Chapitre 3 - Club Eroden Page 95



— Mais je vous dérange.
— Non! non! vous n'aurez qu'à oublier ma présence.
— Vous êtes trop gentil, M. Jean.
— Mais non. Je vous estime beaucoup ... Soyez gentille,
préparez-moi une tasse de café. Vous tenez à cet alibi, sinon
vous ne seriez pas ici. Il faut que Madame Wong vous voie
allongée avec moi. Déshabillez-vous et enfilez ma robe de
chambre, puis, vous vous installerez près de moi. Rappe-
lez-vous, Anik, madame Wong se montre toujours très
exacte.
— Votre suggestion me va car je dois enfiler une tenue de
gymnastique noire. Elle facilitera mes mouvements au cours
de mes déplacements. Dites, M. Jean, si je vous accompa-
gnais à mon retour, avec une pipe pour constater l'effet que
ça donne ...
—Au grand jamais. C'est là une responsabilité que je me
refuse à endosser. Voyez-vous, Anik, la drogue exige une
préparation mentale pour que le voyage se fasse agréable-
ment. Surexcitée comme vous le serez par votre petite
excursion, vous risqueriez de revivre la course d'une façon
beaucoup plus intense; elle serait centuplée. Bref, l'occasion
ne s'y prête pas du tout. Et puis, pourquoi avoir recours à
un tel moyen d'évasion à votre âge?
— Oh! Je disais cela en riant. Je n'y tiens pas vraiment. Le
café est servi.
Elle sort de sa large bourse sa tenue de gymnastique, l'étend
sur la chaise, l'examine ... oui le petit micro est là dans
une pochette, le paquet d'allumettes. Sa main se replonge
dans la bourse et elle extirpe une lampe de poche ronde
comme une boule. Ces gens de la police pensent réellement