cris d'enthousiasme éclatent de toutes parts. On a reconnu
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le président. Hautain, majestueux, arborant l'insigne de
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son rang, un bâton à ergot d'or, il salue à l'entour. La
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réplique frappante en métal doré de cette tête d'oiseau qui
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se prolonge à l'arrière à mi-hauteur du dos, fascine Anik.
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Elle n'a d'yeux que pour ce bel athlète, d'âge mûr, vêtu
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d'un unique pagne doré. Comme les anciens Babyloniens,
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il porte des bracelets aux jambes, aux bras. Les prestances
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de l'individu et le miroitement de métal sur la peau nue, tout
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conquiert à créer une émotion vive chez Anik qui était déjà
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si bien sensibilisée.
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Quelle incarnation de rêve pour cet homme!
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Le regard perçant commande le silence. D'un coup de bâton,
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il frappe le grand disque de cuivre.
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Tous reconnaissent les premières mesures de la marche nup-
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tiale; la foule devient impatiente.
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Des rumeurs d'admiration accompagnent l'entrée et la pro-
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gression de l'étrange cortège nuptial. Six adorables femmes
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enrubannées de tulle portent à la main le mini-masque des
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serines. Elles avancent lentement jusque sur la piste. Le
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tulle recouvre l'épaule, enrobe un sein, se boucle à la taille
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en un immense noeud bouffant, puis repart couvrir la jambe
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opposée. L'érotisme qui se dégage de ce costume de conte
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de fées, les épate tous. Les applaudissements éclatent, d'un
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seul coup c'est une foule en délire qui accueille l'Héroïne
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de la fête. Evelyne, bras tendus tenant les pans de sa cape
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de velours noir, avance lentement... Sa silhouette bronzée
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que l'on détaille plus que l'on ne devine sous la seule ava-
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lanche de perles, se compare à la Cléopâtre d'antan. Cette
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femme a cinquante ans et pourtant, que de beauté rayonne
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de ce corps quasi parfait... Les serines l'accompagnent au
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trône, saluent l'oiseau royal; le spectacle va commencer.
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