— Je n'ai vraiment pas de veine, pense Anik. Dès son
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entrée dans le club, elle se trouve face à face avec Esther.
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—Bonsoir chérie. Je suis ravie de vous revoir. Allons, ne
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faites pas cette tête-là .. . Oubliez ce petit incident... De-
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meurons bonnes amies . ..
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Anik, bien consciente de sa mission, se prête à cette récon-
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ciliation. Elle accepte les lèvres qui lui brûlent la bouche.
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— Nous sommes un petit groupe en train de bavarder. Venez
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vous joindre à nous.
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— Je regrette, chère madame, mais j'ai un rendez-vous.
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— Un rendez-vous? Ça me plaît. Ne faites pas attendre ce
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beau monsieur.
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Enfin, libérée, elle se dirige vers l'extrémité du vestibule
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puis s'arrête devant le mur. Elle manipule le petit chérubin
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de bronze et réfléchit face au panneau lumineux. Le bouton
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vert d'abord ... le quarante-huit après ...
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Pas de réponse! Elle recommence, mais la communication
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ne s'établit pas. Ne sachant où aller, elle se décide pour le
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bar. C'est aujourd'hui samedi et on ne sert que les petites
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cigarettes. Elle revient dans le hall pour constater qu'un
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membre utilise le central de communication. Elle devra
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patienter encore un peu. Enfin, la voie est libre. Elle
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manipule à nouveau les témoins lumineux et une voix fami-
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lière lui répond:
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— Bonsoir, ici le 48.
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—Monsieur Jean! Anik à l'appareil. Puis-je me rendre
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chez vous?
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— Vous me prenez au dépourvu, chère amie.
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— Je sais, c'est samedi... mais je dois vous voir.
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— Bon, ça va, je vous attends.
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