— Pourquoi? Ça, Jeanne, vraiment je ne vous comprends
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pas! Après cette façon de m'insulter.
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— Insulter, bien au contraire, elle a fait montre de beaucoup
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de sollicitude à votre endroit. N'oubliez pas, Anik, que
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c'est vous qui recherchiez les faveurs de cette femme!
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— Oui. C'est pourtant vrai. J'avais même choisi une robe
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suggestive. Mais il y a quand même une marge entre les
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faveurs et se permettre ...
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— Replacez-vous dans l'atmosphère d'hier soir. Vous étiez
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en quelque sorte envoûtée par les émanations du parfum des
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rosés qui, jointes à celui des urnes, devaient produire une
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jolie mixture. N'oubliez surtout pas votre association men-
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tale, cet élan de sympathie envers l'initiée. Ce sont autant
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de facteurs qui engourdissent la volonté et prédisposent les
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réflexes à la sensualité. Au fait, sauriez-vous décrire cet
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arôme?
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— Pas réellement. Une certaine âpreté semblait transpercer
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la lourde et douée odeur des rosés. L'odorat était flatté, les
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sens excités et je ressentais une sensation d'enivrement in-
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contrôlable. Je crois que je définis assez bien la situation.
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—Voyez-vous, Anik, je pense que c'étaient des feuilles de
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marijuana qu'on grillait. D'ailleurs, toute cette mise en scène
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s'apparente aux cultes anciens des Egyptiens qui, eux aussi,
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utilisaient la marijuana pour établir un climat d'extase lors
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de leurs cérémonies religieuses.
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— Croyez-moi, Anik, envoûtée par le spectacle qui se dérou-
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lait sous vos yeux, les nerfs à vif et les sens aiguisés, vous
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viviez alors dans un état d'extrême euphorie et, c'est à votre
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insu, bien entendu, que vous acceptiez les attentions
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d'Esther.
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—Mais, Jeanne, savez-vous bien ce que vous me dites?
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