Chapitre 3 - Club Eroden Page 76



lampadaires de bronze et des urnes remplies de feuilles
séchées surgissent d'on ne sait où. Puis nombre de vases
remplis de rosés sont apportés. Et, peu à peu, sous leurs
yeux éblouis, les spectateurs voient le décor prendre forme;
un décor digne des mille et une nuits.
On fait glisser face au trône ce qui semble être la touche
finale ... un divan, non ça ressemble plus à une table de
sacrifice, à une sorte d'autel. L'obscurité est complète pen-
dant un court instant, puis les écureuils armés de torches allu-
ment les lampadaires, urnes de feuilles séchées. Au contant
de la flamme, un étrange parfum monte des urnes. L'assem-
blée se presse autour de la scène. Evelyne, l'héroïne de
cette fête, s'agenouille aux pieds de son maître. Les serines
la débarrassent de sa cape et sous leurs doigts agiles, s'envo-
lent un à un les colliers de perles pour ne laisser à la fin que
la peau bronzée. Escortée de la chair rosé, bleue, blanche
des serines, Evelyne est amenée à la table de sacrifice sur
laquelle elle monte et s'immobilise les bras complètement
repliés sur les jambes. Elle attend ainsi, le dos offert à ses
admirateurs ... La lumière chaude des torches joue sur la
peau nue et le velours rouge, le rituel va commencer ...
Les couples se pressent autour du cercle, les péruches appri-
voisent les écureuils et, sur la galerie, les invités eux aussi
se sont levés pour s'accouder au garde.
Esther se glisse derrière son amie et lui enlace la taille.
— Comme c'est curieux! Les fleurs n'ont pas de feuille!
— Attendez, Anik. Vous aurez la raison dans un instant.
Deux Coqs se dirigent vers les vases, ils y cueillent une rosé
et s'avancent vers Evelyne. Avec une infinie délicatesse, ils
caressent de leurs fleurs le dos bronzé qui, sous l'effet des