Elle en était là de ses réflexions, lorsqu'une voix la fit se
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retourner:
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— Bonsoir, Anik.
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Elle se plie au baiser traditionnel.
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— Vous me semblez intriguée par notre petite fête?
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— A la vérité, chère Esther, je ne peux vous cacher l'intérêt
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que suscite chez moi l'idée même d'un rituel.
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— Je serai brève, car le spectacle va débuter dans quelques
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instants. Voilà: à son retour d'un congrès au Congo, mon
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beau-frère Michel, accepta de donner quelques impressions
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de voyage à nos membres. Il parla, entre autres souvenirs,
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assez longuement des tribus d'Afrique, les Boende et les
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Kutu, chez qui, il avait été invité à assister à certains rituels.
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J'en passe ... Il nous décrivit avec force détails, les céré-
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monies qui accompagnent soit le passage de la puberté, ou
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la venue des pluies, ou le changement des saisons ... Les
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filles de ces tribus se parent le ventre, les bras et les jambes
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de dessins qu'elles tracent à même la peau à l'aide d'en-
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tailles ou de cautérisations. C'est alors qu'un de nos membres
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eut l'idée d'imaginer un rite semblable pour le club. Les
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suggestions ont afflué, toutes plus extravagantes les unes
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que les autres et, à la fin, on confia à Michel, la tâche de
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créer une cérémonie et d'en établir les détails.
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Anik, le spectacle qu'on vous offrira ce soir est digne des
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grandes capitales. Les célèbres messes noires ... et autres
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rites du genre dont on parle dans les revues et les livres ne
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valent pas mieux que notre rituel du « Coït à la Rosé ».
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— Mais dites-moi. Je ne vois pas votre mari!
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—Non, en effet, monsieur préfère le cinéma à nos petits
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jeux. Que voulez-vous, Marcel n'a pas d'imagination. Il se
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refuse de se prêter à des artifices du genre. Seul, un homme
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