Chapitre 3 - Club Eroden Page 74



Cette artiste en rappelle une autre à Anik qui avait pour
nom Nout Nut et elle s'interroge sur les réactions du docteur
Michel devant une telle perfection. Dommage que ce masque
la prive du plaisir qu'elle aurait eu à suivre dans le regard
de ce spécialiste les joies de la contemplation ...
Notre Vénus avec une souplesse et une lenteur de mouve-
ments incroyables, exécute son numéro. Parfois avec
les mains, d'autres fois repliée sur elle-même, elle arrive à
mettre en valeur les moindres parties de son anatomie.
Quoique le spectacle soit du déjà vu, il tient son auditoire
en baleine. La pose finale, où, pieds écartés, elle se renverse
en arrière et parvient à ramener la tête entre ses jambes,
apporte une note insolite.
Changement de tempo.
Les Garcia d'Espagne sur un rythme endiablé de l'Andalou-
sie entrent à grands coups de talon sur la piste.
Ils portent le costume traditionnel; pour l'homme, sombrero,
veste noire sur le torse nu, collants et bottes; pour la femme,
corsage serré, bien échancré au dos et la longue jupe à
traîne avec les multiples rangs de dentelles qui la caracté-
risent. Le danseur bien cambré, sollicite l'attention de sa
compagne qui se veut espiègle. L'auditoire s'est vite mis
au diapason des talons qui claquent, claquent... A la suite
d'un tourbillon effréné, qui fait sauter l'or et le bleu de la
jupe, ils s'arrêtent pile au milieu de la piste. L'Andalou,
recouvre de son large sombrero, la fille agenouillée à ses
pieds.
Silence ... La musique reprend et les danseurs se relancent
mais, sur la piste on peut voir le corsage de la fille. Aux
sons explosifs du Flamenco, les castagnettes sous les doigts
agiles de la gitane sont en folie. Elle offre avec désin-
volture ses seins lourds à l'envie de son partenaire qui à
grands coups de talons pirouette, sollicite ses faveurs. Puis