Chapitre 3 - Club Eroden Page 97



souffle, elle saisit le poteau à bras le corps et traverse avec
difficulté le passage sur la pierre humide. La remontée vers
le pavillon ne présente pas d'ennuis et la voici à nouveau à
l'orée du sous-bois. Ouf! Quel soulagement! Décidément,
cette fille de la ville ne comprend rien à la nature. Elle a
pris plus de quinze minutes pour en arriver là. Le but,
l'entrée du pavillon se dresse au haut de la butte, la distance
à parcourir la surprend. Quelle mauvaise surprise ... Et
dire qu'elle devra faire cette course en terrain découvert. Elle
regrette le sous-bois. Heureusement aucune ombre, personne
à l'entour. Telle qu'un athlète qui attend le départ, genoux
plies, elle se concentre, puis bondit en avant et file droit au
pavillon. Là, essoufflée, effrayée d'avoir eu peur, elle reste
adossée contre le mur. Elle a bien mérité un moment de
repos. La porte pivote sans bruit et bien que la chose ait
été prévue, Anik reste surprise.
Le trajet à l'intérieur lui est familier, elle se rend sans his-
toire jusqu'au bureau vitré. Sans perdre un instant, elle
entre et examine avec attention le mobilier. Elle cherche
un meuble avec une partie métallique où coller le micro. La
crédence de bois et acier fera l'affaire; l'aimant de l'appa-
reil adhère sur la tige de métal blanc.
Cette réussite la comble de joie. Au passage, elle salue
cérémonieusement la jolie fille, le mannequin, toujours dans
le coin de la pièce. Mais ... des pas résonnent dans le
couloir ... Elle jette immédiatement le paquet d'allumettes
au centre du tapis et va se blottir derrière un fauteuil situé
tout près de la porte.
—Ma chérie, la porte est ouverte. Regarde! quelqu'un a
pénétré ici.
Esther ramasse le paquet d'allumettes et le retourne en tous
sens.