Chapitre 3 - Club Eroden Page 77



épines, se raie de rouge. Un sentiment d'incrédulité s'empare
d'Anik. Elle suit sans trop comprendre le tracé des rosés
sur la peau nue.
Tour à tour, deux par deux, les Coqs de Bruyère armés de
rosés explorent la chair offerte; la fine pointe des épines
zèbre dos, reins, fesses, jambes ...
Un temps de pose et Evelyne se renverse en arrière et
s'allonge sur le velours rouge, bras étendus le long du corps.
L'humeur du violoniste s'identifie à la marche du rituel. A
l'arôme des feuilles qui grillent dans les urnes, se mêle le
parfum des rosés que la manipulation et la chaleur intensi-
fient l'atmosphère en est maintenant tout imprégnée; elle
vous grise ... vous annihile ... Les tourmenteurs concen-
trent leurs caresses à la région des seins. Mains serrées,
Evelyne ne bouge plus. La poitrine au contact des rosés,
devient ferme. Les auréoles se détachent, les boutons se
dressent.
Sur la galerie, Esther a glissé sa main sous la robe d'Anik,
à la hauteur du ventre. Cette dernière, subjuguée par le
spectacle, ne semble pas s'en soucier ...
Sur le velours rouge, Evelyne, mains crispées, corps tendu,
respiration entrecoupée montre des signes de faiblesse. Les
Coqs se ruent sur les vases, s'arment dans chaque main d'une
rosé et reviennent tous ensemble les effeuiller à grands coups
sur le corps de l'initiée. Les pétales, au contact de la chair,
se détachent de la tige et volent un peu partout. Sous l'im-
pulsion de ce fouet rosé, le corps se détend, les mains se des-
serrent, le calme revient à la chair tourmentée.
Sur la galerie, Esther a détaché la boucle qui tenait sa cape.
Avec d'infinies précautions, elle ôte la main d'Anik sur la
rampe et l'amène contre sa chair ...