nullement changer de père, car le docteur me gâte
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et m'aime beaucoup.
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La psychologie a été pour moi une sorte de bouillon
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de culture dans lequel l'image de ma mère a créé
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une sorte de climat infectieux qui a évolué.
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Je me surpris à édifier le portrait d'une mère jeune,
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jolie, victime d'incompréhension, de lâcheté, j'en fis
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une héroïne. De là, à un désir de vengeance, il ne
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restait plus qu'un pas à franchir. Je me suis intéressée
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aux Griffon, à leur clinique, à tout ce qui les
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concernait et, petit à petit, j'ai monté, défait et rebâti
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des plans vengeurs. Papa, lui, a été étonné de voir
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cette acceptation facile. Il s'ingéniait à ramener le
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nom des Griffon lors de nos conversations. C'est
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ainsi qu'il me parla de cette suite de dons à la clinique,
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des plaintes de l'Association, etc...
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Mais, j'attendais mon heure. Un soir, jugeant les
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circonstances favorables, je lui exposai le plan que
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j'avais soigneusement élaboré. Le plan était simple:
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me faire traiter par le docteur Michel Griffon et de
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là tenter ma chance ... Il a montré bien des
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objections, mais j'y tenais, j'ai employé les petites
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câlineries et j'ai fini par avoir raison. Il consulta
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son ami l'inspecteur et nous commençâmes à travailler
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sur les entrevues ...
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— Voilà, Jeanne, mon journal fait état de ces entrevues bâ-
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ties à l'avance. J'y ai aussi inscrit certaines réactions per-
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sonnelles. Mon petit besoin de vengeance porte sur la belle
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Esther mais, en fait, je tiens à les coincer tous les deux.
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—Dans mon métier, la vengeance est une chose que l'on
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ne peut se permettre. Il nous faut rester objectifs. Mais je
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dois reconnaître que certains détails donnent une tout au-
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