Chapitre 3 - Club Eroden Page 81



— Pourquoi? Ça, Jeanne, vraiment je ne vous comprends
pas! Après cette façon de m'insulter.
— Insulter, bien au contraire, elle a fait montre de beaucoup
de sollicitude à votre endroit. N'oubliez pas, Anik, que
c'est vous qui recherchiez les faveurs de cette femme!
— Oui. C'est pourtant vrai. J'avais même choisi une robe
suggestive. Mais il y a quand même une marge entre les
faveurs et se permettre ...
— Replacez-vous dans l'atmosphère d'hier soir. Vous étiez
en quelque sorte envoûtée par les émanations du parfum des
rosés qui, jointes à celui des urnes, devaient produire une
jolie mixture. N'oubliez surtout pas votre association men-
tale, cet élan de sympathie envers l'initiée. Ce sont autant
de facteurs qui engourdissent la volonté et prédisposent les
réflexes à la sensualité. Au fait, sauriez-vous décrire cet
arôme?
— Pas réellement. Une certaine âpreté semblait transpercer
la lourde et douée odeur des rosés. L'odorat était flatté, les
sens excités et je ressentais une sensation d'enivrement in-
contrôlable. Je crois que je définis assez bien la situation.
—Voyez-vous, Anik, je pense que c'étaient des feuilles de
marijuana qu'on grillait. D'ailleurs, toute cette mise en scène
s'apparente aux cultes anciens des Egyptiens qui, eux aussi,
utilisaient la marijuana pour établir un climat d'extase lors
de leurs cérémonies religieuses.
— Croyez-moi, Anik, envoûtée par le spectacle qui se dérou-
lait sous vos yeux, les nerfs à vif et les sens aiguisés, vous
viviez alors dans un état d'extrême euphorie et, c'est à votre
insu, bien entendu, que vous acceptiez les attentions
d'Esther.
—Mais, Jeanne, savez-vous bien ce que vous me dites?