—Regarde un peu ce rapport. J'avais raison, notre petite
|
vierge couche avec Jean et elle se paie le luxe d'une pipe.
|
Elle ne perd rien pour attendre, la belle Anik.
|
— J'aime mieux cela. Viens mon amour.
|
Esther fait glisser la fermeture éclair de sa robe tunique.
|
— Pas ici, voyons.
|
— Tu ne m'aimes plus.
|
— Comme tu es bête.
|
Derrière sa cachette, Anik peut suivre le mouvement des
|
jambes qui se rapprochent. Elle risque un oeil et après
|
s'être assurée que les amoureux sont bien occupés, elle
|
rampe vers la porte et détale à toute vitesse le long du
|
couloir vers la sortie. La porte qui claque derrière elle la
|
fait sursauter. Quelle erreur! Surexcitée, en automate, elle
|
allume la boule lumineuse et la lance de toutes ses forces au
|
loin vers le talus ainsi que Jeanne le lui a conseillé.
|
La lumière danse, saute et roule sur la pente raide projetant
|
des traits de lumière au gré de sa course.
|
— Garde, garde!
|
Le docteur et sa femme sont déjà là, à la portée de sa main.
|
Ils dévalent aussitôt la pente à la poursuite de la lumière.
|
Le garde passe en trombe près d'Anik qui, dès qu'il est
|
assez loin, fuit à toutes jambes en sens opposé vers la
|
barrière du club qu'elle dépasse ... A bout de souffle,
|
littéralement vidée, elle s'écrase au pied d'un arbre. Les
|
yeux fermés, elle s'efforce de faire le vide, de récupérer ses
|
forces. Les minutes s'égrènent une à une. Là-bas, on
|
fouille les abords du sous-bois et on inspecte la lampe
|
insolite. Enfin remise, Anik se faufile entre les troncs et
|
sous le couvert des branches progresse vers le quarante-huit.
|