glacée à la banane, la banana split, est une présentation classique. La banane partiellement décongelée a la propriété de mousser si elle est fouettée, donnant un dessert qui ressemble à de la crème glacée. On l'ajoute en purée aux gâteaux et muffins, gâteaux, puddings, tartes, beignets, on l'incorpore au tapioca et aux flans
Elle peut être utilisée comme légume. Vous pouvez farcir un poulet de bananes et le servir avec des tranches d'ananas.
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Par sa forme phallique, la banane est un symbole sexuel qui a donné lieu à des appellations grivoises, qui, en accent et parler créole deviennent savoureuses. Par exemple, lorsqu'une femme vous traite de " petite banane ", cela signifie: Allez vous rhabiller, jeune homme! ... comme quoi la " banane n'est pas encore mûre "! Par contre si elle s'exclame " Aïe, grande banane !" cela signifie: Aïe!, maman, Dieu m'en garde ! ... de vous savez quoi !

Elle est associée à la fécondité et à la virilité et au Brésil, elle joue toujours un grand rôle dans les charmes érotiques, et d'après Scott Cunningham, on raconte qu'" au temps des Portugais, la peau de banane, préparée de différentes façons et mélangée à des noix, entrait dans des préparations magiques dont se servaient les esclaves noirs, à des fins, on s'en doute, peu appréciée par les autorités de Lisbonne. "
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La culture de la banane est une des plus anciennes, elle a précédé, il y a quelques dix mille ans, en Asie du Sud-Est,  l'exploitation de la canne à sucre et du riz. Pour dire vrai, ce n'était pas les bananes que l'on consommait à l'époque, mais les jeunes pousses et le cœur du pseudo-tronc. Les difficultés de transport sont à l'origine d'une situation très paradoxale : l'une des plantes les plus anciennement cultivée fut en même temps celle qui pénétra le plus tardivement en Europe.

En Inde on a retrouvé des bananes fossiles datant de 600 ans avant notre ère. En sanskrit, on les nomme kadali ou mocha. Le bananier, sauvage ou cultivé a été utilisé par les Indiens et d'autres populations pour d'autres qualités que son fruit dont de nombreuses utilisations subsistent encore aujourd'hui. Avec le pseudo-tronc qui fournit des fibres, ils en font des liens, des cordages, des vêtements, des sacs et d'excellents flotteurs pour leurs embarcations. Le cœur du faux-tronc est donné au bétail. Les feuilles font office d'abri, d'emballage de cuisson, d'assiette de service et même de cahier pour prendre des notes.

Bouddha médita une semaine sous un bananier sur le côté éphémère, illusoire des choses, et il est souvent représenté ainsi dans la statuaire indienne ou dans la peinture chinoise.

Un texte du 2e siècle avant notre ère, le Mahavagga, mentionne un breuvage à base de pulpe de banane, et le présente comme l'une des huit boissons à base de fruits et de miel que les moines bouddhistes sont autorisés à consommer.

Lorsqu'Alexandre parvint aux Indes, il défendit à tous ses soldats de consommer ce fruit jaune, trop lourd, disait-il, et capable de réduire les forces de son armée.

La banane a une longue histoire. Les Indonésiens introduisirent les bananiers en Afrique au 5e siècle après J.C. En 650, ils  atteignaient la côte méditerranéenne. Au 16e siècle des bananiers furent introduits dans le Nouveau Monde à partir des Canaries. Les marchands arabes proposèrent des bananes en Espagne et en Italie, mais le commerce moderne ne démarra vraiment qu'en 1870 avec les premiers arrivages de bananes aux États-Unis et, car ce fruit voyage mal et est fragile,  le développement du transport maritime et l'apparition des bananiers maintenus à une température de 12°C. En Europe, les choses tardèrent davantage. Il fallut attendre 1925 pour que les Anglais s'y mettent et 1930 pour que le reste de l'Europe en fasse autant, chaque pays favorisant la production de ses colonies. En 1925, les Anglais importaient quatre fois plus de bananes que tout le reste de l'Europe -  mais six fois moins qu'aux Etats-Unis.C'est à cette époque que Joséphine Baker qui menait la revue " Folie d'un jour " aux Folies-Bergères dansait et chantait vêtue simplement d'un pagne confectionné de bananes.

Après une pause due à la Seconde Guerre mondiale, le retour au calme permit la mise en œuvre de nouvelles productions et l'on développa d'immenses bananeraies dans toute la ceinture intertropicale du globe.

Aujourd'hui les bananeraies sont d'immenses plantations. Les premières à avoir été établies datent de 1870 en Colombie et en Amérique centrale. Auparavant le bananier était cultivé de façon extensive par les colons du 18e siècle pour donner de l'ombre aux cacaoyers et caféiers.

Lorsque le mur de Berlin tomba, on vit des milliers d'Allemands de l'Est se précipiter sur les bananes et les oranges.

C'est Linné qui, au vu des dessins qui lui furent apportés à Upsala, lui a donné le nom botanique de Musa. Les botanistes de la Renaissance avaient baptisé ce fruit étrange, comme venu d'un autre monde Musa paradisiaca.

Bernadin de Saint-Pierre écrit dans Les Harmonies de la nature que " la banane donne à l'homme de quoi le nourrir, le loger, le meubler, l'habiller et même l'ensevelir... " Il ajoute : une seule de ces feuilles donne à l'homme une large ceinture, mais deux peuvent le couvrir de la tête aux pieds par devant et par derrière !" Il conclut que dans la banane sont réunis le beurre, le sucre, le vin et la farine !
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