—Et comment! Jeanne, vous ne pouvez imaginer pareille
|
débauche. Vous me trouvez encore toute bouleversée.
|
Jeanne met l'appareil en marche, s'installe confortablement
|
dans la chaise longue, allume une cigarette ...
|
— Me voici. Je suis déjà à l'entrée de la barrière ...
|
Jeanne a écouté le récit de son amie avec attention. Elle a
|
pris ici et là un mot, une impression, tout ce qui pouvait
|
créer une image.
|
—Vous avez raison Anik. Je n'aurais jamais cru à un tel
|
déploiement d'érotisme chez nous. On lit des tas d'histoires
|
sans y croire et le choc est d'autant plus brutal lorsqu'on y
|
fait face. Revenons en arrière. J'aurais un ou deux points
|
à éclaircir.
|
— Allez-y Jeanne.
|
— Vous avez bien mentionné que le docteur Michel préside
|
ce rituel depuis dix ans. Vous souvenez-vous bien avoir
|
entendu dix ans.
|
— Parfaitement! Mais je ne vois pas ...
|
—Anik, comment expliquez-vous l'absence de son frère
|
Marcel?
|
—Ça n'a rien d'anormal. Il n'assiste, à ce que l'on m'a
|
dit, à aucun spectacle. Pourquoi ferait-il exception juste-
|
ment pour celui-ci?
|
— Juste! mais encore ...
|
— Jeanne, vous me cachez quelque chose ...
|
—Excusez-moi. Pour le moment, je préfère garder mes
|
petites idées. Tout ça reste encore très embrouillé. C'est un
|
peu comme un écheveau de laine qu'on embobine après
|
l'avoir démêlée. Autre chose, en ce qui concerne Esther.
|
Il va falloir que vous lui présentiez des excuses.
|