J'appris la vérité de la bouche de ma mère adoptive
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lorsque j'eus douze ans. Je me suis empressée d'ou-
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blier cette histoire; j'étais tellement heureuse. Madame
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Longchamps fut une véritable mère pour moi.
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J'éprouvai une grande peine lorsqu'elle mourut deux
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ans plus tard. J'ai reporté alors sur mon père toute
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l'affection que j'avais pour elle. Mais le hasard devait
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me jouer un vilain tour. Je m'inscrivis au cours de
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psychologie et, pendant le premier trimestre, je
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reconnus en la personne du professeur, mon visiteur
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d'un soir: l'homme de ma confession.
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— Anik, vous ne connaissiez donc pas l'identité de cet hom-
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me?
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— Non. Lorsque je revins à la maison, je m'empressai
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de révéler mon petit secret à mon père. Lors de nos
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tête-à-tête, le nom de ce beau monsieur revenait sans
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cesse. Papa, si tu savais comme il est intéressant et
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puis, il donne des conférences à l'étranger ...
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Les qualificatifs se succédaient tous plus ronflants les
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uns que les autres, de telle sorte que papa comprit
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que sa petite Anik avait le béguin pour le professeur
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aux tempes argentées. Devant cette perspective et
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tenant à éviter le pire, mon père jugea bon de compléter
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l'histoire amorcée par sa femme et me révéla bien à
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regret l'identité de ce père inconnu.
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— Quoi! Vous seriez la fille ...
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— C'est bien ça chère amie. En effet, le lâche petit
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étudiant avait nom Griffon et pour prénom, celui
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de Marcel.
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— Quelle histoire, Anik!
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— J'ai très vite oublié ce fait brutal. Je ne désirais
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