Chapitre 3 - Club Eroden Page 93



— Je n'ai vraiment pas de veine, pense Anik. Dès son
entrée dans le club, elle se trouve face à face avec Esther.
—Bonsoir chérie. Je suis ravie de vous revoir. Allons, ne
faites pas cette tête-là .. . Oubliez ce petit incident... De-
meurons bonnes amies . ..
Anik, bien consciente de sa mission, se prête à cette récon-
ciliation. Elle accepte les lèvres qui lui brûlent la bouche.
— Nous sommes un petit groupe en train de bavarder. Venez
vous joindre à nous.
— Je regrette, chère madame, mais j'ai un rendez-vous.
— Un rendez-vous? Ça me plaît. Ne faites pas attendre ce
beau monsieur.
Enfin, libérée, elle se dirige vers l'extrémité du vestibule
puis s'arrête devant le mur. Elle manipule le petit chérubin
de bronze et réfléchit face au panneau lumineux. Le bouton
vert d'abord ... le quarante-huit après ...
Pas de réponse! Elle recommence, mais la communication
ne s'établit pas. Ne sachant où aller, elle se décide pour le
bar. C'est aujourd'hui samedi et on ne sert que les petites
cigarettes. Elle revient dans le hall pour constater qu'un
membre utilise le central de communication. Elle devra
patienter encore un peu. Enfin, la voie est libre. Elle
manipule à nouveau les témoins lumineux et une voix fami-
lière lui répond:
— Bonsoir, ici le 48.
—Monsieur Jean! Anik à l'appareil. Puis-je me rendre
chez vous?
— Vous me prenez au dépourvu, chère amie.
— Je sais, c'est samedi... mais je dois vous voir.
— Bon, ça va, je vous attends.