Chapitre 3 - Club Eroden Page 70



Elle en était là de ses réflexions, lorsqu'une voix la fit se
retourner:
— Bonsoir, Anik.
Elle se plie au baiser traditionnel.
— Vous me semblez intriguée par notre petite fête?
— A la vérité, chère Esther, je ne peux vous cacher l'intérêt
que suscite chez moi l'idée même d'un rituel.
— Je serai brève, car le spectacle va débuter dans quelques
instants. Voilà: à son retour d'un congrès au Congo, mon
beau-frère Michel, accepta de donner quelques impressions
de voyage à nos membres. Il parla, entre autres souvenirs,
assez longuement des tribus d'Afrique, les Boende et les
Kutu, chez qui, il avait été invité à assister à certains rituels.
J'en passe ... Il nous décrivit avec force détails, les céré-
monies qui accompagnent soit le passage de la puberté, ou
la venue des pluies, ou le changement des saisons ... Les
filles de ces tribus se parent le ventre, les bras et les jambes
de dessins qu'elles tracent à même la peau à l'aide d'en-
tailles ou de cautérisations. C'est alors qu'un de nos membres
eut l'idée d'imaginer un rite semblable pour le club. Les
suggestions ont afflué, toutes plus extravagantes les unes
que les autres et, à la fin, on confia à Michel, la tâche de
créer une cérémonie et d'en établir les détails.
Anik, le spectacle qu'on vous offrira ce soir est digne des
grandes capitales. Les célèbres messes noires ... et autres
rites du genre dont on parle dans les revues et les livres ne
valent pas mieux que notre rituel du « Coït à la Rosé ».
— Mais dites-moi. Je ne vois pas votre mari!
—Non, en effet, monsieur préfère le cinéma à nos petits
jeux. Que voulez-vous, Marcel n'a pas d'imagination. Il se
refuse de se prêter à des artifices du genre. Seul, un homme