PLEURER

Ne jamais pleurer avant que ce ne soit triste.
Les choses s'arrangent si souvent d'elles-mêmes.

Une expérience à tenter tous les jours.

Mains dans les poches, rien dedans. Je volais vers ma petite amie, une jolie rousse.

On n'avait pris l'habitude de se bécotter, . . si
j'aimais ça.

Ce soir là, motte...
Elle exigeait d'aller au théâtre.
On jouait au Capitol.
Et me voilà en route, inquiet, très inquiet, penaud,
sourire forcé, tête basse.

J'entre dans le hall du théâtre que j'aurais voulu
beaucoup plus long.
Je prends mon rang à la filé indienne, le dernier
d'une queue que je juge très courte.
Je suis poli et quand elle ne regarde pas, je cède
une place, puis deux.

Je joue au distrait.

Mon espoir:
Entendre la caissière crier: " C'est complet, guichet fermé ! "

Mais rien se produit.
Je veux rentrer sous terre.

Pleurer.

Puis je relève la tête, résolument.
Je regarde, sans pleurer.
Et dans la ligne, quelques rangs devant moi, mon petit frère.

Sauvetage discret.

Méfie-toi des larmes, elles obscurcissent le champ de vision.

Oui, j'eus mon bec, au soir de ce quotidien.