épines, se raie de rouge. Un sentiment d'incrédulité s'empare
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d'Anik. Elle suit sans trop comprendre le tracé des rosés
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sur la peau nue.
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Tour à tour, deux par deux, les Coqs de Bruyère armés de
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rosés explorent la chair offerte; la fine pointe des épines
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zèbre dos, reins, fesses, jambes ...
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Un temps de pose et Evelyne se renverse en arrière et
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s'allonge sur le velours rouge, bras étendus le long du corps.
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L'humeur du violoniste s'identifie à la marche du rituel. A
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l'arôme des feuilles qui grillent dans les urnes, se mêle le
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parfum des rosés que la manipulation et la chaleur intensi-
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fient l'atmosphère en est maintenant tout imprégnée; elle
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vous grise ... vous annihile ... Les tourmenteurs concen-
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trent leurs caresses à la région des seins. Mains serrées,
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Evelyne ne bouge plus. La poitrine au contact des rosés,
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devient ferme. Les auréoles se détachent, les boutons se
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dressent.
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Sur la galerie, Esther a glissé sa main sous la robe d'Anik,
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à la hauteur du ventre. Cette dernière, subjuguée par le
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spectacle, ne semble pas s'en soucier ...
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Sur le velours rouge, Evelyne, mains crispées, corps tendu,
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respiration entrecoupée montre des signes de faiblesse. Les
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Coqs se ruent sur les vases, s'arment dans chaque main d'une
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rosé et reviennent tous ensemble les effeuiller à grands coups
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sur le corps de l'initiée. Les pétales, au contact de la chair,
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se détachent de la tige et volent un peu partout. Sous l'im-
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pulsion de ce fouet rosé, le corps se détend, les mains se des-
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serrent, le calme revient à la chair tourmentée.
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Sur la galerie, Esther a détaché la boucle qui tenait sa cape.
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Avec d'infinies précautions, elle ôte la main d'Anik sur la
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rampe et l'amène contre sa chair ...
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