Chapitre 3 - Club Eroden Page 99



—Regarde un peu ce rapport. J'avais raison, notre petite
vierge couche avec Jean et elle se paie le luxe d'une pipe.
Elle ne perd rien pour attendre, la belle Anik.
— J'aime mieux cela. Viens mon amour.
Esther fait glisser la fermeture éclair de sa robe tunique.
— Pas ici, voyons.
— Tu ne m'aimes plus.
— Comme tu es bête.
Derrière sa cachette, Anik peut suivre le mouvement des
jambes qui se rapprochent. Elle risque un oeil et après
s'être assurée que les amoureux sont bien occupés, elle
rampe vers la porte et détale à toute vitesse le long du
couloir vers la sortie. La porte qui claque derrière elle la
fait sursauter. Quelle erreur! Surexcitée, en automate, elle
allume la boule lumineuse et la lance de toutes ses forces au
loin vers le talus ainsi que Jeanne le lui a conseillé.
La lumière danse, saute et roule sur la pente raide projetant
des traits de lumière au gré de sa course.
— Garde, garde!
Le docteur et sa femme sont déjà là, à la portée de sa main.
Ils dévalent aussitôt la pente à la poursuite de la lumière.
Le garde passe en trombe près d'Anik qui, dès qu'il est
assez loin, fuit à toutes jambes en sens opposé vers la
barrière du club qu'elle dépasse ... A bout de souffle,
littéralement vidée, elle s'écrase au pied d'un arbre. Les
yeux fermés, elle s'efforce de faire le vide, de récupérer ses
forces. Les minutes s'égrènent une à une. Là-bas, on
fouille les abords du sous-bois et on inspecte la lampe
insolite. Enfin remise, Anik se faufile entre les troncs et
sous le couvert des branches progresse vers le quarante-huit.