Chapitre 3 - Club Eroden Page 85



J'appris la vérité de la bouche de ma mère adoptive
lorsque j'eus douze ans. Je me suis empressée d'ou-
blier cette histoire; j'étais tellement heureuse. Madame
Longchamps fut une véritable mère pour moi.
J'éprouvai une grande peine lorsqu'elle mourut deux
ans plus tard. J'ai reporté alors sur mon père toute
l'affection que j'avais pour elle. Mais le hasard devait
me jouer un vilain tour. Je m'inscrivis au cours de
psychologie et, pendant le premier trimestre, je
reconnus en la personne du professeur, mon visiteur
d'un soir: l'homme de ma confession.
— Anik, vous ne connaissiez donc pas l'identité de cet hom-
me?
— Non. Lorsque je revins à la maison, je m'empressai
de révéler mon petit secret à mon père. Lors de nos
tête-à-tête, le nom de ce beau monsieur revenait sans
cesse. Papa, si tu savais comme il est intéressant et
puis, il donne des conférences à l'étranger ...
Les qualificatifs se succédaient tous plus ronflants les
uns que les autres, de telle sorte que papa comprit
que sa petite Anik avait le béguin pour le professeur
aux tempes argentées. Devant cette perspective et
tenant à éviter le pire, mon père jugea bon de compléter
l'histoire amorcée par sa femme et me révéla bien à
regret l'identité de ce père inconnu.
— Quoi! Vous seriez la fille ...
— C'est bien ça chère amie. En effet, le lâche petit
étudiant avait nom Griffon et pour prénom, celui
de Marcel.
— Quelle histoire, Anik!
— J'ai très vite oublié ce fait brutal. Je ne désirais