Chapitre 3 - Club Eroden Page 82



Votre candeur va jusqu'à croire que dans l'ambiance du
rituel, je me suis complu à cette caresse.
—Anik, je comprends votre dégoût. J'essaie tout simple-
ment ... Mais après votre séjour à la clinique ... et tout
ce conditionnement imposé ...
Anik éclate de rire et s'étouffe, le fou rire s'éternise ...
Jeanne reste là, médusée.
— Excusez-moi, chère Jeanne, c'est trop drôle!
Ainsi, vous avez réellement accepté les faits tels que donnés,
le journal, mes notes ... Mais tout ça n'était que foutaise!
— Ah! Là, je ne vous comprends plus du tout.
—C'est pourtant bien simple. Il fallait que je campe un
personnage et que je vive le rôle. Tout ce qui s'est passé à
la clinique et au club est bien réel.
—Ça alors! Je n'arrive pas à coire que vous avez joué la
comédie.
— Me preniez-vous pour une belle petite oie blanche?
— A ma place, je me demande ce que vous auriez pensé.
— Je ne sais pas, Jeanne, mais je suis tout à fait normale.
J'ai eu mes petites expériences sexuelles comme n'importe
qui. Hier soir, ce n'était pas du dégoût, mais de la rage. La
rage de m'être laissée prendre au jeu. La rage de voir ce
petit sourire de satisfaction qui émanait du visage de cette
femme. Je fus blessée dans mon orgueil et non dans ma
chair. Entrevues, rêves, cure, clinique, autant d'éléments
d'un plan bien établi à l'avance; m'introduire chez les
Griffon.
— Et cette confession de vérité?
— Il y avait du vrai et du moins vrai. La dernière partie
voulant que j'aie été malheureuse, fut inventée de toutes piè-