mouvement contraire vers les chevilles. Le miroitement de
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l'émeraude sur la peau nue rappelle les affiches de ces beau-
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tés orientales que la publicité ne cesse d'exploiter.
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Elle les conduit à une galerie en mezzanine assez étroite qui
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surplombe la salle sur trois côtés. Les invités se dispersent
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par petits groupes autour de l'enceinte et Anik se voit
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attribuer un fauteuil en plein centre. De son siège, elle voit
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toute la piste et, à ses pieds, le décor central.
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Une première appréciation de la salle aux proportions mo-
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destes lui permet d'évaluer le nombre des membres présents
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à une centaine. La piste en partie libre est recouverte à une
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extrémité de moquettes rouges avec des tas de coussins de
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soie d'or. Une gaieté folle règne dans l'assemblée. Les rires
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fusent, les membres en tenues audacieuses, excentriques
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s'en donnent à coeur joie.
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Cette atmosphère de fête et les costumes, très courts chez
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certains, poussent Anik à établir un parallèle avec cet autre
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événement qu'elle connaît bien, le bal des Quatre Arts. Aux
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Quatre Arts, il est vrai, la foule se trouve beaucoup plus
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dense, plus franche, plus honnête en ce sens que les nom-
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breux couples d'Adam et d'Eve ne se formalisent pas de
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leur tenue sommaire. Il y existe un laisser-aller, une note
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d'insouciance, de jeunesse, qui contraste beaucoup avec le
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formalisme de ce soir. Dans la salle, les gens exhibent leur
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nudité dans l'ordre, le sérieux. Les membres conservent un
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certain maintien, une civilité habillée de belles manières.
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La mise en scène qu'elle détaille à ses pieds l'étonné et la
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désappointe; elle s'attendait à autre chose. Le seul élément
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surprenant qui donne un peu d'allure à ce décor sommaire:
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parmi les moquettes rouges et les coussins d'or, se trouve
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un immense gong, monté sur un châssis comme on en voit
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dans les documentaires sur le Népal.
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