Les doigts d'une fourchette. Le plat, la mer ou
le golfe. Les fourches autant de rivières, sans
queue ni tête. Abreuvé par les grandes eaux qui
passent en dessous des langues de terre.
Les reptiles y affluent, à l'abri des géants de
la haute mer. Proies rendues faciles au chasseur.
L'homme les tournera en souliers de croco ou en
sacs à main, au caprice.
Refuge des crustacés, certains dont on fait l'élevage comme les écrevisses.
La légende raconte que les homards de l'Atlantique avaient suivi leurs amis, les Acadiens, lors de leur déportation.
Leur périple fut long, épuisant quand enfin les pêcheurs
d'Acadie et leur famille trouvèrent asile en Louisiane, dans les bayous.
Mais leurs amis, les homards qui logeaient jusque là sur les bancs de la
Nouvelle-Écosse, eux-aussi épuisés par leur voyage, étaient devenus écrevisses.
Le bayou, au service de l'homme pour parer se vanité
ou vouer aux délices de son palais, fine gourmandise
et charmante légende d'un quotidien.
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