Chapitre 3 - Club Eroden Page 92



—Cher monsieur, avant de dire quoi que ce soit, il me
faut exiger de vous la discrétion la plus absolue. Je serai
franc avec vous, nous venons solliciter votre concours per-
sonnel. Ce n'est pas facile à expliquer tout ça.
— Inspecteur, bien que je ne voie absolument pas où vous
voulez en venir, je vous assure de ma discrétion et de mon
aide, si cela était nécessaire.
— Merci. Vous me facilitez la tâche.
— Vous connaissez Mlle Anik, n'est-ce pas?
— Ça alors. Ne me dites pas qu'elle travaille pour vous! Je
n'aime pas cela du tout. Autant être franc, le club ERODEN
ne tient guère à être espionné.
— Rassurez-vous, M. Delacroix, Anik, étudiante à la faculté
de psychologie, travaille réellement sur une thèse de licence.
Disons que nous aimerions que ce travail se termine. Ses
travaux de recherche à la clinique Griffon présentent un
certain intérêt pour nous! Je puis vous assurer, cher mon-
sieur, que le club Eroden, en tant que club, n'est nullement
impliqué. Je dois vous avouer que je n'ai aucune autorisa-
tion de mon supérieur pour solliciter de vous ce petit service.
D'un autre côté, il s'agit d'un cas assez sérieux et nous avons
besoin d'un allié, ou, si vous préférez, d'un alibi pour Anik.
Sa mission consisterait à consulter quelques fiches au pa-
villon. En deux mots, il ne s'agit pour vous, que de donner
un rendez-vous à Anik dans votre roulotte et d'ensuite fer-
mer les yeux sur son comportement.
— Inspecteur, vous dirigez l'escouade des homicides, n'est-ce
pas?
— Oui, monsieur.
—Donc, il ne peut s'agir que d'un acte criminel. Vous ne
me dérangeriez pas pour un délit mineur.