lampadaires de bronze et des urnes remplies de feuilles
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séchées surgissent d'on ne sait où. Puis nombre de vases
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remplis de rosés sont apportés. Et, peu à peu, sous leurs
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yeux éblouis, les spectateurs voient le décor prendre forme;
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un décor digne des mille et une nuits.
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On fait glisser face au trône ce qui semble être la touche
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finale ... un divan, non ça ressemble plus à une table de
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sacrifice, à une sorte d'autel. L'obscurité est complète pen-
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dant un court instant, puis les écureuils armés de torches allu-
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ment les lampadaires, urnes de feuilles séchées. Au contant
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de la flamme, un étrange parfum monte des urnes. L'assem-
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blée se presse autour de la scène. Evelyne, l'héroïne de
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cette fête, s'agenouille aux pieds de son maître. Les serines
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la débarrassent de sa cape et sous leurs doigts agiles, s'envo-
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lent un à un les colliers de perles pour ne laisser à la fin que
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la peau bronzée. Escortée de la chair rosé, bleue, blanche
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des serines, Evelyne est amenée à la table de sacrifice sur
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laquelle elle monte et s'immobilise les bras complètement
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repliés sur les jambes. Elle attend ainsi, le dos offert à ses
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admirateurs ... La lumière chaude des torches joue sur la
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peau nue et le velours rouge, le rituel va commencer ...
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Les couples se pressent autour du cercle, les péruches appri-
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voisent les écureuils et, sur la galerie, les invités eux aussi
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se sont levés pour s'accouder au garde.
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Esther se glisse derrière son amie et lui enlace la taille.
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— Comme c'est curieux! Les fleurs n'ont pas de feuille!
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— Attendez, Anik. Vous aurez la raison dans un instant.
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Deux Coqs se dirigent vers les vases, ils y cueillent une rosé
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et s'avancent vers Evelyne. Avec une infinie délicatesse, ils
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caressent de leurs fleurs le dos bronzé qui, sous l'effet des
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