Chapitre 3 - Club Eroden Page 84



bien que je ne cherche pas à vous arracher de confidence.
De plus, notre enquête est terminée.
—Chère amie, c'est à votre amitié que je tiens. Je vous
dois une explication et je suis heureuse de pouvoir enfin
vous parler sans détour.
Les yeux dans le vague, Anik commence son récit d'un ton
monotone:
—Jadis, il y a bien longtemps, une petite fille de
famille nombreuse quitta son village pour aller vivre
à la ville chez une tante très riche. Douée pour
l'étude, elle y prolongea son séjour, rencontra un beau
jeune homme, un grand amour naquit. Mais le
mauvais œil veillait, l'adolescente devenue enceinte,
fut chassée de la belle demeure. Son fiancé, réalisant
que les richesses de la tante ne seraient plus acces-
sibles, s'envola loin, très loin ...
Seule, dans une chambre sordide, la future mère donna
naissance à une jolie fille. Elle vécut d'expédients
et de la charité du voisinage. Elle ne cessa pas de
broyer du noir. A la fin, elle eut recours à un
psychiatre. Le médecin inconnu se pencha avec
amour sur ce triste cas. A force de patience et
d'affection, il réussit à redonner confiance à sa malade.
Mais, un soir d'orage, fatiguée, dégoûtée de cette vie,
elle décida d'emmener la petite fille avec elle dans un
monde meilleur. La maman mourut mais on réussit
à sauver le bébé. Frappé par ce drame, le jeune
médecin et sa femme s'empressèrent d'adopter la
petite Anik ...
— Oui, chère amie, c'est bien de moi qu'il s'agit, mais atten-
dez la suite ...